Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 17:19

Merci à Sandra qui m'a indiqué ce lien !

Quand on s'intéresse un tant soit peu au monde Amérindien, la lecture de la Très brève relation de la destruction des Indes s'avère vite incontournable et indispensable.
Révolté par le traitement infligé aux autochtones (Bartolomé de Las Casas se rend en Amérique dès 1514), il entre alors dans l'ordre des Dominicains et oeuvre à défendre les indigènes. Cette brève relation est en fait le mémoire qu'il adressa à Charles Quint en 1542. On peut également compléter la lecture de cet ouvrage par celle de la controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière.
Autant dire que l'oeuvre de Las Casas est unique et précieuse, et qu'elle constitue le texte fondateur de l'anticolonialisme.

Le talentueux Viggo Mortensen dont j'ai déjà dit beaucoup de bien dans une autre chronique, lit un extrait de ce texte en espagnol s'il vous plaît, à Los Angeles. Cela dure un peu plus de 8 minutes. C'est un vrai moment de plaisir...


Le lien vers Youtube :

link

Par Folfaerie - Publié dans : Chez les Amérindiens
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /Oct /2008 15:15

Un grand écrivain sur lequel je reviendrai, notamment pour parler de ses romans. Mais j'aime aussi le poète. Voici deux de mes poèmes favoris. D'abord la traduction française d'André Maurois du célébrissime If, et Mother O'Mine qui m'a durablement marquée...
Pour If, j'ai trouvé sur internet 5 traductions françaises dont la dernière date de 2006. Aucun nom ne m'était connu à part celui d'André Maurois. Je la mets sur mon blog pour deux raisons : d'abord, j'ai aimé ce que Maurois en a fait (les 4 autres ne m'ont pas plu), alors même qu'il traduit de manière très libre le poème de Kipling. Ensuite, et malgré le talent de certains traducteurs, eux-mêmes poètes ou écrivains, rien ne vaut le plaisir de lire un poème dans sa langue originale. A lire pour comparer...

If
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!

SI.....

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

 

 

 

Mother o' Mine
     
 If I were hanged on the highest hill,
Mother o' mine, O mother o' mine!
I know whose love would follow me still,
Mother o' mine, O mother o' mine!

If I were drowned in the deepest sea,
Mother o' mine, O mother o' mine!
I know whose tears would come down to me,
Mother o' mine, O mother o' mine!

If I were damned of body and soul,
I know whose prayers would make me whole,
Mother o' mine, O mother o' mine!


 

 

Par Folfaerie - Publié dans : Poésie
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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 11:06

J'ai toujours aimé le mythe du dieu Pan, voici quelques poèmes parmi mes préférés.



Hymn of Pan

    FROM the forests and highlands
        We come, we come;
    From the river-girt islands,
        Where loud waves are dumb,
    Listening to my sweet pipings.
        The wind in the reeds and the rushes,
            The bees on the bells of thyme,
        The birds on the myrtle bushes,
            The cicale above in the lime,
And the lizards below in the grass,
Were as silent as ever old Tmolus was,
    Listening to my sweet pipings.

    Liquid Peneus was flowing,
        And all dark Tempe lay
    In Pelion's shadow, outgrowing
        The light of the dying day,
    Speeded by my sweet pipings.
        The Sileni and Sylvans and Fauns,
            And the Nymphs of the woods and waves,
        To the edge of the moist river-lawns,
            And the brink of the dewy caves,
And all that did then attend and follow,
Were silent with love, as you now, Apollo,
    With envy of my sweet pipings.

    I sang of the dancing stars,
        I sang of the daedal earth,
    And of heaven, and the giant wars,
        And love, and death, and birth.
    And then I changed my pipings—
        Singing how down the vale of Maenalus
            I pursued a maiden, and clasp'd a reed:
        Gods and men, we are all deluded thus!
            It breaks in our bosom, and then we bleed.
All wept—as I think both ye now would,
If envy or age had not frozen your blood—
    At the sorrow of my sweet pipings.

Percy Bysshe Shelley


Pan

Pan d’Arcadie, aux pieds de chèvre, au front armé
De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé,
Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine.
Dès que l’aube a doré la montagne et la plaine,
Vagabond, il se plaît aux jeux, aux chœurs dansants
Des Nymphes, sur la mousse et les gazons naissants.
La peau du lynx revêt son dos ; sa tête est ceinte
De l’agreste safran, de la molle hyacinthe ;
Et d’un rire sonore il éveille les bois.
Les Nymphes aux pieds nus accourent à sa voix,
Et légères, auprès des fontaines limpides,
Elles entourent Pan de leurs rondes rapides.
Dans les grottes de pampre, au creux des antres frais,
Le long des cours d’eau vive échappés des forêts,
Sous le dôme touffu des épaisses yeuses,
Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ;
Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil,
Gardent le divin Pan des flèches du Soleil.
Mais sitôt que la Nuit, calme et ceinte d’étoiles,
Déploie aux Cieux muets les longs plis de ses voiles,
Pan, d’amour enflammé, dans les bois familiers
Poursuit la vierge errante à l’ombre des halliers,
La saisit au passage ; et, transporté de joie,
Aux clartés de la lune, il emporte sa proie.

Leconte de Lisle


Le visage du dieu Pan

Ce visage pensif sculpté par un vieux sage
dans le bois dur d'un buis centenaire et doré
n'est qu'une simple ébauche, une lointaine image
pour ne pas trop heurter ton esprit timoré.

Tu peux scruter longtemps la trame des feuillages
ou l'écorce des troncs sans jamais voir mes traits
tu dois d'abord passer par un apprentissage
qui saura te conduire vers ma vérité.

Quand tu auras appris à parler mon langage
et que tu pourras me retrouver dans l'abstrait
tu pourras aller bien au delà de l'image
accessible à tes sens que j'ai voulu montrer.

Car je suis libre et fort, je n'ai ni joies ni peines
je suis accord parfait avec le monde entier
je suis bien au delà des amours et des haines
et je ne promets pas alliance ou amitié.

Et si j'ai consenti à prendre ce visage,
homme, c'est pour te laisser deviner
le dédain amusé que, fou qui te crois sage,
m'inspirent ton orgueil et ton inanité !

Dago Laborel


Pan et la fortune

Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard
Avait perdu sa dernière pistole,
Et puis joué sur sa parole :
Il fallait payer sans retard ;
Les dettes du jeu sont sacrées.
On peut faire attendre un marchand,
Un ouvrier, un indigent,
Qui nous a fourni ses denrées ;
Mais un escroc ? L'honneur veut qu'au même moment
On le paye, et très poliment.
La loi par eux fut ainsi faite.
Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette,
Ordonne une coupe de bois.
Aussitôt les ormes, les frênes,
Et les hêtres touffus, et les antiques chênes,
Tombent l'un sur l'autre à la fois.
Les faunes, les sylvains, désertent les bocages ;
Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ;
Et le dieu Pan, dans sa fureur,
Instruit que le jeu seul a causé ces ravages,
S'en prend à la Fortune : ô mère du malheur,
Dit-il, infernale furie,
Tu troubles à la fois les mortels et les dieux,
Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie...
Il parlait, lorsque dans ces lieux
Tout-à-coup paraît la déesse.
Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;
Je n'ai point causé tes malheurs :
Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs,
Je ne fais rien. -qui donc fait tout ? -l'adresse.

Jean Pierre Claris de Florian


Le ballet des heures

(Le Dieu Pan parle :)

Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses
Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu'à l'amour.

Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure,
Qu'au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.

Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l'heure qui s'en va.

Vous trouverez toujours, depuis l'heure première
Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l'ombre des bois.

Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l'autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l'oubli du passé.

Que l'heure de l'amour d'une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c'est la mort ! Être deux, c'est la vie !
L'amour c'est l'immortalité !

Gérard de NERVAL



THE SONGS OF PAN

Why will you say that Pan is dead,
With his reed pipes scattered and torn?

I heard him play, where the willows sway

By a stream of song that lilts away,
A melody made in the morn ;

And he played of love and the sweets of a smile,

And of dreams come true in the Afterwhile,
Of the rose that hides the thorn.

Why will you say that Pan is dead,

With his reed pipes lost in the years?
I heard him weep with the winds that keep
Toll of the hearts on the land and the deep,
And he played with the drop of his tears
A melody made of the cries of the street,
Of the heavy throb of the passing feet,
Of the dead dreams and of fears.

Why will you say that Pan is dead,

With his reed pipes blown apart?
Even today you must hear him play,
Nor gold nor hell can drive him away

From the fields of the sun and the mart.
Listen awhile! Ah, is he dead?
Each day he has come as the years have fled,

And piped the songs in your heart.

Glenn Ward Dresbach

Par Folfaerie - Publié dans : Poésie
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 15:57
Bon, d'habitude les prix, je ne m'y intéresse pas et les prix Nobel encore moins, les gagnants étant d'obscurs écrivains à mes yeux, et dont les bouquins, à quelques rares exceptions près, ne m'attirent guère.
Mais, mais, mais, Le Clézio c'est autre chose. Je n'ai pas lu grand-chose de lui, je ne sais même pas si je vais faire l'effort de lire un autre de ses bouquins. Je le remercie cependant pour avoir écrit "le rêve mexicain ou la pensée interrompue", un très bel essai sur les civilisations précolombiennes, que j'ai découvert en lisant La controverse de Valladolid, de Jean-Claude Carrière et pour avoir préfacé L'Almanach du comté des sables d'Aldo Leopold.
Enfin, j'aime les écrivains qui savent aussi écrire pour les enfants. Et on doit à Le Clézio une belle histoire sur un sujet qui m'est cher : Voyage au pays des arbres, paru en poche chez Gallimard jeunesse.
Rien que pour ça, M. Le Clézio a mérité son prix Nobel...
Par Folfaerie - Publié dans : Autres considérations
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Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /Oct /2008 14:03

P1010001-copie-1.JPG Il y a des livres comme ça, qui dès les premières lignes font surgir des images, des lieux qui, même si vous ne les avez jamais parcourus autrement qu’en imagination, vous sont précieux. Pour moi, c’est l’image de la Grande Prairie américaine que foulent les troupeaux de bisons. Le continent américain a subi bien des désastres écologiques, et d’autres se profilent à l’horizon, mais rien n’est plus poignant ni plus significatif que la perte de la Grande Prairie et le massacre des bisons, évoqués avec regret par Aldo Leopold. Entre deux cours à l’université, ce dernier vient se ressourcer dans son domaine de 50 hectares de prés et de bois, situé dans le Wisconsin.

Au fil des mois, le naturaliste (qui a été aussi chasseur)  nous livre le fruit de ses observations et réflexions sur le monde sauvage qui l’entoure. Sur son domaine il croise cerfs, grouses, lapins, visons, ratons laveurs. Un arbre abattu permet à Leopold de remonter le temps et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Histoire du Wisconsin n’est guère brillante : 1872, mort du dernier dindon sauvage, 1899 le dernier pigeon migrateur est abattu, 1908 c’est le dernier couguar qui tombe sous les balles d’un chasseur, 1925 la dernière martre disparaît…mais malgré une biodiversité qui s’amenuise dans cet Etat, Leopold s’émerveille tous les jours du spectacle que lui offre la nature, que ce soit le concert symphonique des oiseaux à l’aube, où les couleurs délicates de la rivière à un certain moment de l’année.
Dans la seconde partie du livre, intitulée « quelques croquis » , Leopold évoque, entre autres, le destin des grands carnivores américains, l’ours et le loup en particulier, éternels condamnés, sacrifiés à l’autel du profit. Un épisode de jeunesse lui revient, particulièrement désagréable, et lorqu'il s'approche du corps de la louve qu'il vient d'abattre, il mesure alors les conséquences douloureuses de son acte. La montagne est malade de la disparition des prédateurs mais qu’importe, l’homme n’a pas appris à penser comme une montagne, et ce constat lui inspire cette belle phrase reprise de Thoreau : « le salut du monde passe par l’état sauvage ». C'est assez malheureux d'entendre un si beau discours de la part d'un chasseur. Cela m'a d'ailleurs rappelé un peu le parcours de James Oliver Curwood...

La dernière partie « en fin de compte », est un constat, amer forcément, et une série de propositions sur la façon d’aborder l’écologie et les moyens de protéger la nature.
Publié en 1949, cet Almanach n’a pas pris une ride. Outil de réflexion et de connaissances, l’ouvrage d’Aldo Leopold est aussi une formidable invitation à nous émerveiller devant les beautés de la nature.

Par Folfaerie - Publié dans : Naturellement Nature... - Communauté : Salon Lecture
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 14:47

 

Attention, je préviens tout de suite, je suis une fan absolue de Sherlock Holmes. Qu'on se le dise.
Allergique aux polars, je fais quelques rares exceptions, et notamment pour le génial Sherlock.
Les adaptations cinématographiques ou les séries télévisées sont la plupart du temps insupportables à regarder.
Exception faite de : le Chien des Baskerville, la version avec Peter Cushing, un régal. Elémentaire mon cher Lock Holmes, hilarant, avec le génial Michaël Caine et La vie privée de Sherlock Holmes de Billy Wilder qui m'avait bien plu, avec Robert Stephens et Colin Blakely.




Je garde également un bon souvenir d'un film produit par Spielberg je crois, et narrant les aventures du jeune Sherlock, Le secret de la pyramide.

Bon. Mais à part ça, le reste ne vaut pas tripette.
Il y a quelques jours à peine, conférence de presse du nullissime réalisateur Guy Ritchie qui annonce sa version de Sherlock. Je déteste ce type, le seul film que j'ai apprécié est Snatch, plutôt pas mal fait et qui, à mon humble avis, doit beaucoup à la prestation de Brad Pitt.
De savoir que c'est sur ce gars que va reposer l'avenir du célèbre détective londonien... va me filer des cauchemars.
Laissons de côté le scénario dont personne ne sait rien pour l'instant (mais je subodore déjà de nombreuses trahisons), pour passer directement au casting.
Sherlock sera interprété par le très bon Robert Downey Jr. Une bonne surprise car malgré ses problèmes récurrents avec la drogue, Downey est un acteur de talent qui sait se transformer à volonté. Un bémol cependant, Robert est un citoyen américain. Ce ne sont pas les bons acteurs anglais qui manquent, pourquoi un américain ? Avec Ritchie aux commandes de toute façon, je crains le pire...
Watson, lui,  aura les traits de Jude Law. Une nouvelle qui me laisse un peu  perplexe. J'adore Jude Law. Vraiment. Un des meilleurs acteurs Britanniques. Mais j'ai un peu de mal à l'imaginer en Watson. Encore plus de mal à visualiser ce curieux tandem.



Comparativement, et avant même de voir le résultat à l'écran, le tandem Michaël Caine-Ben Kingsley était évident. Et le fait est que leur duo est épatant.
Mais là, Robert Downey et Jude Law, c'est un couple sur lequel je ne parierai pas.
Encore une déception à venir, sûrement...

Par Folfaerie - Publié dans : Du papier à la pellicule - Communauté : cinéma et littérature
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Jeudi 18 septembre 2008 4 18 /09 /Sep /2008 11:59

 

Merci pour quoi ? D'abord, pour avoir préfacé le seul ouvrage en français sur Cicely Mary Barker (et peut-être a-t-il soufflé l'idée aux éditions Hoêbeke ?). L'une des spécialistes anglaises des fées, presque inconnue en France dont je recommande chaudement la lecture. Elle est vraiment belle cette préface.

Merci aussi pour tout le reste... pour continuer à faire vivre le monde des fées à travers les livres, et les entretiens accordés aux médias. Je l'ai entendu il y a quelques semaines sur je ne sais plus sur quelle radio. Il était l'invité de Frédéric Mitterand. Emission passionnante de bout en bout grâce à lui. Auteur des fameuses encyclopédies, des Contes du Petit peuple (celui-là je l'adore) et de bien d'autres ouvrages, Pierre Dubois est l'une des rares personnes avec qui discuter des fées semble aller de soi.
Excepté pour ceux qui fréquentent assidûment le monde de Féérie, qui sauront certainement de quoi je parle, vous ne sauriez  imaginer à quel point il est difficile de discuter du conte de fées dans son entourage... C'est un genre littéraire méprisé ou ignoré des adultes (je l'ai constaté à de très nombreuses reprises), même si parfois, certaines lectures comme Le Seigneur des Anneaux, permettent d'amorcer une discussion (dans ce cas précis, l'oeuvre est jugée suffisamment importante même par ceux qui ne connaissent rien à la Fantasy).
Le pire, c'est lorsque vous abordez le sujet même des fées... il y a ceux qui pensent que vous êtes une attardée mentale, ceux qui vous disent touchée par le syndrôme de Peter Pan, ou bien qui vous qualifient d'excentrique perdant son temps à des choses sans intérêts et puériles...

Je plains sincèrement tous ces pauvres diables englués dans leurs petites vies banales, étriquées et sans imagination ni poésie...

Un extrait d'une interview de Pierre Dubois (du magazine LIRE) que j'avais particulièrement aimée :

L'auteur de La grande encyclopédie des lutins croit aux fantômes et au génie des lieux. «Je suis né dans la forêt ardennaise, mon nom est Dubois, Robin des Bois est mon héros d'enfance et j'ai la maladie de Forestier, un mal de dos qui peut me laisser pétrifié si je me baisse trop!» raconte-t-il en allumant un feu de bois, avant de décapsuler une bière belge. Nourri de culture anglo-saxonne, le barde sexagénaire a découvert le monde de l'étrange avec Bram Stoker, Mary Webb, les sœurs Brontë. Il a cultivé son jardin celtique en lisant Walter Scott, Lewis Carroll et Stevenson: «Ma fascination m'a amené en Angleterre pour un voyage littéraire: la tombe d'Alice Liddell, les paysages de Moonfleet et des Baskerville. Les Anglais n'ont pas honte de leurs fantômes, ils les racontent. Nous, on tue les nôtres, on les enterre sous le béton. J'ai recréé une maison où je peux rencontrer les miens.» Il désigne un olifant enguirlandé d'un greffon, pendu au plafond: «J'ai cueilli cette branche sur la tombe de Rob Roy, en Ecosse.» Le monde de l'enfance ne le quitte pas: «Je me réfugiais dans la buanderie, le feu ronflait, l'eau ruisselait sur les vitres, la lumière s'embrasait au plafond, animée par le souffle du dragon. Et il y avait ces livres magiques. C'était mon univers, que j'ai retrouvé dans le jardin peuplé de lutins, puis dans les films.» Des affiches peintes décorent les murs de sa maison, jusqu'aux toilettes: Scaramouche, Camelot, David Balfour, La flibustière des Caraïbes... «Le jeudi, ma mère, sorte de Jennifer Jones à tête de squaw, m'emmenait en cachette voir Ivanhoé, La flèche noire et Le corsaire rouge.» Il se rêve en chevalier errant, en cavalier solitaire. «J'ai toujours détesté l'école, le foot et ces singes qui nous dominent. Seuls le livre, l'image et la musique me calmaient. Entre une mère possessive et un père absent, Pierre Dubois a développé une culture interdite. Adolescent, il voulait être tueur à gages. Dans son salon encombré de bibelots, de figurines elfiques et d'armes anciennes, une bibliothèque est consacrée à Jack l'Eventreur, une autre à Conan Doyle. Il a cherché une figure paternelle dans les capitaines Achab et Crochet, Long John Silver, «un père infirme, un peu tordu». L'univers chaotique du monde merveilleux de l'enfance se retrouve dans le grenier, où se côtoient Peter Pan, Chéri-Bibi, Mac Orlan, Le journal du voleur et L'encyclopédie des superstitions... Les livres s'entassent, entre pommes mises à sécher, faisan empaillé, tableau satanique, sorcier de carton-pâte, Vierge à l'enfant, casque viking, mâchoire de rongeur, tricorne de la marine britannique et une «clef de mort», épée à panier dont la garde porte le «S» des Stuart.


Par Folfaerie - Publié dans : Contes et légendes, Fantasy, Fantastique
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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 18:09

 

"Si des histoires de mer aux chansons de matelot,
La tempête et l'aventure, la chaleur et le froid,
Si des goélettes, les îles, les robinsons marronnés, et les flibustiers, et l'or bien caché,
Et toute la vieille histoire romanesque... peuvent plaire comme elles m'ont plu autrefois,
... - Alors, ainsi soit-il, allons-y !"

 

 

 

J'ai toujours aimé les aventures de pirates, et la littérature est assez riche en bouquins de ce genre, voici ma petite sélection :

Honneur au classique des classiques, j'ai nommé "L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson. Une histoire comme on en a pas écrit depuis, un coup de génie impossible à refaire, bref le grand frisson de la littérature de piraterie. Et attention, il n'y a pas d'âge pour le lire, n'allez pas croire qu'il est "réservé" à la jeunesse...
Après et dans le désordre, la suite si l'on peut dire, de l'île au trésor, on la doit à Bjorn Larsson qui a imaginé la vie du terrible "Long John Silver" (paru en poche). Une réussite littéraire inconstestable, moi j'ai adoré. Respect du personnage clé et hymne à la liberté. Après ça on a tout de suite une grande envie de s'embarquer pour le grand large...
Dans la catégorie chef-d'oeuvre, on ne peut passer à côté de Robert Margerit et l'île des Perroquets.  Découvert un peu par hasard, parce que j'aime beaucoup les éditions Phébus et que je surveille leurs parutions, et puis la préface de JP Sicre (l'ancien "chef" de Phébus) m'avait emballée. En règle générale, les préfaces de Sicre et celles de Michel Le Bris ne m'ont jamais déçue, je me précipite sur tous les bouquins qu'ils recommandent.
Donc disais-je, ce très bon roman de pirates mérite d'être redécouvert.



Autre choc littéraire, même si on s'éloigne un petit peu du roman de piraterie traditionnel, le crépusculaire "Moonfleet" de JM Falkner (éditions Phébus) que j'ai adoré. C'est le film, les Contrebandiers de Moonfleet avec l'inoubliable Stewart Granger qui m'a mis sur sa piste, il y a fort longtemps. Une histoire d'amitié fort poignante sur fond de chasse au trésor de Barbe-Noire.

Un bel hommage de Jean-François Deniau au flibustier Laffitte dans son roman "la Désirade" et que je recommande avec enthousiasme. Et puis que serait une bibliographie consacrée aux pirates si je ne mentionnais pas l'Histoire générale des plus fameux pirates de Daniel Defoe, parue en deux volumes chez Payot, excellente introduction au monde de la piraterie, ainsi que la trilogie de Louis Garneray, toujours chez Payot. Du pirate au corsaire, il n'y a parfois qu'un pas. C'est souvent drôle, parfois très exagéré mais plein d'aventures et résonnant du fracas des batailles.



Un petit détour chez Corto Maltese d'Hugo Pratt, la version romancée de la ballade de la mer salée, parue en poche chez Folio. On y croise des pirates bien sûr, et de toute façon j'ai un faible pour Corto, alors...

Autre curiosité littéraire, les Corsaires du roi de T'Serstevens, éditions Arléa, en poche. Inégal mais plaisant.

Enfin, dans la fabuleuse saga du capitaine Jack Aubrey (mais qui fera l'objet d'une chronique à part très bientôt) on croise de redoutables flibustiers, et le dernier volet des aventures du capitaine Alatriste "corsaires du levant" doit certainement traiter du sujet. Je compte l'acheter dès sa sortie en poche.


livres4.JPG

Par Folfaerie - Publié dans : Sur les océans
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /Sep /2008 21:10

C’est un genre littéraire que j’adore depuis que je suis enfant. Surtout devrai-je dire, depuis la lecture des Trois Mousquetaires. Le nom d’Alexandre Dumas est indissociable du roman de cape d’épée. Donc les Trois mousquetaires bien sûr mais aussi les deux volumes qui lui font suite, et la Dame de Montsoreau figurent parmi mes titres préférés. J’ai eu la chance d’aller voir la pièce que Marcel Maréchal en a tirée à Paris, c’était fantastique.
Mais il n’y a pas que Dumas. Le Bossu de Paul Féval est un autre grand moment de lecture. Lui aussi associé à un nom célèbre : Jean Marais. L’adaptation cinématographique a enchanté mon adolescence au rythme des rediffusions à la télévision. Dans une moindre mesure (mais j’avoue ne pas les avoir relu depuis fort longtemps) on pourra également se plonger dans les œuvres de Michel Zévaco (les Pardaillan) et Ponson du Terrail.

 

http://www.images-chapitre.com/ima1/original/346/23668346_3892744.jpg

 

Une fois de plus grâce au cinéma, j’ai découvert le Prisonnier de Zenda d’Antony Hope, publié en 1894. La somptueuse version avec Stewart Granger demeure un excellent souvenir. Indisponible hélas. Avec un peu de chance, on peut le trouver chez les bouquinistes.
J’aime également le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier. Publié de 1861 à 1863 en feuilleton, après moult péripéties, le Capitaine fut notamment interprété au cinéma par Jean Marais. C’est, à mon goût, un peu moins impétueux et bondissant que le Bossu.
Autre héros virevoltant qui a marqué mon enfance, l’insaisissable Mouron Rouge de la Baronne Orczy dont les aventures ont été publiées en un seul volume par Omnibus. Sir Percy Blackeney fit son apparition pour la première fois en 1905 sur les planches d’un théâtre londonien. Le succès fut tel que la Baronne l’adapta en romans. En revanche aucune des adaptations cinématographiques ne m’a emballée. Mais je lis et relis ces romans depuis des années sans me lasser.
Stewart Granger, encore lui, interpréta avec brio un autre héros de la littérature de cape et d’épée : Scaramouche. Ce roman de l’anglais Rafael Sabatini, publié en 1921 est longtemps demeuré introuvable en français jusqu’à ce que les éditions Phébus lui donnent une nouvelle chance. Histoire de vengeance sur fond de Révolution Française, ce Scaramouche est peut-être un tout petit moins flamboyant que son adaptation cinématographique, mais c’est l’un des indispensables d’une bibliothèque consacrée au cape et d’épée.

 

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Chez un bouquiniste, je suis tombée par hasard sur un roman de Gobineau que je ne connaissais pas du tout et qui se révéla une excellente surprise : le Prisonnier chanceux ou Jean de la Tour-Miracle. Paru en 1846, ce roman raconte les aventures de Jean de la Tour-Miracle (du nom du château), jeune Gascon et fils d’un gentilhomme quelque peu rigide. Parce qu’il est amoureux de Melle de Castillac, ce qui contrarie fort son père, le jeune homme va s’embarquer pour une série d’aventures ponctuées de duels, cavalcades et de coups bas. Un clin d’œil au Maître Dumas.
Toujours au hasard d’un flânerie en librairie, j’ai déniché la trilogie de Luigi Natoli, que l’on surnomme le Dumas italien. : le Bâtard de Palerme est paru en 1909 et fut suivi de la mort à Messine et Coriolano. Une histoire trépidante de la secte des Beati Paoli dans la Sicile du 18ème siècle. Ce sont de gros pavés certes, mais on ne s’y ennuie guère.
En 1962, Roger Nimier a eu la bienheureuse idée de combler un trou de quelques années dans la vie de D’Artagnan. Son D’Artagnan amoureux publié par Gallimard est un régal. On y croise la future Madame de Sévigné, Bussy-Rabutin, son cousin, l’excentrique Pélisson de Pélissart et quelques autres fameux personnages.
En parlant des Mousquetaires, on doit également une trépidante trilogie (qui se déroule sous Louis XIII) à Hubert Monteilhet, commencée en 1999 avec De plume et d’épée. Ce titre sera suivi par Les cavaliers de Belle-île et Au royaume des ombres. Fort injustement, le troisième volet n’est pas paru en poche, faute de succès paraît-il…

Après ça, je me disais que le cape et d’épée était un genre moribond en France. En 1998 cependant, le capitaine Alatriste de l’écrivain espagnol Arturo Perez-Reverte, un grand admirateur de Dumas,   était  traduit en français. Je suis passée à côté pour heureusement découvrir l’édition poche en 2000. Depuis je suis devenue une inconditionnelle d’Alatriste. J’ajouterai que Perez-Reverte est également l’auteur d’un autre bon roman de cape et d’épée à lire absolument : le maître d’armes.

 

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Par Folfaerie - Publié dans : Les classiques
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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 11:29

Viggo Mortensen... en voilà un homme fascinant. Acteur de talent (inoubliable Aragorn !), mais aussi peintre, musicien, poète et photographe, Mortensen est l'auteur de nombreux ouvrages tous édités chez Perceval Press. Mes deux préférés jusqu'à présents étaient Miyelo, une série de photographies panoramiques consacrée à une Ghost Dance lakota, et The horse is good, bel hommage au cheval. Ce nouveau livre de photographies devrait me plaire car il traite des arbres et des forêts. Photos, poèmes, bribes de textes. D'après la rumeur, Viggo reverserait une part des bénéfices des ventes à une association de protection de la nature en Islande. Par ailleurs un exemplaire dédicacé de Skovbo a été vendu aux enchères au profit de 1,2,3 Hi Baby! une association qui s'occupe des enfants de la réserve Lakota de Pine Ridge. Artiste complet et homme engagé...

Le hic, c'est que ses livres ne sont pas disponibles en français. Encore un auteur injustement boudé par les éditions françaises.

Par Folfaerie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne
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2012 commence bien : en octobre est sorti le 7ème volume des aventures du Capitaine Alatriste :

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