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2008-12-29T11:20:00+01:00

Patrick O'Brian et les aventures de Jack Aubrey

Publié par Folfaerie

Mon dernier coup de foudre en littérature fut pour Patrick O’Brian. Je n’ai jamais été amateur de récits maritimes, à la notable exception des aventures de pirates. Il y a bien des années, je me souviens avoir fait une tentative avec le premier volume de la saga Hornblower. J’ai si peu aimé que j’ai revendu, ou échangé je ne sais plus, le volume. Je n’ai jamais eu l’idée de me replonger dans ce genre jusqu’à ce 31 décembre 2003, jour de la sortie sur les écrans français de Master and Commander de Peter Weir. Fan de ce réalisateur, je le suis également de l’interprète principal, Russell Crowe.
Le film m’a enchantée. Pas une seconde d’ennui en 2h30, une reconstitution de l’époque et surtout du navire absolument incroyable, un duo d’acteurs épatant (Aubrey et Mathurin sont respectivement interprétés par Russell Crowe et Paul Bettany) et surtout, une galerie épatante de seconds rôles, de vraies « gueules » qui donnent à l’équipage ce parfum d’authenticité indispensable à un tel film.
Donc disais-je, emballée par le film, je décidai quelques jours plus tard, et après avoir feuilleté « de l’autre côté du monde » en librairie, d’acheter le premier volume Omnibus regroupant les 4 premiers romans de la saga.
De l’excellente préface de Hubert Prolongeau, je m’approprie cette phrase : « Lire O’Brian ce n’est pas plonger dans les eaux faciles du roman d’aventures, aussi bien fait fût-il, c’est se laisser embarquer par l’œuvre d’un très grand écrivain. Il y a dans l’écriture des finesses qui ne dépareraient pas des signatures plus prestigieuses ».

Après une rencontre plutôt houleuse, Jack Aubrey et Stephen Mathurin, de tempérament et de physique diamétralement opposés, vont se lier d’amitié. Une amitié solide et durable qui va s’étendre sur vingt volumes. Pendant que le capitaine Aubrey livre bataille aux Français, le docteur Stephen Mathurin explore, botanise et rafistole les marins blessés.
Deux ou trois choses transforment cette saga en épopée extraordinaire, en série hors du commun.
D’abord, les deux principaux personnages qui évoluent au fil des années et ne semblent pas tout à fait ce qu’ils paraissent au départ. Aubrey le bon vivant, capitaine courageux et coureur de jupons, fort attaché à la discipline et au service, pouvant paraître un peu rustre en société, et Mathurin le scientifique, plein de sensibilité, fin diplomate, desservi par un physique disgracieux, maladroit sur le pont d’un navire, malchanceux en amour.
Mais Aubrey est un tacticien hors pair, rusé et intelligent dès qu’il retrouve son navire. Juste et généreux, intrépide dans les batailles, Aubrey est aimé de ses hommes.  Mathurin possède également une intelligence redoutable qui fait de lui un agent secret d’une valeur inestimable. Moins gauche et faible qu’il ne veut bien le laisser paraître, c’est un as du pistolet et un escrimeur redouté.
Ni les affaires de cœur, ni les revers de fortune, n’entameront l’affection que se vouent ces deux hommes.

Ensuite, en plus d’être historiques, ces romans d’aventures sont une véritable encyclopédie sur la vie à cette époque. De l’intérieur d’une maison anglaise, aux menus figurant au Carré du navire, en passant par les connaissances en botanique et zoologie, le moindre détail est authentique et vérifié par l’auteur qui a compulsé des centaines d’ouvrages avant de décrire la moindre chose.
Et puis on apprend une foule de choses sur le contexte politique évidemment. Cette période troublée entre la France et l’Angleterre est finement explorée par O’Brian.
N’allez pas croire pour autant que cette somme de connaissances soit indigeste. Elle est distillée tout au long du récit et le plus souvent sur une note humoristique. Car si, au début, lecteur est légitimement perdu en découvrant tous ces mots délicieusement obscurs « petit hunier », « brassez la grand-vergue », « nous allons virer vent arrière en masquant les misaines… », on apprend à se familiariser au fil des pages avec ce monde étrange. Notamment grâce à Mathurin qui, loin d’être un loup de mer, a fort souvent besoin qu’on lui explique régulièrement le rôle et la fonction des objets se trouvant sur un sloop ou un brick.
A ce propos, j’ai toujours le sentiment, au fil de mes relectures, qu’il y a un peu de Holmes en Mathurin. Ils ont certains points communs : l’intelligence et l’érudition, une méfiance instinctive pour le sentiment amoureux, la musique et l’usage de certaines drogues…



Et puis grâce à Patrick O’Brian, j’ai fait quelque chose que je remettais depuis des années. Je suis allée visiter le Musée de la Marine à Paris. Promenade historique et enchantée, un jour de semaine, dans un musée désert, à suivre les pas de Aubrey et Mathurin. Ces deux-là m’ont également permis de (re)découvrir la musique de Corelli et Locatelli.
Comme quoi, la lecture d'un roman peut nous mener sur des routes parfois  surprenantes...



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commentaires

grande pirogue 11/03/2009 18:25

EXCELLENT FILM

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