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2014-03-25T21:04:56+01:00

Schroder (Amity Gaige)

Publié par Folfaerie
Schroder (Amity Gaige)

Dans un grand saladier, versez les ingrédients suivants : un homme immature, qui pleure l'amour de sa femme et aime mal sa fille, une usurpation d'identité, quelques mensonges, un voyage qui ressemble à un kidnapping, une petite fille très mature, une banlieue quelconque, mélangez et vous obtenez un road movie sauce Kramer contre Kramer, d'une triste banalité.

Face à l'avalanche de billets positifs, je serai donc la note discordante de ce masse critique.

Si l'écriture, enfin la traduction, n'est pas en cause, ni même le sujet a priori intéressant (sinon, je n'aurai pas eu l'idée de postuler pour ce titre...), c'est en revanche le déroulement du récit et le traitement réservé aux personnages qui ont fini par me lasser.

Eric Schroder, ou plutôt Kennedy, comme il a décidé de s'appeler, est un type banal. Prisonnier d'une enfance douloureuse (la fuite du père de Berlin Est, l'acclimatation aux USA, la recherche d'une nouvelle identité...), Schroder poursuit son bonhomme de chemin, sans trop comprendre les implications de ses actes. Il se marie, se sépare (à son grand regret) de sa femme Laura, n'obtient pas la garde de sa fille Meadows, prend les mauvaises décisions (comme partir brusquement avec la gamine), se défend mal (le roman est tout entier sa confession écrite à son ex-femme), enchaine les moments de doute et de joie, se perd dans des justifications, des explications d'une grande banalité. C'est un peu dur comme résumé, mais à aucun moment je n'ai ressenti la moindre empathie pour Eric, pour Laura, leur triste naufrage, je suis restée en dehors de ce récit.

L'idée de réinventer sa vie était pourtant infiniment séduisante, mais le roman, à mon goût, manque de profondeur et d'originalité, malgré quelques passages plutôt émouvants. Ici, c'est l'ennui qui a pointé le bout de son nez, dommage.

Je remercie néanmoins Babelio et les éditions Belfond pour ce partenariat.

« Entre chaque week-end de visite les semaines s'étiraient. Des jours mangés aux vers, mélancoliques, amplifiés, encadrés comme par des serre-livres par les samedis et dimanches où je pouvais profiter de sa présence. Puis venaient les week-ends sans elle. Le chagrin les rendait interminables.(...) lorsque ma fille arrivait enfin, à l'arrière de la Tahoe de son grand-père, la fatigue me tombait dessus. Je m'étais épuisé à l'attendre. Au bout du compte, le plus dur, quand on a été heureux à en mourir, c'est qu'au moment où votre vie se dégrade, on regrette de n'avoir jamais rien connu d'autre. »

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