Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 07:17

Je me souviens avoir été frappée dès ma première lecture de la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald. Qui m'est toujours restée en mémoire. Quand j'ai pu avoir l'occasion de voir, enfin, l'adaptation de Fincher, je me suis ruée dessus !

Il me semble cependant utile de donner quelques précisions : j'ai lu pas mal de billets sur Benjamin Button, il en ressort que ceux qui ont lu la nouvelle de Fitzgerald après avoir vu le film ont généralement été déçus. Mon conseil est donc de lire Benjamin au préalable. Ma seconde remarque portera sur le genre de la nouvelle : j'ai lu des choses un peu absurdes il faut bien l'avouer concernant les attentes de certains lecteurs. Non ce n'est pas du fantastique, et non le point le plus important n'est certainement pas de savoir comment la mère de Benjamin a pu accoucher d'un vieillard !

Même si le point de départ de cette histoire est peu banal, les amateurs de SF ou de Fantastique peuvent donc passer leur chemin...

 

Je vais maintenant brièvement faire état des différences entre la nouvelle et le film.

Fincher s'est inspiré des 50 pages de la nouvelle pour aborder les thèmes de cette histoire à sa façon.

- Dans la nouvelle : le Benjamin de Fitzgerald nait à Baltimore en 1860, il connaît ses deux parents, Mr et Mme Roger Button, tombe amoureux d'une jeune femme,Hildegarde et a un fils, Roscoe,

- Dans le film : Benjamin naît à la Nouvelle-Orléans en 1918, on change donc d'époque. Et puis la mère meurt lors de l'accouchement, et le père, Roger Button, se débarrasse aussitôt de ce drôle de bébé dans une pension pour retraités tenue par une jeune femme noire extraordinaire qui va devenir la mère adoptive de Benjamin.

Autre différence, Benjamin a une fille, interprétée par Julia Ormond qui découvre l'indentité de son père fort tardivement et surtout, l'histoire d'amour n'a plus grand-chose en commun. Cette histoire d'amour est le centre du film de Fincher.  Benjamin rencontre Daisy, petite fille, et la retrouvera à intervalles réguliers jusqu'à ce que tous deux soient prêts à vivre leur histoire.

 

Le réalisateur a également gommé un aspect important de la nouvelle : l'humour. Pourtant, l'adaptation ciné est une belle réussite, portée par un très beau casting. 

 

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Si l'humour a disparu, Fincher a cependant eu la bonne idée de transposer l'histoire de Benjamin à la Nouvelle-Orléans, où un destin aussi excentrique peut s'épanouir sans provoquer trop d'étonnement. Il y a quelque chose de magique à la Nouvelle-Orléans, ce qui permet l'inclusion de jolies scènes comme l'introduction (l'horloge fabriquée par M. Gateau qui a perdu son fils lors de la Grande Guerre) ou les petites histoires imbriquées (le pensionnaire qui s'est fait foudroyé un nombre incalculable de fois).

 

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«Les rares personnes à qui la courtoisie ne faisait jamais défaut durent se creuser la cervelle pour trouver des formules de félicitation adéquates à adresser aux parents – ils eurent finalement l’ingénieuse idée de déclarer que le bébé ressemblait à son grand-père».

 

 

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Benjamin était au bord de la demande en mariage. Il fit un effort pour se dominer.

_ Vous êtes juste à l’âge romantique, continuait-elle : cinquante ans ; A vingt-cinq, on est trop superficiel, à trente c’est la pâleur du surmenage, quarante c’est l’époque des longues histoires qui prennent à raconter le temps d’un cigare entier, soixante c’est… bah c’est trop près de soixante-dix, mais cinquante c’est mûr à point. Cinquante ans j’adore.

 

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Six mois plus tard, quand les fiançailles de Melle Hildegarde Moncrief à Benjamin Button furent connues (connues dis-je, car le général Moncrief se serait fait hara-kiri plutôt que de les annoncer)  l’émotion fut à son comble dans la haute société de Baltimore.  On se rappela l’histoire presque oubliée de la naissance de Benjamin. Portée par un vent de scandale, elle prit les formes les plus incroyables et  rocambolesques. On insinua que Benjamin Button était en réalité le père de Roger Button, son frère qui venait de purger quatre ans de prison, John Wilkes Booth sous un faux nom, et même qu’il avait sur la tête deux petites cornes pointues.

 

 

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L'émotion est davantage présente dans le film, suscitée par une galerie de personnages extraordinaires dont celui de la maman adoptive. Mes passages préférés sont d'ailleurs ceux qui se déroulent au sein de la pension. Oserai-je avouer que l'histoire d'amour entre Benjamin et Daisy ne m'a pas énormément touchée ? C'est en partie à cause du personnage de Daisy, interprétée par Cate Blanchett, qui n'a rien de bien particulier, mis à part sa peur de vieillir, qui influe sur sa vie professionnelle comme sur sa vie privée. Daisy commence vraiment à me plaire lorsqu'elle vieillit, car alors, Benjamin rajeunit, et leur histoire devient réellement tragique et romantique. Si le film est beau et permet d'appréhender des thèmes intéressants sur notre relation au temps, à la vieillesse, sur les occasions manquées et notre (in)aptitude au bonheur, le film demeure trop classique dans son traitement, j'aurai apprécié davantage de fantaisie, d'autant que le personnage de Benjamin, magnifiquement incarné par Brad Pitt, est davantage spectateur de sa propre vie qu'acteur, ralentissant le rythme du film. Malgré ces quelques petites réserves, j'ai été séduite par la réalisation de Fincher, et par les prouesses technologiques (le vieillissement puis rajeunissement de Brad Pitt sont saisissants !). En raison de ces grandes différences, il serait donc dommage de se priver de la lecture de la nouvelle de Fitzgerald, vous l'aurez compris...

 

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Par Folfaerie - Publié dans : Du papier à la pellicule - Communauté : cinéma et littérature
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 07:26

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Je tenais absolument à présenter ce roman qui, hélas, est épuisé chez l'éditeur, mais que l'on peut encore trouver d'occasion sur le web.

 

C’est une étrange biographie pour une femme singulière qui méritait bien qu’on lui consacrât un ouvrage. Considérée comme une mythomane, Daisy Bates consacra la majeure partie de sa vie à étudier les mœurs des Aborigènes avec qui elle vécut, dans l’espoir d’attirer l’attention des autorités sur leur situation dramatique.

Venue d’Irlande, Daisy ne fut pas une femme heureuse, elle n »tait ni une épouse modèle ni une mère affectueuse, d’ailleurs elle oublia très vite son mari et son fils ; Elle aspira sans cesse à une autre vie et pourtant, elle avait à cœur de défendre les intérêts des Aborigènes. Tous les travaux qu’elle effectua, notes, études, articles furent copiés et pillés par des universitaires peu scrupuleux si bien qu’elle n’en tira ni gloire ni reconnaissance.

 

Elle s’inventait des amis, des relations, des admirateurs, évoquait des lieux qu’elle n’avait jamais vus, racontaient des anecdotes brodées de toutes pièces… elle changeait son passé au gré de ses humeurs et de ses envies.

L’auteur de cette singulière biographie se laisse peu à peu fondre dans l’ombre de Daisy, évoque ses propres souvenirs, imagine les sensations et pensées de celle que les Aborigènes surnommaient Kabbarli, l’Aïeule à la peau blanche, si bien qu’on ne sait plus qui, de Julia ou de Daisy, évoque sa vie.

Un beau récit, poétique et original, tout entier illuminé par la beauté du désert australien.

 

Au cap Bight, les falaises disparaissent et il faut pénétrer dans un ruban onduleux de dunes de sable blanc qui miroitent et changent de forme comme des bancs de nuages dans un ciel clair. Les chameaux pourraient se croire chez eux, dans le désert de l'Arabie, foulant le bon sable chaud de leurs pattes capitonnées. Puis nous traverserions une région boisée et marécageuse jusqu'aux lacs salés de Yalata, avant d'arriver à Fowler's Bay.

 

Par Folfaerie - Publié dans : Chez les Aborigènes d'Australie - Communauté : Salon Lecture
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 14:55

Merci à Charlotte et aux éditions du Fleuve Noir qui m'ont permis de faire connaissance, enfin, avec un personnage fort célèbre de la littérature Fantasy, Elric de Melniboné. Sa première apparition date de 1961, et depuis le cycle s'est enrichi de plusieurs romans et nouvelles. Pour ma part, j'ignore pourquoi et comment j'ai pu passer à côté de ce célèbre albinos, d'autant que de nombreux écrivains de toutes nationalités (De Pierre Pevel à Neil Gaiman, en passant par Pierre Bordage, pour ne citer que ceux-là), s'en sont emparés pour écrire des suites, des hommages, pastiches etc.

 

Ce roman ci est signé par Moorcock bien sûr mais aussi par Fabrice Colin. L'occasion rêvée de lire enfin un roman de ce jeune auteur prolifique et  adulé par beaucoup.

 

Voici le résumé de l'éditeur :

Prince déchu, dévasté par la mort de son aimée, Elric de Melniboné a juré de ne plus jamais se servir de Stormbringer, son épée maudite qui boit les âmes et lui procure sa puissance et sa vitalité.
Accompagné de son fidèle compagnon Tristelune, Elric, abattu et mourant, part en quête de son dernier espoir : l'Anémone Noire, une plante magique ne fleurissant qu'une fois par siècle, qui pourrait lui redonner des forces et de grands pouvoirs. Pour la trouver, il doit gagner les ruines de Soom, une cité perdue au coeur d'une jungle inhospitalière infestée de créatures maléfiques...

 

J'ai été séduite par l'écriture, autant que par le personnage d'Elric. Affaibli, mourant, en proie à une sombre malédiction, Elric parcourt d'étranges royaumes dont les descriptions sont captivantes. Ce héros torturé aurait pu paraître bien froid s'il n'était accompagné de son ami Tristelune. Loyauté et affection semblent les unir malgré les hésitations parfois agaçantes d'Elric et son égoïsme forcené. Je ne connais donc pas le mythe mais il me semble que la trame est très classique, dans le bon sens du terme. On peut déceler plusieurs influences littéraires chez ce héros solitaire et maudit. Notamment scandinaves. Mais les tragédies qu'il provoque pourraient tout aussi bien ête puisées chez les Grecs.

Elric entretient des rapports compliqués avec son épée Stormbringer, douée de sa propre volonté, mais ne croyez pas quele roman se résume aux hésitations du prince albinos et à son combat contre ses propres démons. Il y est question de quête pour trouver une fleur rare dotée d'étranges pouvoirs, de vengeance, d'une expédition menée au sein d'une jungle redoutable peuplée de créatures que l'on aimerait pas rencontrer le soir au fonds des bois, de combats épiques et désespérés... Bref, de quoi contenter les amateurs de Fantasy.

 

Je n'ai qu'un petit regret, l'aspect un peu trop sanguinolent de l'affrontement final, néanmoins, là encore, l'atmosphère de cette jungle mystérieuse et étouffante est extraordinairement rendue.

Si Elric peut être quelquefois agaçant, il est heureusement secondé par des personnages intéressants, suffisamment étoffés pour que l'on ait envie de connaître leur sort. Finalement, mon ignorance du cycle ne m'a guère gênée dans ma lecture, et je suis très satisfaite à la fois d'avoir découvert Elric, et la prose de Fabrice Colin dont il me tarde de lire certains romans. Une bonne découverte. 

 

Par Folfaerie - Publié dans : Contes et légendes, Fantasy, Fantastique
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Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 14:55

http://www.scrineo-jeunesse.com/wp-content/uploads/2011/05/couvT3-HC-200x300.jpgGrand merci à BABELIO pour ce partenariat (lu dans le cadre de l'opération Masse Critique) et à Scrineo jeunesse.

 

J'ai retrouvé avec plaisir Mathilde la Patiente et Roland Coeur de Lion pour des aventures qui entraînent le lecteur, après un très bref arrêt à Dijon, en Forêt Noire où une terrible malédiction pèse sur la région.

Rejoints par Geoffroy Bouche Goulue (personnage digne d'Alexandre Dumas) et par la jolie Elena, ces hardis compagnons font route vers Ravengen, ville sur laquelle règne en tyran l'irascible et sadique Wilfrid, père de quatre fils dégénérés (enfin l'un d'eux fait preuve d'un peu plus d'intelligence et de justice).

 

La nature du monstre étant révélée très tôt, je ne gâcherai le plaisir de personne en annonçant qu'après avoir traité des vampires dans les deux premiers volumes, les auteurs se sont frottés à un autre grand mythe de la littérature fantastique : le loup-garou. C'est un XIIème siècle bien sinistre que nous présente les auteurs : pratiques sataniques, cruautés en tous genres, obscurantisme... rien n'est épargné à nos héros.

 

L'essentiel du récit est consacré à la lutte contre la Malebête. Forcément, on perd un peu de vue Rupert l'Archiviste et le Livre des peurs, malgré la présence d'un vieil ennemi des Hauts Conteurs : Lothar Mots Dorés, plus ambigu que jamais.

Si l'écriture est toujours de qualité, l'atmosphère et les descriptions soignées, j'avoue une très légère pointe de déception à la lecture. L'histoire du garou, la malédiction du masque d'Argent, la fin tragique de la belle Beatrix ne m'ont pas entièrement convaincue : il y a des petites choses un peu confuses dans cette histoire, ou alors maladroitement amenées.

De même que, pour une fois, j'aurai apprécié un peu plus de mesure dans les scènes relatives à l'attaque des villageois ensorcelés car certains passages m'ont semblé si outranciers qu'ils frisent un peu la caricature. Le duc Wilfrid est lui aussi tellement épouvantable qu'il en devient grand-guignolesque...

 

C'est ma seule petite réserve sur ce troisième volet. J'ai bien apprécié ce nouveau voyage, après l'Angleterre, Paris et maintenant les terres germaniques, il y a fort à parier que la saga des Hauts Conteurs nous entraîne un peu partout en Europe. Autre bon point, la présence d'un nouveau Haut-Conteur, ce qui permet d'étoffer cette confrérie et de donner vie à des personnages originaux. On assiste également à l'arrivée des Noirs Marcheurs, la milice des Noirs Parleurs, ce qui promet des affrontements intéressants avec les Hauts Conteurs dans le futur.

 

Un dernier mot enfin sur la couverture et les illustrations : superbes, comme d'habitude.

Le quatrième tome  est d'ores et déjà intitulé 13 damnés...

 

PS : j'ai apprécié la sympathique nouvelle qui clôt ce livre et qui fut l'objet d'un concours organisé par l'éditeur. D'autant plus apprécié, et c'est important pour moi, qu'il est question de loup dans cette petite histoire, mais point de loup féroce et sangunaire, au contraire. C'est tellement rare en littérature fantastique que c'est à souligner...

 

Par Folfaerie - Publié dans : Contes et légendes, Fantasy, Fantastique - Communauté : Littérature Jeunesse
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Jeudi 2 juin 2011 4 02 /06 /Juin /2011 10:50

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv20694936.jpgC'est avec un plaisir immense que j'ai dévoré ce livre ! A la fois essai et journal de bord, ce livre nous fait entrer dans le quotidien d'une famille américaine qui a fait le pari fou de vivre quasiment en autarcie sur leur ferme, en privilégiant le bio et le local.

Barbara Kingsolver est une femme comme j'aimerais en rencontrer plus souvent. Intelligente, engagée, toujours prête à réfléchir en profondeur sur un sujet ou un projet qui lui parait digne d'intérêt, lucide et critique envers son pays, et pourtant enthousiaste et optimiste.

Quand la famille se lance dans l'aventure, tout le monde est partant, aussi bien le mari, prof de biologie que les deux filles. Barbara Kingsolver nous livre sa vie rythmée par les travaux du potager, ponctuée par la préparation des repas, les rencontres entre amis, les réunions de famille, le changement de saison. Les réussites, les échecs, les bonnes idées, les constats, tout est relaté entre recettes de cuisine bien alléchantes et considérations plus scientifiques signées par Monsieur. Même la fille aînée a participé à la rédaction.


Les lecteurs - enfin certains - pourront découvrir que oui, certains Américains sont dotés d'un cerveau, qu'ils réfléchissent, s'engagent et ne se prennent pas pour les maîtres du monde !


Si son discours sur le thème "consommez local et bio" m'était extrêmement familier, j'ai été très intéressée de découvrir ce qu'il en était réellement au sujet de la nourriture aux USA. Je me suis aperçue avec une certaine stupeur que les filières bio ont autant de mal à émerger que chez nous, mais pire encore, à quel point les lobbies de la nourriture industrialisée sont puissants. En revanche, plus réjouissant, les petites fermes, les réseaux locaux consommateurs-producteurs, les ventes directes m'ont semblés plus structurés qu'en France et donc plus prometteurs. Néanmoins, quel que soit le pays où l'on vit, nous sommes tous confrontés au même problème : il devient difficile de pouvoir manger des produits sains cultivés dans le respect de la nature.

 

Une expérience comme celle-ci est cependant un signal fort. Barbara Kingsolver, tout comme moi d'ailleurs, à un niveau un peu plus modeste, a choisi d'entrer en résistance : pas besoin d'être propriétaire terrien pour se lancer dans le potager bio, quelques mètres carrés suffisent. Et même un jardin collectif, un balcon... tout est bon pour semer les graines de la résistance !

En lisant ce beau témoignage, je me disais que vivre de son potager bio implique plusieurs choses : certes la priorité est donnée à la santé et au respect de la nature, mais pas seulement. Il y a aussi le plaisir de cuisiner, pour soi et pour les autres, une activité qui n'est pas anodine... le plaisir de retrouver du temps, de vivre un peu plus au rythme de la nature, de privilégier l'essentiel, de balayer le superflu. Et de retrouver le goût du lien social, des échanges véritables entre les gens. Barbara Kingsolver évoque fort bien le fossé qui sépare les citadins des agriculteurs. Mais voilà que le concept du "consommez local et bio" réduit les distances et les frontières, fait tomber les préjugés : on rencontre d'autres partisans de ce type d'agriculture, on fait connaissance avec les producteurs locaux, on échange des idées, des graines, on s'entraide pour que survive la production locale... bref, on établit des rapports humains autour d'une nécessité universelle : bien manger en protégeant notre environnement.

 

Autour de moi, je rencontre encore trop de gens qui hésitent à consommer bio, qui prennent pour argent comptant toutes les bêtises véhiculées par les lobbies pour décrédibiliser le bio, qui me disent ne pas avoir le temps (hé, j'habite en zone rurale où le chômage domine...), bref qui ont toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer dans l'aventure... Pourtant, des initiatives existent, il faut de la bonne volonté et de l'optimisme. Et de la joie de vivre. Toutes choses que l'on ressent en lisant Un jardin dans les Appalaches.

 

A faire circuler, en mentionnant "bon pour la santé" !!

 

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Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 07:12

L'intrigue de ce roman n'a rien de bien original : un mort non identifié sur fond de trafic de drogue. Mais voilà, cela se passe en réserve indienne (en territoire Hopi) et le flic chargé de l'enquête, Jim Chee, appartient à la police tribale Navajo.


Avec une grande érudition, Hillerman en profite pour nous distiller des informations sur le fonctionnement des réserves, sur les différences culturelles et religieuses entre les deux tribus, et surtout, nous révèle que le gouvernement américain a déplacé des familles entières de Navajos pour y installer des Hopis, ce qui fut la source de bien des conflits. Un pan de l'histoire contemporaine de ces tribus qui n'est que rarement évoqué.


Je me souviens n'avoir guère apprécié un roman de James Doss, La rivière des âmes perdues, justement parce que cet auteur utilisait les légendes indiennes comme ingrédient folklorique de l'enquête. Chez Hillerman, au contraire, on apprend à connaître la spiritualité indienne, mais son héros, Jim Chee, résout l'enquête grâce à son bon sens et à ses qualités, et non parce des "esprits" l'ont aidé.
J'aime donc beaucoup Tony Hillerman, son style (il y a un peu du poète en lui) et son érudition, et j'ai d'ailleurs fini par m'attacher à Jim Chee au fil des années. Je conseille donc ce polar à tous ceux que la culture amérindienne captive. A noter qu'un film (produit par Robert Redford) a été tiré de ce livre, il y a quelques années, avec l'excellent Lou Diamond Phillips, et Gary Farmer.

 

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Traduction : Danièle et Pierre Bondil.

 

"Tandis que Chee l'évaluait, il entendit le grondement du tonnerre. Un seul nuage ne pouvait mettre un terme à la sécheresse mais il en faut un pour commencer.  Pour un millier de bergers navajos disséminés sur cet immense plateau desséché, ce nuage signifiait l'espoir que la pluie, que les arroyos remplis d'eau, et que l'herbe nouvelle  seraient à nouveau des éléments de l'hozro de leur vie. Pour les Hopis, la pluie signifierait plus encore.  Elle signifierait l'adhésion du surnaturel.  Les Hopis avaient appelé les nuages, et les nuages étaient venus.  Cela signifierait qu'après une année marquée par le fléau de la poussière, les choses étaient redevenues normales entre le Peuple Paisible des Mesas Hopis  et les esprits kachinas."

Par Folfaerie - Publié dans : Chez les Amérindiens - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 07:39

"Doug Peacock a écrit sur ses grizzlis avec passion et conviction. Son livre est une histoire d'amour, celle d'un homme qui a retrouvé son âme au contact du plus grand prédateur de la planète". Voilà, c'est l'avis de Jim HARRISON, que je reprends à mon compte (mais il le dit tellement mieux que moi).

 

Alors ça, si c'est pas du Nature Writing, franchement...

 

Ce magnifique récit a été également préfacé par William Kittredge, que les amateurs de littérature américaine doivent déjà connaître.
Doug Peacock est un ardent défenseur des grizzlis et un naturaliste depuis plus de 25 ans. Aux USA et ailleurs, c'est une légende, un mythe, et ce livre constitue une référence pour tous ceux que passionnent les grizzlis. Mais c'est bien plus que cela encore.
Ancien vétéran du Viet-Nam, Peacock a failli sombrer dans la folie en rentrant aux Etats-Unis. Devenu inadapté à la vie civilisée, paranoïaque et meurtri par une guerre qu'il ne comprenait pas, Peacock fut sauvé par une rencontre fortuite, avec un grizzly, alors qu'il campait dans les rocheuses. En guise de reconnaissance, l'homme va se consacrer à leur protection. Au fil des pages, Peacock se détend, s'apprivoise, exorcise ses démons. Il cesse peu à peu de parler du Viet-nam, se fait des amis (le légendaire Edward Abbey à qui l'on doit "Désert solitaire" et qui prendra Peacock comme modèle pour le protagoniste principal de son superbe roman "Le gang de la clé à molette", l'écrivain Rick Bass, des biologistes...), tombe amoureux... et se passionne pour la bonne cuisine (un point commun de plus avec Harrison). Son approche de l'écologie et de la protection animale est désintéressée, passionnée, logique et sensée. Il égratigne et dénonce au passage le mode de vie de ses compatriotes, le tourisme de masse, la bureaucratie qui étouffe l'administration des parcs nationaux, la lutte de pouvoir entre les organismes de protection de la vie sauvage.


A l'instar des grizzlis qu'il aime contempler, Doug Peacock ne se complait que dans la nature, loin des hommes. Les ours l'ont sauvé, l'écriture fut sa thérapie. En le lisant, je songeais à Norman McLean, à Rick Bass.
J'avoue que c'est un de mes livres favoris, et j'ai une réelle admiration pour ce grand bonhomme. A plusieurs reprises, il croise ours noirs et grizzlis mais ce sera toujours lui qui se montrera humble et qui préférera quitter les lieux. J'ai retrouvé ce respect de la nature dans ses réflexions relatives aux tribus indiennes.

 

"Le jeune grizzly s'est tourné et a descendu la pente sur trois mètres, puis il a pivoté tout en se dressant sur ses pattes de derrière. J'ai retenu ma respiration tandis qu'il essayait  de comprendre ce que je pouvais bien être.  J'ai recommencé à lui parler, plus fort cette fois, mais il ne semblait toujours pas m'entendre. (...) Chargeant de nouveau, il s'est encore une fois arrêté  en glissant et bondissant. .. J'ai continué à bredouiller, bien de face, tenant toujours le manche de cet imbécile de couteau. Au bout de cinq secondes j'ai tourné la tête vers le côté.  Il a regardé dans la direction opposée, puis, pivotant, il est parti en courant vers la ravine escarpée".  

 

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Un autre avis chez Petit Sachem.

Par Folfaerie - Publié dans : Naturellement Nature...
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 07:00

La rencontre de deux Inklings

La grande originalité de cette biographie c'est qu'elle n'est pas consacrée seulement à Tolkien, (car depuis la création de la trilogie de Jackson, chacun y est allé de sa contribution) mais s'intéresse surtout à l'amitié qui unissait le créateur des Hobbits à une autre figure de la littérature anglaise : C.S. Lewis (qui était Irlandais). Ce dernier n'est pas très connu en France. Du moins, il l'est un peu plus depuis qu'Hollywood s'est emparé des adaptations de son cycle sur Narnia. On ne trouve plus guère aujourd'hui ses récits traduits pour "adultes" et seules ont survécu "les chroniques de Narnia", cycle de fantasy en 7 volumes essentiellement destiné à un jeune public, plus jeune en tout cas que celui du Seigneur des anneaux.

Duriez remonte donc aux sources de cette amitié, dressant un portrait relativement complet des deux hommes et mettant en lumière leurs points communs comme leurs divergences, ne s'éloignant guère d'Oxford qui fut le centre de leur vie. Il est indéniable que chacun d'eux a eu une influence décisive sur l'autre, si bien que, comme le dit un spécialiste, on ne connaitrait pas Lewis sans Tolkien, certes, mais l'inverse est également valable. Mais cette influence, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne se situe pas au niveau de leurs écrits respectifs. Si chacun appréciait le talent de l'autre cela n'empechait pas que Tolkien était incapable de s'intéresser aux Chroniques de Narnia tandis que Lewis ne pouvait se montrer un admirateur inconditionnel de l'Anneau. C'est surtout sur leur ouverture d'esprit et leurs convictions religieuses que les deux hommes se sont mutuellement enrichis.

Il est également très intéressant d'avoir un aussi bel exemple d'amitié  littéraire comme seule la Grande-Bretagne peut en susciter. A la fin du livre, je me suis surprise à regretter de ne pas avoir connu cette époque pour l'ambiance si riche et si studieuse d'Oxford, cet extraordinaire bouillonnement intellectuel, cette pépinière d'auteurs formidables qui avaient une véritable vénération pour la littérature anglo-saxonne, qui malgré leurs succès littéraires continuaient d'enseigner à des générations d'étudiants ravis d'avoir pour professeurs des hommes aussi prestigieux.

 

Par Folfaerie - Publié dans : JRR Tolkien
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 21:38

Grand merci à Aka pour son colis, le premier que je reçois (logique puisque c'est mon premier swap, hé, hé...) et dont voici quelques photos de mauvaise qualité, je dois l'avouer.

 

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Comme nous sommes en plein travaux dans la maison, j'ai dû étaler le contenu du colis sur la terrasse... On ne voit pas bien les plaques de chocolat, mais de toute façon, j'en ai déjà mangé une, celle avec les petits lapins :-))

 

 

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Pour Hudson, coup de chance, je n'avais pas ce titre (je possède Le vent de la pampa en revanche) ! J'ai été un peu plus surprise en revanche par le choix d'un roman fantasy. Pourquoi pas, je verrai bien après tout.

 

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Aka a confectionné un très joli collier en tissu, le pendentif est un oiseau, et il était rangé dans une jolie pochette en tissu.

 

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Original, le choix d'une plante grasse qui a trouvé place dans ma chambre.

 

Un premier swap très sympathique. Je remercie Loula pour l'avoir organisé, et Aka pour ce chouette colis.

Par Folfaerie - Publié dans : Autres considérations
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 07:07

Un auteur américain que je découvre enfin ! En fait, c'est son dernier ouvrage, Faut-il manger les animaux ? qui avaient attiré mon attention. Aussi quand les éditions Points m'ont permis de choisir un roman parmi leur nouvelle collection, je n'ai pas hésité, j'ai opté pour Foer.

 

Bien m'en a pris. Voilà un roman comme je les aime : tendre, souvent drôle, intelligent, poignant et donnant matière à réflexion.

Je me suis prise d'affection pour Oskar, ce gamin ultra-sensible et extrêmement doué qui perd son papa dans les attentats du 11 septembre 2001.

Oskar garde précieusement le téléphone sur lequel le dernier message de son père a été enregistré, il envoie des lettres aux gens qu'il admire, comme Stephen Hawking, et surtout, décide de partir en quête, pour renouer le fil de sa relation avec le père trop tôt disparu.

 

Ayant trouvé une clé et un mot "Black" dans un vase, camouflé parmi les affaires de son père, le gamin décide de partir à la recherche du dénommé Black et de trouver à quoi sert cette clé. Un curieux périple qui lui fera sillonner New-York et croiser toutes sortes d'individus.

De rencontres en épreuves, Oskar entame sa quête au bout de laquelle il parviendra à apaiser son chagrin, et comprendre un peux mieux ses proches, à commencer par sa mère et sa grand-mère.

 

J'ai trouvé intéressant que l'écrivain, en parallèle  de l'histoire d'Oskar, raconte celle de ses grands parents : une histoire d'amour compliquée, curieuse, peuplée de fantômes, de non-dits où plane le cauchemar de la guerre.

 

A travers les yeux de l'enfant, le lecteur prend la mesure du poids de l'absence, du silence. A l'intérieur de son petit univers, composé de rituels, d'obsessions, de certitudes et de peurs, Oskar raconte la fragilité et la grâce d'un monde, la magie des rencontres, la richesse des échanges, même fugitifs.

Jonathan Safran Foer a également eu la bonne idée de parsemer le roman de photographies, de pages blanches, de séries de nombres, toutes choses remarquées, notées ou inventées par Oskar.

C’est un beau roman sur l’amour, la mort, la puissance des liens familiaux, qui m’a beaucoup touchée. Loin d’être larmoyant, le roman sait autant émouvoir que faire rire.  Merci aux éditions Points pour ce partenariat.

Je passe maintenant à la partie technique si je puis dire… Ce livre est issu d’une nouvelle collection. Le format ultra poche m’a séduite : petit et discret, le livre peut se glisser partout (et même être lu au bureau, hum…). La lecture horizontale m’a un peu plus gênée,  manque d’habitude et le papier bible m’a franchement déplu. Une horreur ce papier : trop fin, peu maniable.

Enfin, le prix (12 € environ) me semble trop élevé pour un poche. Je dirai même qu’il est rédhibitoire pour les grands lecteurs. Pour ma part, j'en resterai au bon vieux poche classique.

 

NB : une adaptation du film sortira bientôt en France, elle est signée Stephen Daldry et réunit Sandra Bullock et Tom Hanks.

 

 

 

Par Folfaerie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne - Communauté : Salon Lecture
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