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2008-10-16T10:06:00+02:00

Le grand dieu Pan

Publié par Folfaerie

J'ai toujours aimé le mythe du dieu Pan, voici quelques poèmes parmi mes préférés.



Hymn of Pan

    FROM the forests and highlands
        We come, we come;
    From the river-girt islands,
        Where loud waves are dumb,
    Listening to my sweet pipings.
        The wind in the reeds and the rushes,
            The bees on the bells of thyme,
        The birds on the myrtle bushes,
            The cicale above in the lime,
And the lizards below in the grass,
Were as silent as ever old Tmolus was,
    Listening to my sweet pipings.

    Liquid Peneus was flowing,
        And all dark Tempe lay
    In Pelion's shadow, outgrowing
        The light of the dying day,
    Speeded by my sweet pipings.
        The Sileni and Sylvans and Fauns,
            And the Nymphs of the woods and waves,
        To the edge of the moist river-lawns,
            And the brink of the dewy caves,
And all that did then attend and follow,
Were silent with love, as you now, Apollo,
    With envy of my sweet pipings.

    I sang of the dancing stars,
        I sang of the daedal earth,
    And of heaven, and the giant wars,
        And love, and death, and birth.
    And then I changed my pipings—
        Singing how down the vale of Maenalus
            I pursued a maiden, and clasp'd a reed:
        Gods and men, we are all deluded thus!
            It breaks in our bosom, and then we bleed.
All wept—as I think both ye now would,
If envy or age had not frozen your blood—
    At the sorrow of my sweet pipings.

Percy Bysshe Shelley


Pan

Pan d’Arcadie, aux pieds de chèvre, au front armé
De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé,
Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine.
Dès que l’aube a doré la montagne et la plaine,
Vagabond, il se plaît aux jeux, aux chœurs dansants
Des Nymphes, sur la mousse et les gazons naissants.
La peau du lynx revêt son dos ; sa tête est ceinte
De l’agreste safran, de la molle hyacinthe ;
Et d’un rire sonore il éveille les bois.
Les Nymphes aux pieds nus accourent à sa voix,
Et légères, auprès des fontaines limpides,
Elles entourent Pan de leurs rondes rapides.
Dans les grottes de pampre, au creux des antres frais,
Le long des cours d’eau vive échappés des forêts,
Sous le dôme touffu des épaisses yeuses,
Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ;
Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil,
Gardent le divin Pan des flèches du Soleil.
Mais sitôt que la Nuit, calme et ceinte d’étoiles,
Déploie aux Cieux muets les longs plis de ses voiles,
Pan, d’amour enflammé, dans les bois familiers
Poursuit la vierge errante à l’ombre des halliers,
La saisit au passage ; et, transporté de joie,
Aux clartés de la lune, il emporte sa proie.

Leconte de Lisle


Le visage du dieu Pan

Ce visage pensif sculpté par un vieux sage
dans le bois dur d'un buis centenaire et doré
n'est qu'une simple ébauche, une lointaine image
pour ne pas trop heurter ton esprit timoré.

Tu peux scruter longtemps la trame des feuillages
ou l'écorce des troncs sans jamais voir mes traits
tu dois d'abord passer par un apprentissage
qui saura te conduire vers ma vérité.

Quand tu auras appris à parler mon langage
et que tu pourras me retrouver dans l'abstrait
tu pourras aller bien au delà de l'image
accessible à tes sens que j'ai voulu montrer.

Car je suis libre et fort, je n'ai ni joies ni peines
je suis accord parfait avec le monde entier
je suis bien au delà des amours et des haines
et je ne promets pas alliance ou amitié.

Et si j'ai consenti à prendre ce visage,
homme, c'est pour te laisser deviner
le dédain amusé que, fou qui te crois sage,
m'inspirent ton orgueil et ton inanité !

Dago Laborel


Pan et la fortune

Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard
Avait perdu sa dernière pistole,
Et puis joué sur sa parole :
Il fallait payer sans retard ;
Les dettes du jeu sont sacrées.
On peut faire attendre un marchand,
Un ouvrier, un indigent,
Qui nous a fourni ses denrées ;
Mais un escroc ? L'honneur veut qu'au même moment
On le paye, et très poliment.
La loi par eux fut ainsi faite.
Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette,
Ordonne une coupe de bois.
Aussitôt les ormes, les frênes,
Et les hêtres touffus, et les antiques chênes,
Tombent l'un sur l'autre à la fois.
Les faunes, les sylvains, désertent les bocages ;
Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ;
Et le dieu Pan, dans sa fureur,
Instruit que le jeu seul a causé ces ravages,
S'en prend à la Fortune : ô mère du malheur,
Dit-il, infernale furie,
Tu troubles à la fois les mortels et les dieux,
Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie...
Il parlait, lorsque dans ces lieux
Tout-à-coup paraît la déesse.
Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ;
Je n'ai point causé tes malheurs :
Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs,
Je ne fais rien. -qui donc fait tout ? -l'adresse.

Jean Pierre Claris de Florian


Le ballet des heures

(Le Dieu Pan parle :)

Les heures sont des fleurs l'une après l'autre écloses
Dans l'éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu'à l'amour.

Ainsi que de l'éclair, rien ne reste de l'heure,
Qu'au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.

Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l'heure qui s'en va.

Vous trouverez toujours, depuis l'heure première
Jusqu'à l'heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l'ombre des bois.

Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l'autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l'oubli du passé.

Que l'heure de l'amour d'une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c'est la mort ! Être deux, c'est la vie !
L'amour c'est l'immortalité !

Gérard de NERVAL



THE SONGS OF PAN

Why will you say that Pan is dead,
With his reed pipes scattered and torn?

I heard him play, where the willows sway

By a stream of song that lilts away,
A melody made in the morn ;

And he played of love and the sweets of a smile,

And of dreams come true in the Afterwhile,
Of the rose that hides the thorn.

Why will you say that Pan is dead,

With his reed pipes lost in the years?
I heard him weep with the winds that keep
Toll of the hearts on the land and the deep,
And he played with the drop of his tears
A melody made of the cries of the street,
Of the heavy throb of the passing feet,
Of the dead dreams and of fears.

Why will you say that Pan is dead,

With his reed pipes blown apart?
Even today you must hear him play,
Nor gold nor hell can drive him away

From the fields of the sun and the mart.
Listen awhile! Ah, is he dead?
Each day he has come as the years have fled,

And piped the songs in your heart.

Glenn Ward Dresbach

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Jean tantou 12/03/2011 11:47


Ma syrinx

Pan chèvre-pied, réveille les échos complices

A l'heure où nue au ciel Séléné se fait voir...

De tubes inégaux baise les orifices

En sorte qu'un son pur s'élève dans le soir !



Qu'aux quatorze roseaux de syrinx s'arrondisse

Ta lèvre et plisse appliquée à nous émouvoir,

Rythme et degrés convoquant l'oreille aux délices

D'un ivre souffle encor vernissé de vin noir.



Toi qui connus la mort et qui - comme brûlure

du ventre de la terre éveille la nature -

t'en réveillas printemps aux boutons du rosier,



Veille le troupeau lent qui me quitte poèmes...

Ranime mes amours, le monde et ce que j'aime...

Et qu'oiseau de cristal je renaisse au brasier !






Par Xavier Bordes - Publié dans : poésie - Communauté : vos poèmes


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