Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 19:15

Vous croyez aux fées ? ça tombe bien, moi aussi ! Voilà donc le cadeau de Noël par excellence ! Un très bel ouvrage qui constitue la suite, si je puis dire, du célèbre Livre des fées séchées. Je n'ai pas lu ce dernier, épuisé à l'heure actuelle, mais ce n'est pas du tout gênant, et cela n'enlève rien au plaisir de cette lecture.

 

Cela faisait un moment que je tournais autour et craignant que ce livre aussi ne finisse dans la catégorie "épuisés", j'ai fini par me l'offrir !

 

C'est un magnifique livre-objet, bâti sur le même modèle que les livres de Camille Renversade, A la recherche de Féérie de JB Monge ou encore le journal de Beatrix Potter. On y trouve ainsi des lettres et enveloppes qu'on plaisir à décachetter, des menus ou billets, des photographies, des tâches d'encre, des plumes et... des fées séchées ! le tout sur du papier jauni.

 

 

"La seule bonne fée est une fée plate !"

 

L'intérêt du livre, outre les illustrations fort rigolotes de Brian Froud et la mise en page, réside donc les lettres.  Elles sont signées par de prestigieux personnages, Oscar Wilde, Arthur Conan Doyle, le magicien Houdini, la jeune Wendy, le poète Yeats, Arthur Rackham, Beatrix Potter et bien d'autres. Mes lettres préférées sont celles de Conan Doyle et la réponse de Houdini, Shakespeare et curieusement celle de Jung.

 

Les commentaires de la jeune Angelica qui parsèment le livre sont d'une drôlerie et d'une impertinence irrésistibles, et le contenu des missives devraient donner envier aux lecteurs de dévorer certains grands classiques. Elles dénotent en tout cas, le bon goût littéraire des auteurs de ce charmant ouvrage. Moi en tout cas, j'ai adoré !

 

Enfin, que l'on soit rassuré, malgré cette manie un peu morbide de vouloir aplatir les fées à tout prix, sachez que finalement, d'après "la Société Royale pour la Prévention de la Cruauté envers les fées s'est assurée qu'aucune fée n'a été blessée ou tuée lors de la réalisation de cet ouvrage".

 

coup-de-coeur

 

 

 

  

Par Folfaerie - Publié dans : Contes et légendes, Fantasy, Fantastique - Communauté : Littérature Jeunesse
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 19:12

Bon, je suis toujours aussi stressée par cette année d'études, d'autant que la période  des examens approche à grands pas !

Elle débutera en effet le lundi de Pâques pour se terminer le mercredi, à Dijon; Un vrai marathon !

 

J'ai renoncé à rendre les derniers devoirs pour me consacrer aux révisions et relecture des bouquins proposés cette année.


J'ai de bonnes notes en anglais (ma prof m'a permis de découvrir certains titres que je n'avais toujours pas achetés, comme par exemple Trois hommes dans un bateau de Jerome K Jerome, hilarant !), littérature française (j'aime beaucoup mon professeur, très érudit, plein de bons conseils), espagnol (heu, les textes à traduire sont nuls, ça parle d'économie ou de faits de société alors que j'espérais des textes tournant autour de la littérature, mais bon...), linguistique grammaire (j'aime bien les arbres synallagmatiques ! ).


Après, c'est un peu plus délicat.

En littérature du XIXème, et Littérature comparée, l'écueil réside dans le choix du test, ce n'est donc pas le contenu du programme qui m'inquiète. Même si je n'ai pas trop aimé Les voyageurs de l'Impériale d'Aragon, j'ai été plutôt satisfaite des ouevres proposées.

 

En effet, entre dissertation et commentaire composé, il m'est difficile d'être optimiste, les deux me posent problèmes (tendance à faire du hors sujet et de ne pas assez approfondir, je ne sais même pas comment je vais pouvoir remplir trois pages, alors que d'autres étudiantes en noircissent 5 ou 6, au secours !!).


En ce qui concerne le latin, c'est assez épouvantable aussi. La matière me plait mais j'ai du mal à retenir les déclinaisons, les tableaux des verbes. A moins d'un miracle, je risque de rendre un devoir fort médiocre.


Pour la linguistique générale, matière qui ne me passionne pas, c'est du par coeur et c'est tout.


Enfin, pour les "Entrées dans le commentaire de texte", je peine parfois un peu à saisir toutes les subtilités des "connotations lexicales", l'utilité des guillemets et de l'italique, et diverses autres choses. Il me faut également retenir par coeur l'API, j'ai vu dans les annales que c'était tombé il y a deux ans... En dehors de ça, cela ne devrait pas être trop difficile.

 

Littérature du XIXème et Littérature comparée ont chacune un gros coefficient, je ne peux donc me permettre de me planter à l'examen. D'où mon stress !

 

Je serai en conséquence un peu moins présente sur le blog, jusqu'à la date fatidique des examens.

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 10:58

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR_VJ0MxJG7onRMiVtL8iYVSsIKwGexCfvJA4TwP6rRooPwyeVShwDans le cadre de mes études (1ère année de Lettres Modernes), mon professeur de Littérature Française (que j'ai prise en option) nous a proposé un cycle Marcel Aymé, ce qui m'a permis de redécouvrir cet écrivain.

 

Marcel Aymé (1902-1967) est un romancier, nouvelliste, essayiste et dramaturge français.

Le recueil de nouvelles Le Vin de Paris  est composé de huit nouvelles : L’indifférent, La Traversée de Paris, La Grâce, Le Vin de Paris, Dermuche, La Fosse aux Péchés, Le Faux Policier, La Bonne Peinture.

Il a été publié pour la première fois en 1947 par les éditions Gallimard. La présente édition Folio est parue en 2006.

 

 

 

 

Le recueil de nouvelles de Marcel Aymé a été publié en 1947, soit très peu de temps après la fin de la guerre. L’action de chaque nouvelle se passe soit durant l’Occupation, soit après la fin du conflit, essentiellement à Paris.   On pourrait les classer en deux catégories :

 

- Une série de nouvelles raconte la petite vie ordinaire de citoyens qui s’accommodent tant bien que mal d’un quotidien misérable causé par la guerre : les combines, les mille et une astuces pour survivre sont autant de préoccupations communes aux personnages principaux des trois nouvelles suivantes.

 

L’indifférent est sans doute le récit le plus glaçant. Il se rapproche un peu de La Traversée de Paris, car pour chacun des protagonistes, que ce soit Martin, Grandgil ou le tueur, leur sens de la justice est différent de celui du commun des mortels. Ils pratiquent des activités illégales, mais ils ont  soucieux de respecter leurs propres principes, agissant en vertu d’un certain code de l’honneur. Si les mauvaises actions se limitent au marché noir, dans La Traverséede Paris,  il n’est pas de même pour L’indifférent où le narrateur – qui n’est même pas identifié par un nom -  trucide froidement un grand nombre de personnes, sans en éprouver ni remords ni scrupules. Son indifférence, même si elle est légèrement tempérée à la fin, ne peut que susciter le malaise. 

Le Faux Policier quant à lui, pourrait se situer entre les deux. Martin assassine lui aussi, pour voler, mais uniquement des gens mauvais, des criminels, des trafiquants, des personnes qui ont dénoncé. Il possède son propre sens de la justice.

Dans ces trois récits, les dialogues sont particulièrement réussis, l’argot donne une dimension encore plus réaliste à ces fictions.

 

- Quatre autres nouvelles possèdent des éléments fantastiques : Dermuche, La Grâce, La Fosse aux péchés, La Bonne Peinture.

Les trois premières abordent chacune sous un angle différent Dieu et la religion. Dermuche, le colosse meurtrier dont l’innocence est reconnue par Dieu mais non par les hommes, ne suscite pas la pitié (il n’éprouve pas vraiment de regret d’avoir tué cette famille) mais l’attitude des représentants de l’Administration et des magistrats, si rigides, si inaccessibles à la pitié, permettent au lecteur de plaindre le condamné .

C’est Dieu encore qui distingue un honnête homme en lui conférant le privilège de porter une auréole. Là encore, le ton est ironique et grinçant. Loin de se comporter comme un bon chrétien, Duperrier, il est vrai poussé par sa femme, se conduit comme le pire des pécheurs.

La Fosse aux Pêchés est, je l’avoue, la nouvelle la moins intéressante à mes yeux. Elle est complètement absurde et prête à sourire, mais je l’ai trouvée un peu trop longue et surtout sans véritable lien avec le contenu du recueil.

La Bonne Peinture est ce conte farfelu dans lequel un peintre un peu médiocre se découvre un incroyable don : celui qui contemple un de ses tableaux ne connaît plus la faim. J’ai beaucoup aimé l’évocation du milieu artistique de Montmartre, les différences de comportement des uns et des autres face aux tableaux. Lafleur est sans doute le seul personnage véritablement sympathique de tout le livre, le seul qui soit suffisamment désintéressé, ni héroïque, ni lâche.

Ces incursions dans le fantastique permettent de se moquer davantage, de dénoncer, de souligner les travers de la société, que ce soit sur le plan politique ou relativement à la religion.

 

Le vin de Paris  se démarque des autres récits par un ton beaucoup plus humoristique, plus léger. C’est l’un des rares à ne pas finir en tragédie. Une fois de plus, Marcel Aymé évoque les traces laissées par la guerre : la faim, les privations, le découragement car la fin du conflit n’implique pas nécessairement un retour à une vie plus facile. Rien de très réjouissant, cependant l’obsession du principal protagoniste pour les bouteilles de bon vin permet l’évocation de passages fort drôles.

 

L’écrivain fut sans doute extrêmement marqué par la guerre, le regard lucide qu’il porte sur ses contemporains est terrible. Lors d’une première lecture de ces nouvelles, j’ai d’abord retenu  les scènes cocasses, l’humour omniprésent (même s’il est grinçant), l’absurdité des situations. Mais une seconde lecture laisse finalement un goût amer. Personne n’est épargné par la plume acérée de l’écrivain, pas plus les riches que les pauvres, l’Etat que le curé, la presse ou les artistes. Ici, point de héros, chaque personnage créé par l’écrivain ne semble montrer que ses mauvais côtés, même si, pour certains, les portraits sont nuancés. La lâcheté, la cruauté, l’envie, la cupidité, la bêtise dominent, la frontière entre le Bien et le Mal devient plus floue, plus lâche. Les comparaisons avec certains traits des animaux sont assez nombreuses : Grandgil est comparé à un bélier, Justine a un mufle, l’une des compagnes de Lafleur est surnommée la Girafe…L’auteur souhaitait-il accentuer la part d’animalité de chacun des protagonistes ?

 

J’ai noté que les femmes ne bénéficiaient pas d’un traitement de faveur. Elles sont de mœurs légères, prostituées, filles légères, succombent si facilement, comme la grande Betty, la Girafe, ou les filles du pasteur anglais. Pire encore, sous le vernis de l’épouse modèle, elles peuvent être acariâtres, revêches, toujours promptes à se plaindre, à récriminer, si habiles à profiter de la faiblesse des hommes, telle Madame Duperrier ou Justine, l’épouse de Martin.

 

C’est une lecture qui m’a permis de réfléchir à certains aspects d’un conflit aussi important que la seconde guerre mondiale. Plus discrète et moins glorieuse que les combats et les luttes, c’est la vie quotidienne vécue pendant et après ces événements par des gens ordinaires, dans un contexte extraordinaire. Comment savoir ce que l’on est capable d’endurer lorsqu’on a faim, à quelles extrémités est-on poussé ? Comment définir le Bien, pourquoi n’avons-nous pas tous le même sens de la justice ?

 

Il me semble qu’au travers de ces nouvelles, et grâce à une belle maîtrise des dialogues, Marcel Aymé a su restituer les différents aspects de la nature humaine, en maniant l’ironie et l’humour, sans méchanceté et sans complaisance. Quelques soixante années plus tard, ces portraits ne sont pas démodés et demeurent d’une consternante actualité.

 

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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:12

 

 

 

http://www.decitre.fr/gi/78/9782917952078FS.gif Résumé de l'éditeur : "En pleine guerre d’Irak, sous les bombes, Lawrence Anthony – le fondateur d’Earth Organization – a risqué sa vie pour secourir les animaux du Zoo de Bagdad. Le récit de ce courageux sauvetage aura un succès mondial et remportera le Prix Littéraire 30 Millions d’Amis 2010.

Avec ce nouvel ouvrage passionnant, dont l’action se situe au cœur du bush sud- africain, Lawrence Anthony se dresse cette fois en protecteur des éléphants, avec lesquels il partage une relation tout à fait exceptionnelle. « L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants » démontre à quel point ces animaux sont dotés d’une extrême sensibilité et d’une surprenante intelligence et combien ils doivent être préservés de tous les dangers qui les guettent. Qu’ils se rassurent, leur ange gardien y veille !"

 

http://psychic-delia.com/wp-content/uploads/2011/07/420elephant_thulathula-420x0.jpg 


Encore un coup de cœur pour cet excellent livre de Lawrence Anthony que j’avais découvert avec son premier ouvrage. Quel homme extraordinaire ! Avec son épouse, qui est Française, il gère la réserve de Thula Thula chez lui en Afrique du Sud (25000 km² quand même, ça fait rêver, non ?). 

C'est d'abord la réserve de 2000 hectares (ancienne terre de chasse) qui fut achetée, à laquelle furent les terres tribales (avec l'accord des Chefs locaux) alentour qui constituèrent ce grand projet destiné à protéger la faune sauvage, projet initié par Lawrence Anthony.

Toujours luttant contre le braconnage, ce fléau d l'Afrique, Anthony eut l'occasion d'accueillir en 1999, et pour la première fois, un troupeau d'éléphants sauvages.

 

 

C'est cette aventure qu'il nous conte tout au long du livre. Une expérience intéressante à plus d'un titre car ce troupeau avait subi un énorme traumatisme. En conséquence, la matriarche en particulier, surnommée Nana, déteste les humains, ce qui est bien compréhensible. Anthony se retrouve face à un troupeau agressif dont la chef est une spécialiste de l'évasion. Cependant, de véritables liens vont se nouer entre Anthony et les éléphants.

Cette lecture permet également d'en apprendre davantage sur la situation actuelle en Afrique du sud, d'avoir un aperçu des relations entre les tribus et les grands propriétaires blancs, de la façon dont on gère une réserve privée consacrée au tourisme vert, etc. Lawrence Anthony a l'air d'être un type formidable, et les membres de son équipe sont tout aussi passionnants à suivre.

 

Au travers des mille anecdotes et péripéties (parfois tragiques, parfois drôles), nous découvrons à quel point les éléphants sont des êtres sensibles et émotifs, et d'une grande intelligence. C'est un terrible spectacle de voir un éléphant dans un zoo ou dans un cirque quand on connaît un tout petit peu ces animaux...

La structure sociale d'un troupeau par exemple est primordiale : ce sont les femelles qui décident de tout mais tout le troupeau participe à la protection et à l'éducation des éléphanteaux. Les jeunes mâles finissent par être rejetés (ils doivent normalement aller former ou rejoindre un autre troupeau, ce qui évite les problèmes de consaguinité) mais cette dispersion se révèle très délicate lorsqu'un groupe ne doit pas sortir des limites de la réserve...


 Le livre de Lawrence se termine sur un constat plutôt optimiste : si les hommes s'en donnent la peine, les éléphants et autres grands animaux peuvent cohabiter avec l'être humain sans problème.

 

C'est décidé, je prépare mon budget pour mes prochaines vacances, direction Thula Thula !

 

PS : un troisième livre est en préparation, sur les rhinos cette fois.

 

Merci aux éditions Les 3 génies pour ce partenariat.

 

coup-de-coeur

 

 

http://www.ballitonews.co.za/wp-content/uploads/2011/04/Lawrence-Anthony-with-elephants.jpg

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:02

http://www.images-chapitre.com/ima1/original/312/1427312_3319813.jpgUne belle préface de Jim Harrison ouvre ce livre de photographies très sobres dont l’auteur a suivi le pèlerinage effectué en décembre 1990 par les descendants des Lakotas qui survécurent au massacre de Wounded Knee un siècle plus tôt. A cheval et par un froid de loup, les cavaliers des réserves de Standing Rock et Cheyenne River ont entrepris de remonter la piste jusqu’au lieu du massacre. Au cours de cette chevauchée, ils seront rejoints par des Lakotas des réserves voisines, mais aussi par des Chippewas, des Choctaws, car la tragédie qui s’est abattue sur le peuple Sioux concerne toutes les autres tribus.

Les photos en noir et blanc ont capturé le quotidien de ces cavaliers, leur imprimant une dimension tragique. Car ce pèlerinage évoque à la fois un passé douloureux et un avenir sans espoir. Tiraillés entre deux mondes et deux époques, les Amérindiens tentent de donner un sens à leur vie. Les véhicules sont garés à côté des chevaux et des tipis, les danseurs de pow-wow en costumes traditionnels côtoient les spectateurs en vestes et jeans, et dans les salles communales des centres culturels, le drapeau américain et le crucifix s’opposent aux crosses à plumes d’aigles et à la bannière de l’AIM.

 
Cette chevauchée avait pour but de rendre hommage à ceux qui sont tombés à Wounded Knee, mais, comme le souligne un participant, elle aura peut-être permis à certains de trouver un sens à leur vie. S’impliquer réellement afin de restaurer l’unité Indienne, continuer à transmettre le savoir ancestral aux plus jeunes, militer pour récupérer les Black Hills… Loin de s’achever sur un constat d’échec, ou de susciter l’amertume, cette chevauchée a redonné du courage à ceux qui ont remonté la piste, et tout le talent de Le Querrec est d'avoir su capter cette volonté au fil de ses clichés.

 

Les photos ci-dessous ne sont pas de l'auteur.

 

Le massacre de Wounded Knee en décembre 1890 :

 

http://www.lastoftheindependents.com/bigfoot.jpg 

  L'occupation de Wounded Knee en 1973 par l'AIM :

 

http://www.fromthevaultradio.org/home/wp-content/images/FTV261_WhyWoundedKnee/leanord_peltier_block.jpeg

 

Un extrait de la préface :

 


La dernière chose à laquelle un américain doté de la moindre conscience morale désire penser, ce sont les Sioux. Autant oublier qu'on a des coudes, avant de s'en cogner un, douloureusement, contre une porte. Ca vous arrête net, et cette douleur bénigne vous rappelle des événements nettement plus pénibles, par exemple le jour où vous vous êtes fracturés le dos ou le cou.
Les premiers habitants de l'Amérique formaient plus de cinq cents tribus ; nous n'en avons traîté aucune aussi mal que les Sioux. Jusqu'à une date récente, même des historient renommés avaient tendance à évoquer le massacre de Wounded Knee comme "la bataille de Wounded Knee" ce qui revient à parler de la bataille de Treblinka, de la bataille de Buchenwald ou de notre prpre bataille de Mi Laï. Après la fin des "Guerres Indiennes", qui se résument pour l'essentiel à une longue boucherie, il n'y a eu aucun Plan Marshall, mais simplement la création du Bureau des Affaires Indiennes, sans doute l'administration la plus insidieuse de toute l'histoire de notre république. Pour passer du général au particulier, je me rappelle avoir vu, il y a vingt ans, sur la réserve Navajo de Keams Canyon, des enfants infirmes jouer pieds nus dans la neige, une image incroyable. A peine une semaine plus tard, dans les locaux de la Société historique du Nebraska, je regardais des photos prises immédiatement après le massacre de Wounded Knee. Ma vision monoculaire s'est légèrement brouillée (je suis borgne) quand j'ai découvert la photo d'un ravin rempli d'enfants morts. Il avait fait un froid terrible et l'on aurait dit que les membres gelés de ces enfants s'étaient disposés d'eux mêmes pour adresser une supplique maladroite à un ciel muet. Des massacres comparables pour le nombre des victimes avaient déjà eu lieu à Sand Creek, dans l'est du Colorado, chez les Cheyennes, et à Bear Creek chez les Shoshones, quand l'un de nos soldats avait décrit la tuerie comme "une partie de plaisir". Il est sans doute difficile de connaitre la véritable histoire de notre propre pays, mais la plupart de mes concitoyens ne semblent pas trop s'en inquiéter. Nos manuels scolaires ne reconnaissent jamais clairement que nous sommes descendus de nos bateaux pour anéantir une civilisation extrêmement variée, dont les cinq cents incarnations possédaient un art et une littérature orale d'un raffinement admirable. Nos armes ont inclus revolvers et carabines, famines et maladies.

La raison de nos conquêtes avait pour nom : cupidité. 

 

 

challenge red power2

Par Folfaerie - Publié dans : Chez les Amérindiens - Communauté : Salon Lecture
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 10:31

Television

 

The most important thing we've learned,
So far as children are concerned,
Is never, NEVER, NEVER let
Them near your television set --
Or better still, just don't install
The idiotic thing at all.
In almost every house we've been,
We've watched them gaping at the screen.
They loll and slop and lounge about,
And stare until their eyes pop out.
(Last week in someone's place we saw
A dozen eyeballs on the floor.)
They sit and stare and stare and sit
Until they're hypnotised by it,
Until they're absolutely drunk
With all that shocking ghastly junk.
Oh yes, we know it keeps them still,
They don't climb out the window sill,
They never fight or kick or punch,
They leave you free to cook the lunch
And wash the dishes in the sink --
But did you ever stop to think,
To wonder just exactly what
This does to your beloved tot?
IT ROTS THE SENSE IN THE HEAD!
IT KILLS IMAGINATION DEAD!
IT CLOGS AND CLUTTERS UP THE MIND!
IT MAKES A CHILD SO DULL AND BLIND
HE CAN NO LONGER UNDERSTAND
A FANTASY, A FAIRYLAND!
HIS BRAIN BECOMES AS SOFT AS CHEESE!
HIS POWERS OF THINKING RUST AND FREEZE!
HE CANNOT THINK -- HE ONLY SEES!
'All right!' you'll cry. 'All right!' you'll say,
'But if we take the set away,
What shall we do to entertain
Our darling children? Please explain!'
We'll answer this by asking you,
'What used the darling ones to do?
'How used they keep themselves contented
Before this monster was invented?'
Have you forgotten? Don't you know?
We'll say it very loud and slow:
THEY ... USED ... TO ... READ! They'd READ and READ,
AND READ and READ, and then proceed
To READ some more. Great Scott! Gadzooks!
One half their lives was reading books!
The nursery shelves held books galore!
Books cluttered up the nursery floor!
And in the bedroom, by the bed,
More books were waiting to be read!
Such wondrous, fine, fantastic tales
Of dragons, gypsies, queens, and whales
And treasure isles, and distant shores
Where smugglers rowed with muffled oars,
And pirates wearing purple pants,
And sailing ships and elephants,
And cannibals crouching 'round the pot,
Stirring away at something hot.
(It smells so good, what can it be?
Good gracious, it's Penelope.)
The younger ones had Beatrix Potter
With Mr. Tod, the dirty rotter,
And Squirrel Nutkin, Pigling Bland,
And Mrs. Tiggy-Winkle and-
Just How The Camel Got His Hump,
And How the Monkey Lost His Rump,
And Mr. Toad, and bless my soul,
There's Mr. Rat and Mr. Mole-
Oh, books, what books they used to know,
Those children living long ago!
So please, oh please, we beg, we pray,
Go throw your TV set away,
And in its place you can install
A lovely bookshelf on the wall.
Then fill the shelves with lots of books,
Ignoring all the dirty looks,
The screams and yells, the bites and kicks,
And children hitting you with sticks-
Fear not, because we promise you
That, in about a week or two
Of having nothing else to do,
They'll now begin to feel the need
Of having something to read.
And once they start -- oh boy, oh boy!
You watch the slowly growing joy
That fills their hearts. They'll grow so keen
They'll wonder what they'd ever seen
In that ridiculous machine,
That nauseating, foul, unclean,
Repulsive television screen!
And later, each and every kid
Will love you more for what you did.

 

Roald Dahl

 

Pure Imagination

Come with me and you'll be
In a world of pure imagination
Take a look and you'll see
Into your imagination

We'll begin with a spin
Trav'ling in the world of my creation
What we'll see will defy
Explanation

{Refrain}

If you want to view paradise
Simply look around and view it
Anything you want to, do it
Want to change the world, there's nothing to it

There is no life I know
To compare with pure imagination
Living there, you'll be free
If you truly wish to be

{Refrain}

There is no life I know
To compare with pure imagination
Living there, you'll be free
If you truly wish to be

 

Roald Dahl

Par Folfaerie - Publié dans : Poésie - Communauté : Littérature Jeunesse
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 18:25

http://www.images-chapitre.com/ima2/original/567/1656567_3446103.jpg

 

On peut encore trouver chez les bouquinistes  les portfolios complets d'Edward Curtis, le photographe des tribus indiennes ! Une excellente idée de la part des éditions Taschen, et en français qui plus est.
Edward Curtis, à partir de 1895 et pratiquement jusqu'à sa mort, en 1952, eut à coeur de photographier les tribus indiennes d'Amérique, dans le seul espoir de sauvegarder une trace de ces civilisations. Au début de sa tâche, véritable idée folle, il partageait certains préjugés des blancs envers les Indiens, et plus particulièrement au sujet de leur spiritualité, mais ses contacts quotidiens, ses voyages et ses visites transformèrent Curtis au point de lui valoir le respect des autochtones.

 

http://3.bp.blogspot.com/-j67Mflz5Qes/TZKZYGdRkPI/AAAAAAAABc8/Zyyx0MYbPwA/s1600/Young-Indian-Child.jpg

 

Deux principes importants guidaient le travail de Curtis : utiliser toutes les meilleures techniques de l'époque pour réaliser de beaux portraits, et faire en sorte que les Indiens n'apparaissent pas comme des sauvages, et surtout, gommer toute trace de civilisation. Lorsque Curtis fit ses premières photos, la plupart des tribus étaient parquées dans des réserves et perdaient peu à peu leurs caractéristiques et traditions, un vrai crève-coeur pour le photographe. Les Indiens approuvèrent d'autant plus le projet qu'ils sentaient bien que leur civilisation ne serait bientôt plus. Curtis dût même demander à certaines tribus de danser à nouveau pour fixer ces rites presque disparus. C'est une curieuse impression de contempler tous ces visages disparus, à la fois beaux et graves, et même un peu tristes. Que pensaient-ils au moment de la photo ?

 

http://farm4.static.flickr.com/3489/3894364897_4d023fc3e9_o.jpg

 

Au final, un ouvrage remarquable, qui n'a jamais été égalé, et unique en son genre, à la fois ethnologique, historique et artistique. Merveilleux et indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux Amérindiens.

 

challenge red power2

Par Folfaerie - Publié dans : Chez les Amérindiens - Communauté : Salon Lecture
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 20:18

http://www.decitre.fr/gi/30/9782012794030FS.gifIl y a déjà eu des livres dénonçant le scandaleux usage des pesticides et leurs impacts sur la santé, dont le livre pionnier « printemps silencieux » de l’américaine Rachel Carson (et qui ne concernait pas notre pays) et celui-ci est de loin le plus terrifiant.

Le journaliste Fabrice Nicolino et le président du MDRGF ont uni leurs forces et leurs compétences pour rédiger un ouvrage capital pour le citoyen français, qui permet de comprendre pourquoi la France s’est tournée vers l’agriculture « industrielle », grande consommatrice de pesticides et d’insecticides, et comment ces différents poisons nous ont entièrement contaminé, que ce soit dans l’air que nous respirons, dans l’eau que nous buvons et jusque dans nos corps...


Des révélations le plus souvent inédites, des noms, des faits et des dates, une chronologie sans concession de l’histoire des pesticides, un livre choc qui se lit un peu comme un polar où les coupables sont bien trop nombreux, plein de sombres machinations, de trafics en tous genres, de mensonges et de duperies...le tout saupoudré d’une touche d’humour et qui se termine par une petite note d’espoir (ceci afin d’éviter que le lecteur n’aille immédiatement se pendre une fois la dernière page tournée...), bref un véritable brûlot qui a valu quelques ennuis à ses courageux auteurs.


Pensez donc, voilà des hommes qui n’hésitent pas à mettre à jour les relations étroites et contre-nature qui existent entre le personnel des hautes institutions de l’Etat et les dirigeants des firmes industrielles qui fabriquent les pesticides, qui nous apprennent que la plupart des organes administratifs chargés de faire régner un semblant d’ordre dans le secteur agricole sont inféodés aux grands patrons de ces mêmes firmes (on reste d’ailleurs perplexe face au processus d’homologation des produits phytosanitaires...), on ne peut qu’être horrifié devant cette implacable coalition, celle des fonctionnaires, des dirigeants de notre gouvernement alliés au lobby des pesticides, qui veut à tout force nous faire bouffer du poison ad vitam aeternam.


Les effets de l’amiante, du DDT, du Round-Up, du Régent et d’autres produits sur notre environnement ont été révélés et dénoncés grâce à l’opiniâtreté de quelques grands noms du monde scientifiques, qui se sont heurtés à une résistance inouïe de la part des administrations prêtes à tout pour étouffer le scandale. Certains l’on payé bien cher mais aujourd’hui du moins, nous savons.

Le CEMAGREF, l’INRA, le Ministère de l’Agriculture et bien d’autres organismes administratifs nous abreuvent de produits hautement toxiques sans le plus petit remord, sans jamais songer aux conséquences. L’explosion de maladies neurologiques, l’avancée insidieuse des OGM, l’apparition de maladies développées par les animaux domestiques... autant de signes incontestables du dérèglement de notre environnement gavé - et nous avec - de molécules indésirables et perturbatrices.


Un ouvrage indispensable, cela va sans dire, et dont le principal but est de réveiller nos consciences, et de nous ouvrir les yeux. Et comme le disent les auteurs « la suite dépend de nous tous, de nous seuls. Un système aussi solide, aussi enraciné que celui-là ne saurait se briser au premier cri de révolte. Mais il n’y a pas d’autre voie que celle de la rébellion. Collective, non violente mais ferme. Très ferme. Immédiate et complète. Il faut faire rendre gorge à ceux qui préfèrent leur chiffre d’affaires à la vie sur terre ».

 

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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 17:25

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Voilà comment je tiens mes bonnes résolutions ! Je commence l'année avec une série absolument romantique adaptée de l'un de mes romans favoris.

 

J’en avais entendu beaucoup de bien, une horde d’admiratrices du séduisant Richard Armitage, alias John Thornton, m’ayant vivement conseillée de voir cette mini-série après que j’aie  lu l’excellent roman d’Elizabeth Gaskell.

 

En matière d’adaptations BBC, je pensais que rien ne pourrait détrôner celle d’Orgueil et Préjugés avec Colin Firth. Je l’ai visionnée tant de fois que j’en connais les dialogues par coeur.  Outre que l’histoire respecte fidèlement celle de Jane Austen, on y trouve ce mélange délicieux de romantisme et d’humour qui en fait tout le charme.

 

Dans Nord et sud, point d’humour, on non ! L’ambiance y est sombre, tout comme la ville de Milltown, fière de son tissu industriel, de ses manufactures, qui polluent et rendent les gens un peu aigris et durs, ma foi.

Notre héroïne, Margaret Hale, est confrontée à bien des chagrins, de la première à la dernière ligne, sans compter que le roman évoque les grèves, les misérables conditions de vie des ouvriers, les possibles faillites des patrons, etc. Charming, isnt’ it ?

 

Et pourtant, dès l’apparition du ténébreux héros de cette adaptation, tout s’éclaire comme par magie. Je ne voudrais pas sombrer moi aussi dans ce ridicule travers qui consiste à s’extasier ou à pousser des soupirs à chaque fois que John Thornton apparait dans une scène, mais bon, j'avoue, c’est bien ce que j’ai fait !!

 

Le choix de Richard Armitage pour incarner Thornton est des plus heureux : d’un abord plutôt rébarbatif tant il a l’air sévère et dépourvu d’humour, il sait toucher et émouvoir en un regard ou un sourire (la première photo se passe de commentaires, non ?). Et puis il a une très belle voix grave,  il faut à tout prix regarder Nord et Sud en v.o. 

 

Bien, nous avons donc un John Thornton idéal, mais les autres personnages ? Et bien ils sont à la hauteur du roman.  

 

Mention spéciale à la mère de John Thornton, remarquablement interprétée par Sinead Cusack dont la complicité avec Richard Armitage éclaire la relation mère-fils, faite de respect et de tendresse, malgré la mine revêche de cette matriarche. Elle devient émouvante lorsqu'elle défend son fils, le parant de toutes les qualités, face à une Margaret un peu hautaine et froide.

 

 

Et puis le syndicaliste, Higgins, qui m'avait inspiré une sympathie immédiate dans le roman, est lui aussi formidablement interprété par un acteur que je ne connaissais pas du tout : Brendan Coyle.

Ses confrontations avec le patron, Thornton, sont savoureuses et le jeu du comédien permet bien de visualiser cette progression, ces changements dans l'attitude et les caractères des deux hommes.   

 

 

 

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La musique est très belle, elle est émouvante à souhait et sert parfaitement cette belle histoire d’amour. Vous allez me demander, mais qu’est-ce que je n’ai pas aimé dans cette adaptation ? Heu, rien en fait !

 

Le tournage a eu lieu un peu partout, et notamment à Edimbourg (on peut reconnaître Calton Hill dans certaines scènes), une ville qui m'est chère, et j'ai été agréablement surprise de reconnaître des paysages familiers.

  

Je passe, sans transition aucune, à la romance entre les deux personnages principaux. La première rencontre entre John et Margaret est très différente dans la mini-série, ce qui est justifié. En effet, à l’écran, il fallait sans doute bien marquer cet antagonisme qui nait presque immédiatement chez Margaret, dans le roman, mais qu’on explique difficilement au début, tant la demoiselle est pleine de préjugés envers le pauvre Thornton. Donc, la scène où John Thornton flanque une sacrée dérouillée à l’un de ses ouvriers, se justifie, même si elle peut choquer en raison de la violence dont fait preuve notre héros.

 

Heureusement, l'actrice qui incarne Margaret (Daniela Denby-Ashe) a su insuffler un peu plus de chaleur à son personnage, en tout cas en ce qui concerne ses relations avec Thornton. Elle est touchante dans ses relations avec Bessie et Higgins, qui sont tout à son honneur, mais on peine un peu à comprendre son aversion pour Thornton, dans le roman du moins. Cela est atténué à l'écran, à plusieurs reprises Margaret laissant transparaître un intérêt marqué pour le jeune homme. Il faut dire aussi que c'est bien difficile de résister à John Thornton/Richard Armitage. Quant à la fameuse scène de la proposition, il faut visionner la scène longue, dans les suppléments. Car elle est inexpliquablement raccourcie dans le film et ajoute une fois de plus un peu de confusion entre les personnages (une fois de plus, on se demande pourquoi Margaret refuse un homme qui lui fait une telle déclaration !).

 


 

Certains passages ou personnages ont été ajoutés, comme la visite de l'Exposition à Londres ou une jeune demoiselle qui pourrait compliquer l'histoire d'amour entre John et Margaret. Mais comme elle est inexploitée (la pauvre fait juste de la figuration ! ), c'est sans importance. J'ai apprécié que l'on sauve Mr Bell d'une mort certaine dans la mini-série, il y a déjà suffisamment de décès qui plombent l'atmosphère... Enfin, un ajout intéressant et fort romantique, celui du départ de Margaret pour Londres, après qu'elle ait fait ses adieux à la famille Thornton. Ce "Look back at me", ah la la, je ne m'en lasse pas...

 

Le quatrième épisode se clôt sur la véritable déclaration d’amour, enfin. Elle diffère énormément de celle du roman. Dans ce dernier, John se retrouve en tête en tête avec Margaret, dans l’intimité du salon de la tante à Londres. La scène, bien que trop brève, est délicieusement romantique, teintée d’humour. Dans le film, John et Margaret se retrouvent à la gare, à mi-chemin entre le Nord et le Sud. Lui revient d’un pèlerinage à Helstone où il est allé cueillir des roses en songeant à celle qu’il aime (si ça c’est pas du romantisme, hein…), elle, souhaite lui faire cette fameuse proposition commerciale qui le sauvera de la faillite. Alors bien sûr, c’est terriblement inconvenant de s’embrasser dans un lieu public, et pire encore, pour une jeune femme pas même encore fiancée, de suivre l’homme qu’elle aime pour rentrer chez lui. Inconvenant et improbable. Mais je défie n’importe quelle lectrice de ne pas approuver cette fort jolie scène. Comment résister au séduisant Thornton lorsqu’il demande « Coming home with me ? ». Quant à la scène du baiser, c’est sans conteste l’une des plus réussies que j’ai pu voir dans les adaptations de ces délicieux romans du XIXème. Le charme de l’acteur, Richard Armitage, y est pour beaucoup…

 

Voilà, voilà, je suis devenue une inconditionnelle de cette version BBC, que je vais pouvoir visionner à loisir, maintenant que je possède le coffret. Je n'ai pu m'empêcher de faire quelques comparaisons entre Nord et sud et Orgueil et préjujés (la série BBC avec Colin Firth, évidemment) car il y a certaines similitudes, fort bienvenues ma foi. Je comprends mieux maintenant pourquoi la presse avait parlé d'une Thorntonmania semblabe à ce qui s'était passé pour Darcy. Sans même parler du charisme de l'acteur, il faut bien avouer que ce personnage est susceptible de faire chavirer le coeur d'un grand nombre de lectrices.

Bref, si vous le n'avez pas encore vu, précipitez-vous sur le DVD sorti enfin avec les sous-titres français, chez KOBA.

 

D'autres avis enthousiastes chez Clarabel, Evy, Arcaalea,  

 

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Par Folfaerie - Publié dans : Du papier à la pellicule - Communauté : cinéma et littérature
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 18:48

J’aurai pu écrire, comme l’année dernière, un billet sur les bonnes résolutions que je ne vais pas tenir cette année… mais j’ai changé d’avis ce matin en allant travailler. Tous les jours, je dois faire, hélas,  50 km aller-retour à travers la campagne pour me rendre sur mon lieu de travail. Des paysages familiers qui peuvent paraître bien communs mais qui ont possèdent un charme délicieux à mes yeux : des prés, des haies, des petites rivières, des troupeaux de vaches ou de moutons qui paissent encore dans leurs pâtures (le temps est bien trop doux, c’est désolant…), la silhouette sombre et compacte des bois qui se profilent par-delà les prairies.

 

Depuis plusieurs jours, le temps est bien gris et pluvieux, la Loire a débordé de son lit habituel pour envahir des zones plus vastes, où se sont réfugiées plusieurs espèces d’oiseaux que je m’efforce d’identifier quand je passe au dessus du vieux pont (et au risque d’emboutir le parapet, hum…). Or, ce matin, disais-je, le temps plus clément m’a permis d’admirer un magnifique lever de soleil. Le ciel était strié de ces couleurs riches et profondes qui n’appartiennent qu’à ce moment de la journée.  Des roses et des oranges somptueux, veinés de violet qui se reflétaient dans l’eau de l’Acolin (j’ai bien failli verser dans le fossé en contemplant cette jolie rivière !), et je repensais subitement à ce beau titre d’un roman de Romain Gary, La promesse de l’aube.

   

http://img.clubic.com/00066840-photo-wallpaper-lever-de-soleil.jpg


C’était exactement ça, aujourd’hui semble être un jour plein de promesses, et qui me donne envie d’espérer que cette année 2012 sera différente de la précédente. Qu’elle annonce de grands changements, qu’elle marque un fol espoir, qu’elle suscite l’envie de protéger davantage ce qui nous entoure, comme ce héron qui se tient, solitaire, au milieu de la rivière, comme ce vieil arbre épargné au milieu d’une haie et qui est devenu un refuge pour les oiseaux et les chauves-souris, comme ce corbeau, considéré à tort comme un nuisible, mais dont les croassements évoquent les paysages glacés  du Nord que j'aimerai tant admirer.

 

Ce lever de soleil m'a donné des envies de lecture pleines de grands sentiments et de grands paysages, des créatures enchantées, des héros et des aventures extraordinaires, des animaux, des montagnes et des déserts, des histoires d'amour fou, des histoires qui se terminent bien, folles, drôles, extravagantes, bref, des livres qui vont m'emmener très loin de mon quotidien un peu trop prosaïque à mon goût... C'est ce que je souhaite également à toutes celles et tous ceux qui ont passé un peu de leur temps sur ce blog cette année.

 

Une très belle année à tous !  

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2012 commence bien : en octobre est sorti le 7ème volume des aventures du Capitaine Alatriste :

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