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2008-04-12T11:51:00+02:00

The land of little rain de Mary Austin

Publié par Folfaerie

Je reviendrai une autre fois sur les mystères de l'édition française, préférant parler ici du beau livre de Mary Austin, non traduit. J'ai acheté l'édition Penguin Nature Classics sur Price Minister, pour ne pas le nommer. Issu du courant Nature writing, The land of little rain est une ode au désert américain, et plus précisément cette zone située entre la Vallée de la Mort et la Sierra ; Mary Austin appelait ces lieux "the country of lost borders". Désert, le mot est bien mal choisi pour nommer cette nature sauvage et inhospitalière à l'homme. Les plantes y poussent, des arbres et des animaux y vivent également, ceux qui savent s'adapter à un milieu aride et sec. La vie fourmille en ces lieux que foulèrent les Indiens, Shoshones entre autres, il suffit de savoir regarder.
A travers son récit, Mary Austin devient la chroniqueuse de la vie dans le désert, chante la beauté du monde minéral, et révèle ses innombrables trésors.

Pour moi qui ne suis pas une véritable bilingue, la lecture s'est révélée un peu ardue mais j'ai trouvé ma récompense au fil des pages, savourant la richesse du vocabulaire et la dimension poétique du récit. La faune sauvage et les Amérindiens y tiennent une place importante, et j'ai particulièrement aimé ce beau mélange (essayez de lire certains passages à haute voix, le texte est mélodieux...) de l'anglais et de tous ces noms espagnols.
Un très beau livre qui me tient particulièrement à coeur car c'est grâce à Yves Berger que je l'ai découvert, l'auteur du très beau "attrapeur d'ombres".

 

"Nothing the desret produces espresses it better than the unhappy growth of the tree yuccas. Tormented, thin forests of it stalk drearily in the high mesas, particularly in that trinagular slip that fans out eastwaerd from the meeting of the Sierras and coastwise hills where the first swings across the southern end of the San Joaquim Valley. The yucca bristles with bayonet-pointed leaves, dull green, growing shaggy with age, tipped with panicles of fetid, greenish bloom."

 


Je m'interroge une fois de plus sur les mystères de l'édition. On trouve traduit en notre langue, et entre autres ouvrages, deux livres majeurs du Nature writing, "un été dans la Sierra" de John Muir et "désert solitaire" d'Edward Abbey. Pourquoi pas Mary Austin ?
Traduit également le livre de Richard Nelson "l'île l'océan et les tempêtes". Je l'ai bien aimé, mais pour moi, il est loin de valoir "the land of litlle rain". Quelle est la raison de cet oubli ? Qui aura envie de réparer cette injustice ?

 

Ajout du 11 mars 2011 : et bien la traduction française existe enfin. Elle est parue en janvier 2011 aux éditions Le mot et le reste : Mary Austin, le pays des petites pluies, traduction François Specq.

 

Un autre billet bien plus complet d'un blog à visiter absolument, Lettres américaines, ici.

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commentaires

Lettresus 10/03/2012 17:04

Ce ne sont pas les descriptions de Un été dans la Sierra qui m'ont un fatiguées (elles sont là pour présenter une harmonie entre les plantes et les animaux, pour décrire une société parfaite) mais
plutôt les points d'exclamations pour dire que tout est beau (un total de 126 tout de même !). Les descriptions interminables se trouvent surtout dans ses essais. Et non, je ne connais absolument
pas Glenn Ward Dresbach, le poème est simple et agréable à lire. Voilà (encore) un nouvel homme de lettres à découvrir !

Lettresus 05/03/2012 13:35

Edward Abbey est vraiment une figure particulière, à la fois poète et activiste. Ce qui est vraiment fascinant avec lui est le fait que ses fictions (Fire on the Mountain, Jonathan Troy) ne sont
pas aussi fantasques que ses oeuvres de non-fictions (Desert Solitaire, Journey Home, etc) ou autobiographiques (The Fool's Progress, Abbey's Road, etc). Pourtant il y passait beaucoup plus de
temps ! Et ce qui est tout aussi fou est que son merveilleux Monkey-Wrench Gang n'a absolument pas séduit les critiques à sa sortie. Ce n'est que bien plus tard que ce livre a percé (il en parle
beaucoup dans Confessions of a Barbarian car ce livre lui tenait vraiment à coeur).

John Muir est surtout super à lire au sens où il a lancé les premiers mouvements écologistes aux Etats-Unis, vers 1906, après le séisme de San Francisco. Il prône, un peu comme les
Transcendantalistes, de porter un regard esthétique et non pas utilitariste sur la nature (The Hetch Hetchy Valley, My First Summer in the Sierra, The Sierra Nevada de 1894) mais il est parfois un
peu pompeux dans ses interminables descriptions – je me souviendrais toujours de la vingtaine de pages consacrées aux arbres des forêts du Yosémite de The Forests of the Yosemite Park... Mais son
réalisme est vraiment obsessionnel. En le lisant j'ai l'impression qu'il s'adresse à un public aveugle (en particulier dans ses essais publiés dans The Mountains of California, Our National Parks
et The Yosemite). Il est aussi un peu le père du Nature Writing, un peu, pas complètement ;)
Mais ce qui me touche davantage est la simplicité de leurs idées, et pour reprendre Emerson, dans son poème « Good-Bye » (qui ouvre en plus son recueil !) :

« I laugh at the lore and the pride of man,
At the sophist schools and the learned clan;
For what are they all, in their high conceit,
When man in the bush with God may meet? »

Promouvons une sagesse et une compréhension du monde supérieures au contact de la nature sans que l'on ait à s'encombrer de faux préceptes et croyances.

Folfaerie 06/03/2012 20:21



Ah, pour John Muir ça me fait sourire car une personne à qui j'ai fait lire Un été dans la Sierra m'avait fait la même réflexion..; "oui, c'est joli, oui, mais alors, toutes ces descriptions, oh
la la, il n'y en a pas un peu trop ?" et autres remarques de cet acabit. Moi cela ne m'a jamais dérangée, je peux lire une page entière consacrée à la forme d'un pétale, mais bon, je peux
comprendre que ce soit un peu excessif


Je m'efforce de lire le plus souvent possible en anglais mais je lis très lentement dans cette langue et du coup, j'ai encore pas mal de bouquins en attente.


A propos de poème, je ne sais pas si vous connaissez Glenn Ward Dresbach, mais celui-ci me fait toujours songer au Nature Writing :


A vagabond at the gates


 


What in this strife and worry all about


This building up and tearing down of things ?


I know a wood where birds flit in and out


And the west wind sings.


 


What of the sobs and hate-words that I hear


This shouting and mad barter in the street ?


I know a calm hill where the stars seem near


And the airs are sweet.


 


What of the poser that passes in a breath


This digging for the buried gates of Doom.


I know a vale where echoes laugh at Death


And the wild flowers bloom.


 


What of this learning, all this wonderous lore,


This making kites for winds to break the spring ?


I know the fields where men have learn before


How the heart can sing.


 


Yet if I had not lived this strife and pain


Nor shed hot tears, nor learned of hate at last,


I could not love so well the quiet plain


And the skies so vast.


 


Had I not learned how power soon grows old,


Nor gathered from the lore of every land,


I could not scorn the things of dross and gold


For a grain of sand.


 



Lettresus 04/03/2012 18:53

Mazette ! Quelqu'un qui connait Mary Austin, ce n'est pas courant ! Et c'est vrai qu'elle écrit merveilleusement bien. Elle n'a cependant pas écrit beaucoup d'autres livres...
Elle montre bien qu'il faut un certain degré d'intimité avec une région pour pouvoir la voir telle qu'elle est réellement -- et c'est d'ailleurs un des éléments contribuant à définir le Nature
Writing. C'est un peu la même chose dans Desert Solitaire d'Ed Abbey, ou dans les paysages enneigés de Rick Bass.

Bonne continuation à vous !

Folfaerie 05/03/2012 11:30



J'avoue que sans Yves Berger, Mary Austine me serait restée inconnue un bon bout de temps. Maintenant il y a une traduction française, c'est un peu différent.


Sinon, j'ai lu tout Abbey et tout Muir aussi, ces deux-là figurent parmi mes favoris. Avec Mary Austin, ils comptent parmi les rares écrivains, et comme vous le dites très justement, à voir
au-delà les apparences, à déceler trésors et merveilles au sein d'un paysage a priori banal pour le commun des mortels. J'aime cette fusion avec la nature...



petitsachem 02/06/2008 22:11

bonjour, quelle chance tu as de pouvoir lire l'anglais dans le texte. Comme toi, j'aime beaucoup les auteurs du Nature Writing que j'ai découvert grâce aux éditions Gallmeister qui ont édité entre autres Abbey, Rick Bass, etc...Cet éditeur publie plutôt des auteurs du 20e (et 21e!), je ne sais pas de quand date le livre dont tu parles mais peut être qu'il réalisera un jour ton rêve!! et tu peux toujours le leur suggérer en allant sur leur site. En attendant, si tu aimes le désert et les histoire un peu déjantées, je te conseille le Gang de la clef à molette (un chef-d'oeuvre).

Folfaerie 03/06/2008 12:52


Bonjour,
Ah, mais j'ai déjà lu toute l'oeuvre d'Edward Abbey en français, dont le dernier, le feu sur la montagne que je te recommande. Quant à Mary Austin, elle a écrit  son livre en 1903 et je pense
qu'un écrivain aujourd'hui n'aurait pas le même paysage sous les  yeux. L'homme modifie la nature si rapidement...
En attendant, je harcèle quelque peu les éditions Gallmeister pour ces traductions. Je parlerai prochainement d'un autre bouquin formidable, Good-bye to a river de john Graves, lui aussi
introuvable en français.


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