Mardi 10 novembre 2009
Un récit de voyages et d'aventures comme je les aime...

D'abord, il nous permet d'avoir le regard d'une anglaise, et donc d'une femme, issue de la société victorienne sur le Colorado de l'époque, ensuite, parmi tous ces explorateurs et aventuriers anglais qui tentèrent de marquer ce XIXè siècle, Isabella Bird fut la première femme à entrer à la très fermée Royal Geographical Society en 1892, lui assurant ainsi une reconnaissance officielle au panthéon des aventuriers célèbres.

En 1873, elle quitta son Angleterre natale, sur les conseils avisés de son médecin, désireux de lui éviter de périr d'ennui (au sens littéral du terme). Elle fit bien entendu plusieurs voyages un peu partout dans le monde, mais le plus pittoresque est sans doute celui-ci.

Alors qu'elle était dotée d'une santé délicate, elle se transforma, sitot arrivée en Amérique, en une redoutable et intrépide aventurière, bravant dangers et inconfort pour aller découvrir et admirer dans toute sa splendeur l'Ouest mythique et sauvage, et les Montagnes Rocheuses en particulier. La voyageuse noua des relations d'amitié immédiate avec sa jument, Birdie, qui fit ce parcours de 4 mois avec elle et lui permit à de nombreuses occasions de sortir de plusieurs mauvais pas.

Chevauchées, péripéties, personnages pittoresques (le regard qu'elle porta sur les pionniers installés dans des fermes qu'ils tentaient de faire fructifier, des plus naifs aux durs à cuire, est également très intéressant) et paysages sublimes émaillèrent son parcours. Bien que dotée d'un solide sens pratique, son amour du romanesque fut sensible à certaines rencontres, dont celle d'un desperado, Mountain Jim, bandit aux galantes manières, qui constitua le seul épisode romantique de son voyage.

J'ai beaucoup aimé ce personnage de femme, et j'ai surtout admiré sa ténacité, son courage et son envie de liberté qu'elle n'a pas craint de satisfaire au mépris des conventions et des risques qu'elle pouvait encourir. A la fois récit dépaysant et témoignage historique, cette Anglaise au Far-west mériterait une bonne place dans toute bibliothèque de voyage.
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Vendredi 6 novembre 2009
C'est grâce à Blog O Book et les éditions Robert Laffont que j'ai pu choisir ce titre à chroniquer dans le cadre d'un partenariat.



Arthur Miller, c'est l'auteur des Misfits, des sorcières de Salem et de ce commis voyageur. Une grande claque au rêve américain et sa pièce la plus célèbre.
Willy Loman est un homme fatigué, au bout du rouleau, un type médiocre et banal qui se raconte des histoires pour briller aux yeux de sa famille et des amis et voisins. Licencié depuis peu de l'entreprise à laquelle il a consacré toute sa vie, Willy
réalise qu'il est hors course. Il se remémore le passé, plus tangible que son présent, et voit souvent son frère dans ces sortes de flash-back. Parallèlement à ce douloureux constat, il doit également affronter la triste réalité concernant ses fils : ce sont des ratés. Biff et Happy, la trentaine, pas encore fixés, un peu immatures, des petits boulots, des illusions, des mensonges, des regrets, des occasions manquées... Trois hommes qui se mesurent, s'affrontent, se défient et s'aiment pourtant.
L'aîné Biff semble différent. Il n'aspire pas forcément à une belle carrière, une réussite professionnelle, mais plutôt une vie à sa convenance.
On sent bien que Willy Loman aime sa famille. Il a une haute opinion de ses fils, persuadé qu'ils auront une grande vie, qu'ils seront des hommes qui comptent; Mais il les aime mal, en témoignent ces retours sur l'enfance de Biff et Happy. De plus, un lourd secret a provoqué un drame entre Biff et son père.
Loman et sa femme ont mis 25 ans à payer leur maison, et au bout du compte, tout change trop vite autour d'eux. Quelle récompense pour Loman ?
Mais le commis voyageur saura se sacrifier pour le bonheur des siens. Peut-être la seule chose de bien qu'il aura accomplie...

C'est une histoire toute simple, terriblement pathétique et plus actuelle que jamais. Miller parle de la banalité de nos petites vies, de la réussite, de la compétition et du respect (c'est quoi réussir sa vie ? Par rapport à qui, à quoi ?). On est loin du mythe de la réussite à l'américaine, où tout sourit au citoyen travailleur et acharné, où la vie familiale est harmonieuse.
J'avais les images de l'adaptation cinématographique en tête, Dustin Hoffmann dans le rôle de Loman, épatant comme d'habitude... En tout cas un sacré bon texte, et même si ce n'est pas une lecture très réjouissante, moi j'ai eu grand plaisir à lire ce classique de la littérature américaine.
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Vendredi 30 octobre 2009
En marge de Jim Harrison

Fan de Jim Harrison, c'est avec plaisir que je me suis plongée dans son autobiographie. Je passe sur la vie de Jim qu'il a déjà maintes fois dévoilée dans ses interviews et romans, pour m'attarder sur deux choses  : d'abord il voulait être poète et n'y est pas parvenu. Apparemment, bien que les poètes soient bien considérés dans le milieu universitaire, ça ne parait pas facile de se faire une place. Il donne une floppée de noms, poètes et/ou romanciers que je ne connais pas; A voir s'ils sont traduits en français mais ça donne envie de les découvrir. Et puis sa période hollywoodienne. Les auteurs qui ont été scénaristes pour Hollywood sont nombreux et ça ne date pas d'hier. Je suis toujours fascinée par le processus de création, comment passer de l'écrit à l'écran sans trahir. En tout cas le constat est amer pour Harrison et je le comprends. Un vrai panier de crabes Hollywood...
Cette autobiographie ne révolutionnera pas l'oeuvre de Big Jim, mais pour les amateurs, elle est indispensable.

Les heures de Michael Cunningham

Encore un titre dont je repoussais la lecture, pour une raison indéterminée, mais finalement, il semblait m'attendre à la bibliothèque municipale, et je me suis dit : "allez je me lance".
Je précise que je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique, c'est un premier point.
Le second point c'est que je me suis considérablement ennuyée... Alors oui le postulat de départ est original, cette histoire parallèle entre trois femmes, à trois époques  différentes,  dont le lien est Mrs Dalloway, c'était une bonne trouvaille. Pour le reste ma foi...
Les seuls passages qui m'ont réellement intéressée sont ceux relatifs à Virginia Woolf. Après, suivre la vie ordinaire de deux femmes insatisfaites qui ressassent leur passé (Clarissa) ou leur mal être (Laura) fut une tâche bien ennuyeuse. L'éditrice lesbienne qui organise un dîner pour son ami mourant, et la femme au foyer qui rêve d'une autre vie m'ont plutôt donné envie de dormir ! Les regrets, l'insatisfaction, et on passe à côté de sa vie, et on est à la recherche de l'instant parfait... C'est du déjà vu et cela a été mieux raconté, par d'autres !
J'a lu ici et là des critiques élogieuses sur l'écriture. Quelque chose m'aura échappé sans doute. C'est bien écrit, bien que quelques passages m'aient parus artificiels, mais pas de quoi crier au génie.
Donc, je ne retirerai pas grand-chose de cette lecture.
Suis complètement passée à côté du roman, ça arrive parfois... Me reste à voir le film, il me fera peut-être changer d'avis qui sait ?

Les libérateurs de l'Irlande de Paul Féval

Voilà le résumé de l'éditeur : Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie au désordre, à l'occupation britannique et à l'émergence de multiples sociétés secrètes de tous bords, le peuple irlandais refuse de plus en plus cet insupportable destin.

C'est l'histoire à la fois dramatique et héroïque d'une de ces familles, les MacDiarmid, que nous conte ici Paul Féval : un roman de haine et de vengeance, d'amour et de mort dans un pays ruiné et déchiré à la veille d'un des épisodes les plus terribles de son histoire, la Grande Famine.

C'est un bon roman (dont je ne vais pas dévoiler l'intrigue pour ne pas casser le suspense) qui, à mon goût, souffre un peu de longueurs par moment et de raccourcis à d'autres ! Bizarre, je sais, mais j'ai trouvé que certains personnages étaient un peu sous-exploités, et on s'attarde sur certains événements qui auraient pu être... "raccourcis" justement.

Le principal intérêt du roman, plus que les histoires d'amour et de vengeance, c'est la description de cette société secrète : les Molly Maguire. Les historiens semblent assez divisés sur ses origines. J'ai découvert également que Martin Ritt avait tiré un film sur le sujet, d'après un roman de Arthur H. Lewis (roman non traduit en français). L'action se situe dans la Pennsylvanie de la fin du XIXe siècle, dans le monde des mineurs, avec deux fantastiques acteurs : Sean Connery et Richard Harris.

En tout cas, Féval réussit magnifiquement à décrire le climat de l'époque, triste et oppressant, où souffle néanmoins le vent de la liberté, et a su décrire toutes les ambiguités du caractère irlandais.

A noter que dans le roman de Carey sur le gang Kelly, que j'ai lu avant Féval, on y évoque aussi les Molly Maguire et d'une manière très déplaisante... Mon "affection" pour les Irlandais en a pris un coup...

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Mardi 27 octobre 2009
Nous sommes en train de perdre nos derniers ours, la messe est dite, regardez ailleurs... Ne restera, entre autres ouvrages, que ce beau livre pour se remémorer que l'ours faisait partie de notre patrinoine, de notre faune sauvage.

Cela a dû être un travail colossal pour dresser le portrait de l’un de nos plus fascinants prédateurs. Beaucoup de très belles photos, des illustrations, schémas, un texte riche en informations de toutes sortes, complété par des anecdotes de terrain toujours passionnantes, bref rien à redire sur ce livre qui aborde tous les aspects de la vie de l’ours en Europe, son histoire mais aussi ses rapports avec les hommes.

C’est évidemment un ouvrage naturaliste, qui permet aussi de faire le bilan sur le futur de l’ours brun en Europe, mais il peut plaire à tous les amoureux de la vie sauvage. Au terme de cette lecture, après avoir fait intimement connaissance avec ce grand carnivore si passionnant, on ne peut qu’espérer que l’homme continuera à lui réserver une place, quoi qu’il en coûte, enfin sauf en France évidemment...


L’ours brun, biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural

Pascal Etienne et Jean Lauzet

Collection Parthénope aux éditions Biotope

prix indicatif : 43 euros


Pour connaître l'histoire de l'ours, un très bon site à consulter, La buvette des Alpages. La photo de l'ours Papillon ci-dessous en est extraite.

 

link

 

 



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Dimanche 25 octobre 2009
Merci à Heyrike et Sandra de m'avoir fait découvrir ce formidable bouquin, autre coup de coeur de l'année 2009.
Epopée familiale et historique, les Yeux dans les arbres nous entraîne au Congo Belge, à la suite de la famille Price. C'est un récit à plusieurs voix, celles des femmes de cette famille : Rachel l'aînée, les jumelles Adah et Leah, la benjamine, Ruth May et la mère, Orleanna.
Le père, Nathan, pasteur baptiste américain, figure rigide et bornée, est évoqué à travers les récits des soeurs Price.
C'est lui qui embarque sa famille en Afrique, en 1959, investi d'une mission divine, où il compte bien sauver les âmes du village de Kilanga.
Armé de sa seule bible, le pasteur fanatique installe sa famille dans ce village du bout du monde, dans le plus complet dénuement. Aucun bon sens, une ignorance complète des us et coutumes des habitants qui occasionnent des quiproquos parfois drôles, souvent douloureux... le choc culturel est immense.
A tour de rôle, les Price vont narrer leur quotidien dans ce pays en ébullition qui rêve à son autonomie. Elles ont leurs certitudes, leurs préjugés, leurs habitudes, leur sincérité  aussi. Mais rien ne résistera au climat hostile, aux invasions d'insectes, à la faim, à la maladie. L'aide apportée par quelques villageois ne suffira pas à sauver la famille Price du désastre.
Le récit est plutôt drôle dans sa première partie, car les réflexions des jeunes Price sont désopilantes, malgré les drames.
A un degré différent, elles finissent par se laisser subjuguer par cette Afrique totalement méconnue et étrangère mais magique et envoûtante.  Même l'écervelée Rachel se retrouve prisonnière de ce continent, bien que d'une manière toute différente de ses soeurs...
En parallèle de cette chronique familiale, Barbara Kingsolver en profite pour régler quelques comptes. Le rôle de la CIA dans l'arrivée au pouvoir de Mobutu, le traitement infligé aux Africains par le pouvoir Belge, l'impitoyable mécanique du pouvoir qui va broyer Patrice Lumumba et ce pauvre pays déchiré par les puissances occidentales, avides de s'emparer des ressources naturelles du Congo Belge devenu Zaïre...
C'est magnifiquement écrit, c'est drôle, émouvant, puis oppressant dans sa seconde partie qui explore la destinée des Price et celle du Zaïre. Ces figures féminines qui naviguent entre nostalgie, affection, et incompréhension pour ce pays qui les aura vu souffrir, perdre et renaître, sont absolument remarquables.
Un excellent roman qui me donne envie de continuer à explorer l'oeuvre de Kingsolver.

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Jeudi 22 octobre 2009
Voilà un autre de mes illustrateurs américains préférés. Ce natif du Delaware a passé l'essentiel de son existence à peindre, illustrer et enseigner son art.
Il avait un faible pour la légende du roi Arthur et les pirates. Je vous laisse admirer les superbes illustrations ci-dessous. Chouette non ?

Il est l'auteur de quelques récits destinés à la jeunesse, dont une version de Robin des Bois, non traduite en français.
Je trouve son travail tout simplement extraordinaire. Quand certains bouquins sont vraiment bons, les illustrations ne sont pas nécessaires. Je pense à Moonfleet par exemple ou l'île au Trésor même si je reconnais que la couverture due à Wyeth est superbe. En revanche, certaines illustrations, seules, suscitent des histoires et frappent l'imagination. C'est ce que je ressens avec Pyle. Notamment en regardant cette réunion de pirates (ci-dessous), j'ai envie d'imaginer une histoire.






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Mercredi 21 octobre 2009
Attention, la rédac du quotidien anglais Telegraph a établi son palmarès des 25 meilleures adaptations cinématographiques. Il y  a quelques uns de ces films que je n'ai jamais vus. Et moi j'aurai mis le Parrain quand même...
Voilà ce que ça donne :


1/ Les grandes espérances de Charles DICKENS
film de David Lean  1946

2/ Les Hauts de Hurlevent d'Emily BRONTE
Film de William Wyler  1939 (je crois que je ne l'ai vu qu'une fois, mais aucune adaptation ne m'a vraiment plue, excepté celle avec Ralph Fiennes)

3/ Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper LEE
film de Robert Mulligan 1962 (ça me dit quelque chose, mais pas sûre de l'avoir vu...)

4/ Docteur Jivago de Boris PASTERNAK
film de David Lean  1965 (vu il y a si longtemps, c'est terrible, j'ai peine à m'en souvenir !)

5/ Le guépard de Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA
Film de Visconti 1963 (pas revu depuis des années mais j'en ai gardé un bon souvenir)

6/ Le silence des agneaux de Thomas HARRIS
Film de Jonathan Demme  1991 (bof, les histoires de serial killer me laissent de glace)

7/ Les liaisons dangereuses de Choderlo de LACLOS
le film de Stephen Frears 1988 (Ah chef-d'oeuvre. Malkovitch, impérial dans la rôle de Valmont)

8/ Le grand sommeil de Raymond CHANDLER
film de Howard Hawks  1946

9/ Les 39 marches de John Buchan
film d'Alfred Hitchcock  1935 (vu il y a bien des années, m'en souviens pas trop)

10. Les belles années de Melle  Brodie de  Muriel SPARK

Film de Ronald Neame 1969

 

11/ Moby Dick d'Herman MELVILLE

film de John Huston  1956 (j'ai jamais vraiment accroché)


12/Le rocher de  Brighton de Graham GREENE

Film de John and Roy Boulting 1947


13/ DRACULA de Bram Stoker

Film de Tod Browning  1931


14/ Chacal de Frederick FORSYTH

Film de Fred Zinnemann 1973


15/ A l'ouest rien de nouveau d'Erich Maria Remarque 

film de Lewis Milestone  1929

 

16/ L'empire du soleil de J.G BALLARD

Film de Steven Spielberg  1987 (bon film qui a fait découvrir l'excellent Christian Bale)


17/ Trainspotting d'Irvine Welsh

Film de Danny Boyle  1996 (trop glauque pour moi, je ne l'ai pas regardé en entier)


18/ Apocalypse Now (au coeur des ténèbres) de Joseph Conrad

Film de Francis Ford Coppola 1979 (fort mais dérangeant. A l'époque j'adorais Martin Sheen :-)


19/ NO COUNTRY FOR OLD MEN de Cormac McCARTHY

Film des frères Cohen 2007


20/ Les vestiges du jour de  Kazuo ISHIGURO

Film de James Ivory 1993 (Excellent, tout en finesse et deux immenses acteurs)


21/ SHINING de Stephen KING

Film de Stanley Kubrik 1980 (vu une fois, film qui m'a traumatisée...)

 

22/  HARRY POTTER (toute la série) de J.K ROWLING

Films de Colombus, Cuaron, Newell, Yates  2001-2011 (J'aime bien, surtout quand on approche de Noël)


23/ Washington Square de Henry JAMES

Film de William Wyler 1949 (Je n'ai en mémoire que la dernière version avec Jennifer Jason Leigh, excellente)


24/ La liste de  SCHINDLER de  Thomas KENEALLY

Film de Steven Spielberg  1993 (Chef-d'oeuvre aussi, que dire d'autre...)


25/ Le seigneur des anneaux de J.R.R TOLKIEN

Films de Peter Jackson  2001-2003 (vu, revu, merci M. Jackson pour ce beau cadeau :-)

 

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Lundi 19 octobre 2009
Il m'arrive encore quelquefois de verser une larme (ou deux, voire même plusieurs !) à la fin d'un roman qui m'a particulièrement émue. C'est souvent le cas avec des histoires d'animaux, thème des trois romans que je vais présenter (je les ai déjà chroniqués pour l'association dont je suis bénévole mais je les remets ici). En plus, j'aime beaucoup chacune des trois couvertures. Chapeau aux illustrateurs...

je te sauverai d’Eric Simard et Vincent Dutrait

C’est une belle histoire d’amitié entre un petit garçon pas comme les autres (Alan ne parle pas) et un oiseau. Un jour, sur la plage, il trouve un oiseau - un guillemot très exactement - englué dans le mazout déversé par l’Erika. Alan va tout faire pour sauver son nouvel ami, baptisé Jonathan, et lui redonner la liberté qui lui est due.

C’est bien écrit, émouvant et surtout engagé. Ce livre a raflé plusieurs prix et l’auteur a lui-même participé bénévolement au nettoyage des oiseaux marins après le naufrage de l’Erika. Une autre bonne raison de découvrir ce roman.


Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepùlveda

Zorbas est un gros chat noir dont les maîtres partent en vacances, lui laissant l’appartement pour deux mois entiers. Alors qu’il pense profiter de ce temps libre pour ronronner avec la jolie chatte blanche d’en face, une mouette , victime du dégazage d’un navire, et donc pleine de mazout, échoue sur son balcon. Avant de mourir, la maman mouette confie son oeuf au chat.

Voilà que Zorbas va devoir apprendre au poussin à voler, et pour ça, il pourra compter sur l’aide de ses copains chats.

Que de tendresse, d’humour, de générosité dans ce joli récit... La fraternité des chats du port, la touchante petite mouette qui miaule « maman » à un gros matou au sens de l’honneur aiguisé... Un chat adepte de l’encyclopédie et une paire de vieux compagnons dont l’un ôte toujours les miaulements de la bouche de l’autre...

Sepulveda saupoudre cette belle histoire d’amitié de quelques considérations écologiques, un bien joli conte philosophique.



L'oeil du loup de Daniel Pennac


Que se passe-t-il quand un petit garçon africain rencontre un loup borgne prisonnier d’un zoo ? Entre le loup bleu de l’Alaska et le petit garçon exilé naît une étrange complicité fondée sur un dialogue silencieux. Le loup raconte sa vie en Alaska avant d’être capturé par les hommes pour finir dans ce sinistre zoo et l’enfant retrace son parcours qui l’a mené dans différents pays d’Afrique. Au cours de son périple, il noue des amitiés avec des animaux et raconte de merveilleuses histoires aux gens qui croisent son chemin jusqu’au jour où il est forcé de partir pour notre continent.
Un texte plein d’émotions pour cette étrange amitié, et une salutaire réflexion sur le comportement des hommes vis-à-vis de la nature et notre manque de tolérance.

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Dimanche 18 octobre 2009

Quand on aime lire, qu'on est chroniqueur de livres, occasionnel et bénévole, et qu'en plus on s'est lancé dans la grande aventure du blog littéraire, on est tous, et toutes, confrontés à un moment ou à un autre à ces questions existentielles : qu'est-ce qu'un écrivain ? Qu'est-ce qu'un bon livre ? Doit-on tout critiquer ?

Je suis tombée il y a quelques jours sur ce billet assassin : Respectons un peu l’écrivain, bon sang de Pierre Jourde.

link

  A la première lecture, ce texte m'a fait rire je l'avoue. Car moi non plus je n'aime ni ne lis cette littérature qu'il égratigne. J'ai lu le tiers d'un bouquin de Levy que l'on m'avait prêté, et en suis restée fort perplexe, pas lu Musso, me demande depuis des années pourquoi on considère Nothomb comme un phénomène, pas aimé Gavalda que je trouve mièvre, aimé les fourmis de Weber et ai pourtant été déçue par l'absence de qualité du roman suivant.

Pour ne pas taper que sur les Français, j'ajouterai que la même perplexité m'a saisie après la lecture du journal de Bridget Jones (mais le film est chouette), et que je concède que le Da Vinci Code est mal écrit. Mais pour ce dernier, je l'ai lu en anglais, donc c'est toujours un plaisir de lire en V.O. et puis le suspense est tel que le bouquin m'a divertie et tenue en haleine, ce qui n'est absolument pas le cas des auteurs cités plus hauts. Donc j'ai fermé les yeux sur les défauts du Dan Brown.

Aurai-je ri autant si Jourde avait égratigné avec autant de jubilation, je ne sais pas, Jim Harrison par exemple ? Non. Je tombe donc dans le même travers que les lecteurs qu'il se plait à brocarder.

Pourtant, la critique est nécessaire, elle est saine et indispensable quand l’auteur démonte l’œuvre, le plus objectivement possible, et qu’il ne se borne pas à des attaques personnelles.


Mais tous ces auteurs éreintés par les critiques et parfois par les lecteurs sur leurs blogs se vendent bien. Très bien. Que doit-on en conclure ? Que le bon peuple aime les livres simples, qui ne demandent que peu, voire pas du tout, de réflexion. Mais ce n’est pas un scoop ; Qu’une minorité de lecteurs plus exigeants s’attachent à promouvoir la « vraie » littérature en critiquant bons et mauvais livres. Encore que dans cette catégorie de lecteurs, les choses ne sont pas si évidentes.

Il y a quelques semaines, les blogs sont entrés en ébullition après avoir eu connaissance du top 100 anglo-saxon des livres. Et chacun de refaire son top. Il m’a semblé qu’un vent de panique avait soufflé en raison d’une présence exagérée de classiques. Apparemment, la majorité des lecteurs ne se reconnaissaient pas dans ce portrait du lecteur idéal en somme.

Que faut-il en conclure ? Qu’une minorité de grands lecteurs lit des classiques ? lire et aimer des classiques, c’est courir le risque de se faire épingler : celui-là est un pédant, celle-ci aime faire son intéressante en citant tous ces auteurs…Les lecteurs d’aujourd’hui sont le reflet de notre société.


Mais je m’écarte du sujet. Revenons à la critique. Donc une première lecture de ce billet m’a fait rire. Une seconde lecture m’a en revanche obligée à envisager les choses sous un autre angle. Certes il est sain de critiquer, et notamment les mauvais livres pour guider un tant soit peu le lecteur occasionnel dans ses choix. Mais doit-on toujours critiquer les mêmes auteurs ? Je ne sais pas si Jourde a fait de Lévy sa tête de turc, mais d’autres avant lui s’en sont déjà pris à cet écrivain, ou à Musso, Werber, etc. Du coup, je ne vois pas trop l’intérêt de disséquer chaque roman de l’un de ces « mauvais » auteurs.

Et puis les goûts et les couleurs n’est-ce pas…


Alors la liberté de critiquer, d'accord. Mais j'aimerai que les critiques littéraires professionnels perdent un peu moins de temps à taper  sur des auteurs populaires qui ne sont pas des écrivains, pour se concentrer sur certains romans qui passent inaperçus du grand public. Des romans populaires, de qualité, comme la série Flashman par exemple ; L'éditeur  a renoncé après deux volumes (et ça me reste en travers de la gorge...), faute de public... et de critiques ou articles dans les revues spécialisées.

 





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Jeudi 15 octobre 2009
Un début d'automne magnifique... Toujours de belles journées ensoleillées et ce matin, les premières gelées. Hier, j'ai entendu les grues au-dessus du bois, derrière la maison , c'était le grand départ... C'est amusant, selon la sensibilité du poète, l'automne  est une belle saison mélancolique, un hymne à la nature, ou bien la mauvaise saison, triste et froide qui annonce l'hiver, qui symbolise la vieillesse et le déclin.

L'Automne

(Théodore de Banville)

Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.

Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.

Déjà la Nymphe qui s'étonne,
Blanche de la nuque à l'orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.



L'automne

(Alphonse de Lamartine)

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

L'automne

(Sully Prudhomme)

L'azur n'est plus égal comme un rideau sans pli.
La feuille, à tout moment, tressaille, vole et tombe ;
Au bois, dans les sentiers où le taillis surplombe,
Les taches de soleil, plus larges, ont pâli.

Mais l'oeuvre de la sève est partout accompli :
La grappe autour du cep se colore et se bombe,
Dans le verger la branche au poids des fruits succombe,
Et l'été meurt, content de son devoir rempli.

Dans l'été de ta vie enrichis-en l'automne ;
Ô mortel, sois docile à l'exemple que donne,
Depuis des milliers d'ans, la terre au genre humain ;

Vois : le front, lisse hier, n'est déjà plus sans rides,
Et les cheveux épais seront rares demain :
Fuis la honte et l'horreur de vieillir les mains vides.



Chanson d'automne

(Paul Verlaine)

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

L'automne

(Anna de Noailles)

Voici venu le froid radieux de septembre :
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l'air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

Comme toutes les voix de l'été se sont tues !
Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
Que la bise grelotte et que l'eau même a froid.

Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s'envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain.

Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l'Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S'en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu'il va transfigurer
Tressaille et s'attendrit de le sentir entrer...


Crépuscule d'automne

(Stuart Merrill)

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs
J'entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :
Car voici venir l'heure où dans des lueurs brèves
Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,
L'automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d'une nef qui vient de s'assombrir
L'on ouït des frissons de frêles banderolles,
Et le long des buissons qui perdent leurs corolles
La maladive odeur des fleurs qui vont mourir
S'évapore en remous de subtiles paroles.

Sous la lune allumée au nocturne horizon
L'âme de l'angelus en la brume chantonne :
L'écho tinte au lointain comme un glas monotone
Et l'air rêve aux frimas de la froide saison
A l'heure où meurt l'amour, à l'heure où meurt l'automne !

Par Folfaerie - Publié dans : Poésie - Communauté : Salon Lecture
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"It's a dangerous business, Frodo, going out of your door," he used to say. "You step into the Road, and if you don't keep your feet, there is no telling where you might be swept off to."





Je découvre quelques beaux portraits de lectrices ou liseuses, en voici un qui me plaît bien. J'en changerai régulièrement.
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