Vendredi 27 novembre 2009
Rarement livre de peinture m'aura autant impressionnée que celui-ci ! Kim Donaldson, né au Zimbabwe, est souvent considéré comme le plus grand artiste animalier actuel, et je le crois sans peine au vu de ses oeuvres magnifiques, qui rendent pleinement justice à la beauté de ce continent. Quelle magie s'en dégage ! Il a sillonné la plupart des grands parcs nationaux africains et en a ramené tableaux, croquis, commentaires et notes qu'il nous livre dans ce superbe ouvrage. Il a su capter et apprivoiser la lumière de l'Afrique, restituer les couleurs les plus délicates, la grâce des animaux, et sa connaissance de l'anatomie animale est si ahurissante que certaines de ses peintures semblent être plutôt des photographies.


Le texte est lui aussi intéressant, bourré d'anecdotes et de passages tirés de ses carnets de voyages. Donaldson espère ainsi faire aimer l'Afrique et faire en sorte de préserver sa faune, ainsi que les peuples nomades, condamnés eux aussi à disparaître. Avec beaucoup de finesse et de sagesse, Donaldson nous interpelle sur la beauté du monde sauvage, nous confronte à notre conscience et à nos devoirs. Bref, un indispensable.


En tout cas, ces illustrations et peintures sont magnifiques, de quoi en rester ébahie...



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Mardi 24 novembre 2009

Premier classique choisi pour le challenge proposé par Marie sur son blog Les carabistouilles de Marie. En fait c'est une avant-première... Si vous cliquez sur le logo à la fin de mon billet, vous aurez la liste complète des participants.


Ecrit en 1898, Moonfleet est  un chef-d’œuvre de la littérature d’aventures que je place au même rang que l’île au Trésor. Il est disponible aux éditions Phébus, format Libretto.


Tout le monde se souvient j'espère du somptueux film de Fritz Lang (bien que différent du roman, et puis il y avait Stewart Granger que j'adorais) qui a contribué au regain d’intérêt du public (et des maisons d'édition) pour le livre.


Récit initiatique, histoire d’amour et d’amitié qui débute et se termine à Moonfleet, sombre village cerné par la brume où repose la tombe de Barbe-Noire. C’est d’ailleurs à cause du légendaire pirate et de son trésor maudit que le jeune John Trenchard, qui a 15 ans au commencement de cette aventure, et l’homme qu’il considère comme son père adoptif, le contrebandier  Elzevir Block, vont se transformer en chasseurs de trésor. L’espoir d’une vie meilleure, la haine que leur voue Maskew, le seul notable du village et père de la délicieuse Grace, et la soif de l’aventure vont pousser ces deux compagnons sur les traces du trésor de Barbe-Noire. Mais que d’angoisses, de trahisons et de malchance sur leur chemin. De la crypte des Mohune, en passant par les galeries souterraines de Purbeck et le château de Carisbrooke, nos infortunés héros auront passé plus de temps sous terre qu’à l’air libre. Et ils vont payer bien cher leur désir d’avoir voulu changer de vie.


J’ai beaucoup aimé l’histoire d’amitié, si touchante, entre John et Elzevir, où les sentiments et doutes sont si bien exprimés. Le style parfait de Falkner qui sait rendre une atmosphère, avare de mots et allant juste à l’essentiel est une belle leçon d’écriture. C'est beau et poignant, et c'est de la grande littérature populaire !

Une fois la dernière page tournée, on croit entendre le hurlement du vent sur la grève et les plaintes des âmes des naufragés qui errent dans la tempête. Un sentiment de regret et de tristesse pour ces deux vies gâchées, et la certitude d’avoir lu un chef d’œuvre de la littérature anglaise. 

 


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Dimanche 22 novembre 2009
Merci aux éditions Points et à Livraddict  pour m'avoir permis de découvrir ce roman que je n'avais jamais eu l'occasion de lire, malgré un titre prometteur...

Hélas, je ne ferai pas partie des inconditionnels, j'ai énormément peiné à la lecture, et cela a véritablement représenté une épreuve pour moi.
Pourquoi ? D'abord parce que j'ai l'impression d'avoir été flouée. Je pensais lire un roman en catégorie Fantasy, un de mes genres préférés, or ce n'en est pas vraiment. A mes yeux du moins.
Ensuite parce que je déteste refermer un livre en me disant que je n'y ai pas compris grand-chose, que j'ai probablement manqué l'essentiel. Il n'y a rien de plus frustrant.

Il m'est impossible de résumer ce roman découpé en deux volumes car c'est un emboitement d'histoires sur fond de saga familiale qui s'étend sur plusieurs générations. C'est l'histoire d'une maison, Edgewood, aux multiples aspects, et c'est le "personnage" central du livre, c'est aussi l'histoire d'un Conte qui doit bien avoir une fin et de la disparition probable, supposée du Petit Peuple.
Débrouillez-vous avec ça.
Roman très bien écrit, à la trame originale, mais si confus, si long, si bavard que je suis restée au bord de cette route qui mène à Edgewwood. Et alors pourquoi ce titre trompeur ? le titre original est Little big...

Et pourtant, au détour des pages, je dois admettre que l'on trouve des pépites. De magnifiques descriptions poétiques, des bribes d'histoires terrifiantes ou poignantes, un hymne à la nature (Ah le passage des saisons...), des lucioles et des forêts magiques, un jeu de cartes mystérieux, grand-père truite et Mme Underhill (tiens, c'est le nom d'emprunt de Frodon quand il arrive à Bree...), Titania et Obéron, Ariel et moults clins d'oeil à Shakespeare, petites références à Lewis Carroll (Sylvie et Bruno), une fausse petite fille qui finit en feu d'artifice, un clochard qui se transforme en arbre, et une mage qui devient cigogne (autre allusion aux grands contes classiques).

Aussi quel agacement devant ces longs passages consacrés à l'empereur Barberousse, aux démêlées d'Ariel Hawkskill avec son Club de messieurs influents, aux problèmes existentiels de Smoky et Aubéron fils (et d'ailleurs que d'incompréhensions entre tous ces personnages, que de mystères, de cachotteries qui finalement ont lassé la lectrice que je suis...). Des considérations philosophico-mystiques sans fin qui m'ont fait bailler d'ennui si souvent. Surtout que de nombreux passages sont restés obscurs pour moi. L'impression désagréable de ne pas avoir saisi toutes les allusions, de nombreuses interrogations qui subsistent (et que devient Brownie ? Qu'est-ce qu'apporte Bruno dans cette histoire ? et Barberousse ?), et surtout, des fées qui se font désirer. Ce n'est pas que je sois exigeante mais enfin, si l'auteur s'était davantage penché sur les créatures féériques, plutôt que sur la famille Drinkwater, j'aurai apprécié.
Enfin, je n'ai pas aimé non plus le fait que tous ces personnages, bien que se posant tous des questions, à tout moment de leur existence, de jour comme de nuit, sont finalement très passifs. Ils se laissent guider par les événements, leur Destinée, parce que du moment que les cartes le disent ma foi... Du coup, je ne comprends pas pourquoi la plupart d'entre eux passent autant de temps à s'interroger...
Comme dirait Alice (celle de Lewis Carroll), ce genre d'histoire n'est pas ma tasse de thé !



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Vendredi 20 novembre 2009
Voilà  un formidable roman centré sur une admirable figure d'homme qu'on oublie pas de sitôt.
Le romancier est d'autant plus fasciné par cette légende qu'est devenu Spartacus qu'il écrit son livre en 1951, soit en pleine période de Maccarthysme, dont il fut d'ailleurs une des victimes.

Le roman commence donc par la fin de Spartacus. Le long de la Voie Appienne, qu'empruntent de jeunes Romains oisifs pour se rendre dans leurs villas à la campagne, des croix ont été érigées sur lesquelles les derniers esclaves révoltés, crucifiés, finissent de pourrir.

Nous faisons connaissance avec deux personnages qui ont été mêlés au destin de Spartacus : le sénateur Gracchus et le général Crassus qui vont tour à tour évoquer leurs souvenirs. Pas très reluisants d'ailleurs. Rome, bâtie sur le sang, ne peut vivre sans les milliers d'esclaves qu'elle occupe à diverses tâches : le travail dans les mines, où la durée de vie n'excède pas 2 ans, les travaux agricoles, l'entretien des domaines et villas... les enfants sont vendus sur les marchés, les femmes servent de concubines, et les hommes, quand ils ont survécu à tout le reste, sont parfois formés pour être gladiateurs. C'est dans l'école d'un lanista que Spartacus le Thrace, fils et petit-fils d'esclaves, va rencontrer l'amour de sa vie, Varinia une esclave germaine, et ses deux futurs lieutenants, le juif David, le dernier à mourir sur la croix et le Gaulois Crixus, qui tombera sur le champ de bataille.
Ainsi naît la Révolte Servile, en 71 avant J.C., qui fit trembler la puissance de Rome et qui fut le fruit des rêves d'un homme. Durant quelques années les rebelles tiendront tête aux cohortes urbaines et aux légions romaines avant d'être finalement anéanties. Si Spartacus n'a jamais pu réaliser son rêve de fraternité et de liberté, il sema les graines de la révolte et Rome ne fut plus jamais la même.

Le roman de Fast, est donc noir et sanglant, nourri d'espoir pour l'humanité, et constitue donc une violente diatribe contre l'oppression, d'où qu'elle vienne. Le livre est basé sur des faits historiques et une bonne connaissance de la civilisation romaine. Même si les portraits des révoltés sont idéalisés, les Romains sont nuancés, Howard Fast s'est gardé d'un manichéisme primaire. Les historiens aujourd'hui se disputent les origines de Spartacus et il semblerait qu'il ait été légionnaire, plutôt qu'esclave, mais tous s'accordent sur sa fin... et personne ne sait ce qu'il est réellement devenu. Howard Fast s'est donc approprié le personnage pour en faire son héros, lui redonnant vie et chaleur, et c'est là sans doute la plus belle revanche de ce rebelle. Rome, humiliée par cette révolte d'esclaves, a cherché à effacer le nom de Spartacus, persuadée que l'Histoire ne retiendrait pas son nom. Mails il a survécu au cours des siècles, dans le coeur de quelques hommes, et de celui des quelques lecteurs qui songeront, un instant, à cette cruelle destinée, à ce vibrant hommage rendu par un écrivain de talent.
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Jeudi 19 novembre 2009
Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt
Théodore de Banville


Il chante encor, l'essaim railleur des fées,
Bien protégé par l'épine et le houx
Que le zéphyr caresse par bouffées.
Diane aussi, l'épouvante des loups,
Au fond des bois cache son coeur jaloux.
Son culte vit dans plus d'une chaumière.
Quand les taillis sont baignés de lumière,
A l'heure calme où la lune paraît,
Échevelée à travers la clairière,
Diane court dans la noire forêt.

De nénufars et de feuilles coiffées,
La froide nixe et l'ondine aux yeux doux
Mènent le bal, follement attifées,
Et près du nain, dont les cheveux sont roux,
Les sylphes verts dansent et font les fous.
On voit passer une figure altière,
Et l'on entend au bord de la rivière
Un long sanglot, un soupir de regret
Et des pas sourds qui déchirent du lierre :
Diane court dans la noire forêt.

Diane, au bois récoltant ses trophées,
Entend le cerf gémissant fuir ses coups
Et se pleurer en plaintes étouffées.
Un vent de glace a rougi ses genoux ;
Ses lévriers, ivres de son courroux,
Sont accourus à sa voix familière.
La grande Nymphe à la fauve paupière
Sur son arc d'or assujettit le trait ;
Puis, secouant sa mouvante crinière,
Diane court dans la noire forêt.

Prince, il est temps, fuyons cette poussière
Du carrefour, et la forêt de pierre.
Sous le feuillage et sous l'antre secret,
Nous trouverons la ville hospitalière ;
Diane court dans la noire forêt.

 


Mélusine

Jean Lorrain


Les bras nus cerclés d'or et froissant le brocart
De sa robe argentée aux taillis d'aubépines,
Mélusine apparaît entre les herbes fines,
Les cheveux révoltés, saignante et l'oeil hagard.

La splendeur de sa gorge éblouit le regard
Et l'émail de ses dents a des clartés divines ;
Mais Mélusine est folle et fait dans les ravines
Paître au pied des sapins la biche et le brocart.

Depuis cent ans qu'elle erre au pied des arbres fées,
Elle est fée elle-mème ; un charme étrange et doux
La fait suivre à minuit des renards et des loups.

Ses yeux au ciel nocturne enchantent les hiboux,
Et près d'elle, érigeant ses fleurs en clairs trophées,
Jaillit un glaïeul rose à feuillage de houx.

 


 

 


















My fairy

Lewis Carroll

 

I have a fairy by my side

Which says I must not sleep,

When once in pain I loudly cried

It said "You must not weep."

If, full of mirth, I smile and grin,

It says "You must not laugh;"

When once I wished to drink some gin

It said "You must not quaff."

When once a meal I wished to taste

It said "You must not bite;"

When to the wars I went in haste

It said "You must not fight."

"What may I do?" at length I cried,

Tired of the painful task.

The fairy quietly replied,

And said "You must not ask."

Moral: "You mustn't."

 

 


 

Par Folfaerie - Publié dans : Poésie - Communauté : Littérature Jeunesse
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Mardi 17 novembre 2009
Ah le chocolat... je suis une chocolat-addict, il me faut ma dose quotidienne, tablette (bio et issue du commerce équitable si possible), truffes, gâteau, crème, mousse, chocolat chaud... peu importe. Avec les années je suis devenue sélective, je n'achète que chez les grands chocolatiers, où les papilles sont autant sollicitées que les yeux. Lorsque je travaillais à Paris, c'était un rituel gourmand : tester une spécialité différente chez les plus célèbres chocolatiers de la capitale. Quel bon souvenir...

J'ai acheté le grand livre du chocolat il y a quelques jours. Une véritable torture !
Passée une intéressante introduction sur l'histoire du chocolat, une classification des grands crus et la liste des plus grands chocolatiers, à travers le monde, on trouve les recettes (et les photos) des plus célèbres gâteaux ou autres spécialités : de l'inévitable Reine de Saba en passant par le Sachertorte, la forêt noire, le parfait au chocolat blanc, des cheesecakes, des profiteroles, des cookies... et des créations plus originales comme des raviolis, boule de neige aux deux chocolats, etc. Marié à toutes sortes de fruits, au caramel, à la cannelle, aux alcools fins, le chocolat se décline dans une infinie variété de recettes.

Quand on est raide dingue du chocolat, un ouvrage à posséder absolument !

Naturellement, j'ai pensé au délicieux roman de Joanne Harris, Chocolat qui a été adapté au cinéma avec Juliette Binoche, Johnny Depp, Judi Dench, Alfred Molina entre autres. Un bien joli film avec des scènes qui mettent l'eau à la bouche :-)
J'aime particulièrement la scène  du déjeuner : voir la gourmandise des convives au fur et à mesure qu'ils goûtent aux plats... et la scène évidemment avec Alfred Molina qui craque enfin, et se met à manger frénétiquement les friandises de la chocolaterie où il s'est introduit par effraction.
 Que ne ferait-on pas pour du chocolat...


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Samedi 14 novembre 2009
J'ai toujours aimé les dragons ; je me souviens de quelques histoires lues, enfant, dans la bibliothèque rose (comme les 99 dragons par exemple), et puis de quelques films qui m'ont marquée comme Coeur de dragon ou le Règne du feu.
Il était donc fatal que je finisse par me procurer un ouvrage qui leur est consacré. En fait, ma liste contenait également 4 autres titres, et celui-ci m'a été offert.
C'est donc le premier volume illustré entre autres par JB Monge et John Howe.
Une belle présentation, et des illustrations de qualité.
Mes préférées : le dragon érudit de la page 5 (Aleksa Gajic), celui de JB Monge page 37, John Howe évidemment (et son guerrier ressemble à un elfe...), Angus McBride et son chevalier page 52, la lumière chez Todd Lockwood (page 28/29), les couleurs chez Paul Bonner, pages 30 et 35, enfin l'illustration de Tom Kidd page 79.

Les textes sont de JB Monge et Pascal Moguérou, rédigés dans une belle langue façon chroniques des temps anciens. Pourtant je n'ai pas trop accroché, excepté le texte poignant sur Ragnarok, et celui plus rigolo de la geste indigeste du chevalier Gaudebert d'Entrefion.

J'ai modérément apprécié les farouches guerrières dénudées, disséminées ici et là, enfin question de goût, que voulez-vous...
C'est un des aspects de la Fantasy que je n'aime pas trop. Ces mondes inventés avec des clans ou tribus aux noms un peu farfelus, proches des sonorités nordiques, toujours plus ou moins liés au monde de Tolkien. Je ne parviens pas à m'y intéresser, ce ne sont que de pâles copies; Et puis les vaisseaux volants ou les paysages où l'on peut admirer plusieurs lunes, non merci. Heureusement, on retrouve des figures familières comme les nains et les orcs, ainsi que quelques crayonnés de Monge.

Bon, je chipote un peu mais un bel ouvrage, qui ne m'a pas enthousiasmée autant que je l'aurai espéré, mais qui est vraiment agréable à feuilleter.
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Mardi 10 novembre 2009
Un récit de voyages et d'aventures comme je les aime...

D'abord, il nous permet d'avoir le regard d'une anglaise, et donc d'une femme, issue de la société victorienne sur le Colorado de l'époque, ensuite, parmi tous ces explorateurs et aventuriers anglais qui tentèrent de marquer ce XIXè siècle, Isabella Bird fut la première femme à entrer à la très fermée Royal Geographical Society en 1892, lui assurant ainsi une reconnaissance officielle au panthéon des aventuriers célèbres.

En 1873, elle quitta son Angleterre natale, sur les conseils avisés de son médecin, désireux de lui éviter de périr d'ennui (au sens littéral du terme). Elle fit bien entendu plusieurs voyages un peu partout dans le monde, mais le plus pittoresque est sans doute celui-ci.

Alors qu'elle était dotée d'une santé délicate, elle se transforma, sitot arrivée en Amérique, en une redoutable et intrépide aventurière, bravant dangers et inconfort pour aller découvrir et admirer dans toute sa splendeur l'Ouest mythique et sauvage, et les Montagnes Rocheuses en particulier. La voyageuse noua des relations d'amitié immédiate avec sa jument, Birdie, qui fit ce parcours de 4 mois avec elle et lui permit à de nombreuses occasions de sortir de plusieurs mauvais pas.

Chevauchées, péripéties, personnages pittoresques (le regard qu'elle porta sur les pionniers installés dans des fermes qu'ils tentaient de faire fructifier, des plus naifs aux durs à cuire, est également très intéressant) et paysages sublimes émaillèrent son parcours. Bien que dotée d'un solide sens pratique, son amour du romanesque fut sensible à certaines rencontres, dont celle d'un desperado, Mountain Jim, bandit aux galantes manières, qui constitua le seul épisode romantique de son voyage.

J'ai beaucoup aimé ce personnage de femme, et j'ai surtout admiré sa ténacité, son courage et son envie de liberté qu'elle n'a pas craint de satisfaire au mépris des conventions et des risques qu'elle pouvait encourir. A la fois récit dépaysant et témoignage historique, cette Anglaise au Far-west mériterait une bonne place dans toute bibliothèque de voyage.
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Vendredi 6 novembre 2009
C'est grâce à Blog O Book et les éditions Robert Laffont que j'ai pu choisir ce titre à chroniquer dans le cadre d'un partenariat.



Arthur Miller, c'est l'auteur des Misfits, des sorcières de Salem et de ce commis voyageur. Une grande claque au rêve américain et sa pièce la plus célèbre.
Willy Loman est un homme fatigué, au bout du rouleau, un type médiocre et banal qui se raconte des histoires pour briller aux yeux de sa famille et des amis et voisins. Licencié depuis peu de l'entreprise à laquelle il a consacré toute sa vie, Willy
réalise qu'il est hors course. Il se remémore le passé, plus tangible que son présent, et voit souvent son frère dans ces sortes de flash-back. Parallèlement à ce douloureux constat, il doit également affronter la triste réalité concernant ses fils : ce sont des ratés. Biff et Happy, la trentaine, pas encore fixés, un peu immatures, des petits boulots, des illusions, des mensonges, des regrets, des occasions manquées... Trois hommes qui se mesurent, s'affrontent, se défient et s'aiment pourtant.
L'aîné Biff semble différent. Il n'aspire pas forcément à une belle carrière, une réussite professionnelle, mais plutôt une vie à sa convenance.
On sent bien que Willy Loman aime sa famille. Il a une haute opinion de ses fils, persuadé qu'ils auront une grande vie, qu'ils seront des hommes qui comptent; Mais il les aime mal, en témoignent ces retours sur l'enfance de Biff et Happy. De plus, un lourd secret a provoqué un drame entre Biff et son père.
Loman et sa femme ont mis 25 ans à payer leur maison, et au bout du compte, tout change trop vite autour d'eux. Quelle récompense pour Loman ?
Mais le commis voyageur saura se sacrifier pour le bonheur des siens. Peut-être la seule chose de bien qu'il aura accomplie...

C'est une histoire toute simple, terriblement pathétique et plus actuelle que jamais. Miller parle de la banalité de nos petites vies, de la réussite, de la compétition et du respect (c'est quoi réussir sa vie ? Par rapport à qui, à quoi ?). On est loin du mythe de la réussite à l'américaine, où tout sourit au citoyen travailleur et acharné, où la vie familiale est harmonieuse.
J'avais les images de l'adaptation cinématographique en tête, Dustin Hoffmann dans le rôle de Loman, épatant comme d'habitude... En tout cas un sacré bon texte, et même si ce n'est pas une lecture très réjouissante, moi j'ai eu grand plaisir à lire ce classique de la littérature américaine.
Par Folfaerie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne - Communauté : Salon Lecture
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Vendredi 30 octobre 2009
En marge de Jim Harrison

Fan de Jim Harrison, c'est avec plaisir que je me suis plongée dans son autobiographie. Je passe sur la vie de Jim qu'il a déjà maintes fois dévoilée dans ses interviews et romans, pour m'attarder sur deux choses  : d'abord il voulait être poète et n'y est pas parvenu. Apparemment, bien que les poètes soient bien considérés dans le milieu universitaire, ça ne parait pas facile de se faire une place. Il donne une floppée de noms, poètes et/ou romanciers que je ne connais pas; A voir s'ils sont traduits en français mais ça donne envie de les découvrir. Et puis sa période hollywoodienne. Les auteurs qui ont été scénaristes pour Hollywood sont nombreux et ça ne date pas d'hier. Je suis toujours fascinée par le processus de création, comment passer de l'écrit à l'écran sans trahir. En tout cas le constat est amer pour Harrison et je le comprends. Un vrai panier de crabes Hollywood...
Cette autobiographie ne révolutionnera pas l'oeuvre de Big Jim, mais pour les amateurs, elle est indispensable.

Les heures de Michael Cunningham

Encore un titre dont je repoussais la lecture, pour une raison indéterminée, mais finalement, il semblait m'attendre à la bibliothèque municipale, et je me suis dit : "allez je me lance".
Je précise que je n'ai pas vu l'adaptation cinématographique, c'est un premier point.
Le second point c'est que je me suis considérablement ennuyée... Alors oui le postulat de départ est original, cette histoire parallèle entre trois femmes, à trois époques  différentes,  dont le lien est Mrs Dalloway, c'était une bonne trouvaille. Pour le reste ma foi...
Les seuls passages qui m'ont réellement intéressée sont ceux relatifs à Virginia Woolf. Après, suivre la vie ordinaire de deux femmes insatisfaites qui ressassent leur passé (Clarissa) ou leur mal être (Laura) fut une tâche bien ennuyeuse. L'éditrice lesbienne qui organise un dîner pour son ami mourant, et la femme au foyer qui rêve d'une autre vie m'ont plutôt donné envie de dormir ! Les regrets, l'insatisfaction, et on passe à côté de sa vie, et on est à la recherche de l'instant parfait... C'est du déjà vu et cela a été mieux raconté, par d'autres !
J'a lu ici et là des critiques élogieuses sur l'écriture. Quelque chose m'aura échappé sans doute. C'est bien écrit, bien que quelques passages m'aient parus artificiels, mais pas de quoi crier au génie.
Donc, je ne retirerai pas grand-chose de cette lecture.
Suis complètement passée à côté du roman, ça arrive parfois... Me reste à voir le film, il me fera peut-être changer d'avis qui sait ?

Les libérateurs de l'Irlande de Paul Féval

Voilà le résumé de l'éditeur : Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie au désordre, à l'occupation britannique et à l'émergence de multiples sociétés secrètes de tous bords, le peuple irlandais refuse de plus en plus cet insupportable destin.

C'est l'histoire à la fois dramatique et héroïque d'une de ces familles, les MacDiarmid, que nous conte ici Paul Féval : un roman de haine et de vengeance, d'amour et de mort dans un pays ruiné et déchiré à la veille d'un des épisodes les plus terribles de son histoire, la Grande Famine.

C'est un bon roman (dont je ne vais pas dévoiler l'intrigue pour ne pas casser le suspense) qui, à mon goût, souffre un peu de longueurs par moment et de raccourcis à d'autres ! Bizarre, je sais, mais j'ai trouvé que certains personnages étaient un peu sous-exploités, et on s'attarde sur certains événements qui auraient pu être... "raccourcis" justement.

Le principal intérêt du roman, plus que les histoires d'amour et de vengeance, c'est la description de cette société secrète : les Molly Maguire. Les historiens semblent assez divisés sur ses origines. J'ai découvert également que Martin Ritt avait tiré un film sur le sujet, d'après un roman de Arthur H. Lewis (roman non traduit en français). L'action se situe dans la Pennsylvanie de la fin du XIXe siècle, dans le monde des mineurs, avec deux fantastiques acteurs : Sean Connery et Richard Harris.

En tout cas, Féval réussit magnifiquement à décrire le climat de l'époque, triste et oppressant, où souffle néanmoins le vent de la liberté, et a su décrire toutes les ambiguités du caractère irlandais.

A noter que dans le roman de Carey sur le gang Kelly, que j'ai lu avant Féval, on y évoque aussi les Molly Maguire et d'une manière très déplaisante... Mon "affection" pour les Irlandais en a pris un coup...

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Le journal de la Comté

"It's a dangerous business, Frodo, going out of your door," he used to say. "You step into the Road, and if you don't keep your feet, there is no telling where you might be swept off to."




Le dernier album de Sting, pour lequel j'ai toujours eu un faible, s'intitule "if on a winter's night" en référence au livre d'Italo Calvino. Sting a toujours aimé les clins d'oeil littéraires, c'est ce qui me plait aussi chez lui; L'une des chansons "Christmas at sea" a été composée sur un poème de Robert Louis Stevenson. Je n'ai pas encore acheté l'album et j'ai très envie de l'écouter.



Sinon, je continue à écouter tous les jours ce que je considère comme le meilleur album du moment : No line on the horizon de U2. Suis fan depuis des années, et c'est vraiment un très bel opus, je ne m'en lasse pas...






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