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2014-05-04T18:21:16+02:00

La quête du Saint Graal

Publié par Folfaerie
La quête du Saint Graal

Une autre lecture au programme de ma licence en lettres modernes. Avant toute chose, voilà le résumé de l'éditeur :

"À une fête de la Pentecôte, le Graal apparaît aux chevaliers du roi Arthur réunis autour de la Table ronde et les rassasie d’une nourriture surnaturelle. Ils jurent alors de partir en quête pour le retrouver et pour percer ses mystères. Mais après tant d’années d’aventures, tous portent le poids du passé, avec ses combats, ses menaces, ses amitiés, ses amours, ses péchés. Tous doivent affronter épreuves et tentations. Les plus grands échouent, Gauvain, trop léger et trop inconstant, Lancelot lui-même, incapable de s’arracher à son amour coupable pour la reine Guenièvre. Les secrets divins sont réservés aux purs : Bohort, Perceval, et surtout Galaad, le chevalier vierge et prédestiné, le fils de Lancelot et de la fille du Roi Pêcheur.
Ce beau roman du XIIIe siècle est l’apogée de l’immense cycle romanesque centré sur les aventures de Lancelot du Lac*. Il l’éclaire d’une lumière nouvell
e, celle du Graal."

J'étais ravie d'avoir cette oeuvre au programme car je suis une inconditionnelle du mythe Arthurien et je possède de nombreuses versions à la maison; Il me manquait celle-ci, ça tombait à point.

Néanmoins, cette lecture n'a pas été une partie de plaisir.

Premier écueil, il faut bien connaître la genèse du mythe pour apprécier cet ouvrage. La quête du Saint Graal a été écrite entre 1220 et 1225, puis Chrétien de Troyes a élaboré son cycle entre 1160 et 1180. Antérieurs à l'oeuvre de Chrétien de Troyes, le roman de brut de Wace (que l'on trouve chez 10/18) date de 1155 et s'inspire de la fameuse historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, élaborée vers 1135. Autre célébrité, Robert de Boron rédige, vers 1190, ce qui est peut-être le premier roman en prose et en tout cas l'ébauche d'un cycle qu'ont peut lire en collection Bouquins chez Laffont sous le titre Merlin et Arthur : le Graal et le royaume. Enfin, on complètera ces lectures avec le non moins célèbre Thomas Malory qui a achevé son Morte d'Arthur en 1470 et Marie de France et ses lais (lire d'abord le Lai de Lanval).

Je ne dis pas qu'il faut nécessairement avoir lu tout ça, mais ça aide quand même à bien comprendre les partis pris et le cheminement de celui ou ceux qui ont écrit la Quête du Saint-Graal.

Les personnages-phares sont présentés de façon bien différente que chez Chrétien. C'est le personnage de Lancelot qui est le plus malmené car présenté de manière très négative. Il porte le poids de son péché (son amour coupable pour Guenièvre) et est donc complètement hors-course pour la quête. D'ailleurs, dans ce roman, les femmes sont quasiment inexistantes. Ce ne sont pas les exploits terrestres, les aventures amoureuses ou guerrières qui intéressaient l'auteur du roman mais bien la quête spirituelle.

Le public ciblé était celui des seigneurs et chevaliers que l'auteur cherchait à convaincre des valeurs chrétiennes d'humilité et de simplicité. On ne nous dit pas si ça a marché...

Revenons à l'histoire. Cette fameuse quête du Saint Graal est suivie par quelques 150 chevaliers de la cour du roi Arthur. Evidemment, nous n'en suivrons que quelques uns. On croise brièvement Melyant, Lionel, Yvain, Gauvain et Hector mais on s'attarde longuement sur Lancelot, Perceval, Bohort et surtout Galaad, l'Elu.

Les retours dans un passé très lointain sont fréquents, et l'auteur fait constamment référence à l'Ancien et surtout au Nouveau testament. Le Graal est d'ailleurs un personnage à lui tout seul ; il a beau être seulement un objet, il apparait et disparait à sa guise, se déplace seul. Il a un passé et un avenir. il est un peu magique quand même. D'ailleurs c'est bien la seule chose qui m'a intéressée à son sujet : il est l'héritier des fameux chaudrons des mythes celtiques (lisez Fetjaine, vous comprendrez...).

Les chevaliers que l'auteur a choisi de suivre, sont classés hiérarchiquement, Galaad se trouvant au sommet de la pyramide puisque nous savons dès les premières lignes que lui seul est l'Elu. Les autres chevaliers font un peu de remplissage si je puis dire. Tous rencontrent à plusieurs reprises des ermites. Ces derniers connaissent le passé mais aussi le présent des chevaliers et ont pour rôle de décrypter les rêves ou aventures des quêteurs (ce qui est aussi bien utile pour le lecteur !).

C'est donc une quête spirituelle, un voyage de l'âme pour trouver Dieu et à ce titre, la fin est on ne peut plus logique. Le grand Mystère, l'ultime Vision est réservée à Galaad qui peut ainsi mourir, heureux, son âme est emportée par les anges...

Alors bien sûr, pour moi qui suis quelque peu allergique à toute religion, tout ceci est un petit peu trop prêchi-prêcha à mon goût. Il est heureux que j'ai pu bénéficier d'un cours très solide autour de cet ouvrage car mon inculture relative à l'Ancien et au Nouveau testament s'apparente à un gouffre béant, ce qui est plutôt gênant pour lire cette quête du Saint Graal. Vous l'aurez compris, je n'aurais pas eu spécialement envie de lire cette version sans le programme de la fac. Ceci étant précisé, je me réjouis - tout de même - d'avoir plu glaner un peu de savoir supplémentaire grâce à cette oeuvre. En restera-t-il quelque chose dans 6 mois ? J'en suis moins sûre...

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