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2009-07-21T09:41:00+02:00

Dorothy Johnson (1905-1984)

Publié par Folfaerie

livres2.JPGJ’avais envie d’écrire un billet sur une femme écrivain qui continue à m’épater bien qu’elle ait disparu et que ses bouquins deviennent difficiles à trouver.
Une dure à cuire, profondément attachée au Montana où elle passe une enfance merveilleusement libre, une femme de principes, indépendante qui ne cessa jamais de travailler (elle fit toutes sortes de boulots jusqu’à devenir directrice de la pub à New-York puis rédactrice en chef d’un Digest pour femmes). Mais le Montana lui manquait, elle quitta son prestigieux poste pour revenir à ses racines. Elle n’avait pas cessé d’écrire et continua jusqu’à la fin, et pas seulement dans la catégorie western. (photo : Dorothy et Gary Cooper pour la première de "la colline des potences" au Montana).

Reine de la nouvelle, ses récits de l’Ouest sont meilleurs que ceux de ses contemporains, même si Shane de Jack Schaeffer est un très bon roman, ou des auteurs qui lui succédèrent. Elmore Leonard par exemple ne lui arrive pas à la cheville. De tous les westerns que j’ai lus jusqu’à présent, seul Lonesome Dove de Larry McMurtry parvient à égaler l’œuvre de Dorothy.

Le recueil « Contrée indienne » (chez 10x18) contient dix nouvelles, chef-d'oeuvres de perfection. Hollywood a largement puisé dans cette oeuvre pour en tirer ses plus grands classiques, tels que "un homme nommé Cheval" ou "l'homme qui tua Liberty Valence". Johnson plante son décor en quelques lignes, et va droit à l'essentiel, sans détours ni fioritures, d'une écriture brève et sèche, économe de mots, avare de descriptions. Ce qu'elle aime Dorothy, c'est l'action ! Outre son style fabuleux, elle se distingue de ses confrères par une absence totale de préjugés. Ses personnages ne sont jamais caricaturaux, pas de "mauvais" indiens ni de "gentils" cow-boys. Elle était d'ailleurs extrêmement bien documentée sur les différentes tribus et n'a jamais commis l'erreur de confondre un Crow avec un Sioux par exemple ! Véritable pionnière dans l'âme, Dorothy Johnson revendique au contraire son affection pour les "bad boys", les cow-boys solitaires, son goût pour le courage et la persévérance, et une vie librement décidée, pleinement vécue, à l'image de ces farouches tribus indiennes.

La Colline des potences (éditions 10x18 ou Joelle Losfeld) est un court roman absolument formidable, porté à l’écran avec Gary Cooper. 4 protagonistes principaux, un seul lieu, une intrigue resserrée et un suspense de qualité, des ingrédients suffisants pour faire un récit d’une telle intensité.  Il est suivi de 5 nouvelles tout aussi épatantes.

Son seul maître était Rudyard Kipling, on peut trouver pire…

Quand toi et moi étions jeunes Whitefish (chez hoebeke) est un recueil de souvenirs. Dorothy Johnson revient, entre autres, sur son enfance à Whitefish, Montana. C’est un récit plein d’humour où domine la nostalgie d’une époque enfuie, où les gens savaient s’occuper sans avoir besoin de recourir à la télévision, où chacun était libre. Et L’auteur pose un regard acéré sur tous ces changements,  ce progrès qui a peu à peu dessoudé les communautés, et rétrécit les grands espaces de sa jeunesse.

Je ne sais pas si le reste de sa production littéraire est de la même qualité, pour ma part, j’aurai aimé lire « Beulah Bunny tells all », qui raconte les mésaventures d’une institutrice à la campagne, un récit qui a l’air très drôle.
Sans doute un peu revêche, Dorothy Johnson aimait bien bougonner, et ne se lassait jamais de rouspéter contre les adaptations cinématographiques de ses nouvelles. Et cependant, c'est grâce au cinéma si son nom n'est pas complètement inconnu en France. Bien qu'une partie de son oeuvre ait été traduite, ses livres ne sont pas réédités (on trouve encore facilement Contrée indienne, pour les autres, il faut se tourner chez les bouquinistes) et je doute fort que nous soyons nombreux à avoir lu, et lire encore, Dorothy Johnson...

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