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2009-08-13T20:39:00+02:00

Les trois meilleurs romans de John Irving ?

Publié par Folfaerie

J'aurai perdu, peut-être, quelques longues années avant de découvrir Irving si je n'avais pas vu l'adaptation cinématographique de L'oeuvre de dieu la part du diable, film que j'avais adoré (Ah, Michaël Caine...).
Le roman est un chef-d'oeuvre, bien au-dessus du film. Difficile de résumer un bouquin de John Irving, alors j'indiquerai seulement que cela raconte la destinée d'un orphelin, Homer Wells, qui ne parvient pas à être adopté, de ses relations avec son mentor, qui dirige l'orphelinat, Wilbur Larch, gynécologue flanqué d'une  double mission : mettre au monde des enfants non désirés, donc futurs orphelins, et interrompre illégalement des grossesses de pauvres filles perdues et déboussolées. Homer finit donc pas quitter l’orphelinat pour se frotter au vaste monde et se trouver une famille. Tandis que Wilbur Larch attends le retour d’Homer, décidé à en faire un médecin, et se bagarre avec l’administration, Homer tombe amoureux d’une jeune fille fiancée. Un étrange et subtil trio amoureux, un enfant aimé et désiré, une orpheline désabusée et hantée par Jane Eyre… des personnages dont les vies s’entrecroisent, s’imbriquent les unes dans les autres, dans ce morceau d’Amérique illuminé par la présence d’Homer Wells, dont l’amour, la bonté et la foi en l’espèce humaine ne se dément jamais.
J’ai lu ce gros pavé d’une traite, le gorge serrée par l’émotion.

Ensuite, ayant pris goût à Irving, un camarade critiqueur de Zazieweb m'a conseillé de lire Une prière pour Owen. J'ai pris une seconde claque avec ce livre. Qui me hante encore.
J’ai été émerveillée et touchée par ce foisonnant roman et ce personnage extraordinaire, Owen Meany, étrange lutin au charisme indéniable.  Owen et sa drôle de voix restera longtemps dans ma mémoire, comme est toujours présent Homer Wells. Quel autre auteur qu’Irving peut bâtir une histoire, une destinée en fait, sur une robe rouge habillant un mannequin, une balle de base-ball, et des entraînements de basket ?
Comment la statue d’une Vierge Marie, le rôle d’un spectre dans une pièce de Noël et la reconstitution d’une crèche vivante vont-ils pouvoir influencer la vie de deux amis, Owen et le narrateur, John Wheelwright ?
On peut considérer Une prière pour Owen est à la fois l’une des plus belles histoires d’amitié, le roman de la foi, ou encore  une diatribe contre le gouvernement américain.

Burlesque et dramatique, ce roman nous permet de faire connaissance avec une galerie de personnages hauts en couleurs, comme toujours, des hommes et des femmes admirables ou grotesques, originaux ou lamentablement médiocres, de la grand-mère Wheelwright, délicieusement tyrannique et sa cohorte de domestiques, en passant par les parents d’Owen, plus que bizarres, les brutaux cousins de John, le proviseur imbuvable à qui Owen rendra la vie infernale (ah, la scène de la voiture montée dans une salle de classe…), la cousine Esther, amoureuse d’Owen et future star du rock. Dès les premières pages, Irving donne le ton, et nous livre, mine de rien, la clé du destin d’Owen que l’on s’efforcera de déchiffrer tout au long du roman en redoutant naturellement les dernières pages qui infligent fatalement un choc au pauvre lecteur.

Enfin, mon troisième Irving, que je me suis d'ailleurs décidée à lire après avoir visionné le film que j'ai bien aimé même s'il était grandement incomplet, n'a pas soulevé mon enthousiasme comme les deux précédents.  Le monde selon Garp est le roman culte d’une génération. Pourtant, quelques longueurs dans la première partie (leur vie à Vienne notamment), et des personnages secondaires qui ne m'intéressaient pas vraiment, comme Helen, la femme de Garp, m’ont gâché le plaisir. J'ai trouvé certains passages un brin excessif aussi, entre autres l'accident de voiture, et j'ai véritablement aimé le roman dans sa seconde partie seulement. En revanche, j’ai particulièrement apprécié les histoires intercalées, œuvres de Garp : la pension Grillparzer ou encore Vigilance.

Ce livre traite d'obsessions (cette fameuse concupiscence, l'obsession de Garp envers les chauffards et plus généralement sa crainte obsessionnelle de perdre des êtres chers), de création littéraire, du mouvement féministe et scrute une certaine société dans une certaine époque, disséquée et commentée par Garp qui tente avec plus ou moins de bonheur de trouver sa place en ce monde et d'y être heureux. Alors certes l'histoire est originale (la conception de Garp restera dans les annales...), tout à la fois pathétique, grotesque ou drôle, et la plupart des personnages sont incroyables et inoubliables, Garp en tête, sa mère Jenny, Roberta l'amie fidèle, mais, en plus des longueurs,  quelques passages assez sordides m’ont un peu rebutée.
Même si c'est un excellent roman, et je le reconnais bien volontiers,  il gardera la troisième place dans mon classement.

Plusieurs inconditionnels de cet écrivain m'ont affirmé que ces trois titres étaient les meilleurs. Maintenant, je me sens prête pour un quatrième Irving. Je n’ai pas encore choisi. Je me souviens, adolescente, d’avoir vu adaptations d’Irving, qui m’avaient paru étranges, et que je n’ai pas aimées. L’épopée du buveur d’eau et l’Hôtel du New Hampshire. Peut-être des romans à tenter aujourd’hui… Je verrai bien si la magie opère toujours.

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commentaires

CHAT PITRE 16/08/2009 18:43

Ce que j'aime dans les romans c'est avant tout l'humour et il n'y en a pas tant que cela des écrivains humoristiques. John Irving fait partie de club et c'est toujours avec plaisir que je m'y plonge. CHRISTINE

Sandra 14/08/2009 00:10

John Irving ! Oui, ces trois romans-là sont inoubliables. J'ai tant pleuré en les lisant ! Mon préféré reste Une prière pour Owen. Ce livre est carrément magique. Mon second préféré est Le Monde selon Garp, un véritable hommage aux femmes. C'est bouleversant. Par contre, je ne suis pas d'accord : il n'y a aucune longueur pour moi et tous les passages sur la mère de Garp sont magnifiques. Enfin, le troisième est également prenant et touchant, c'est vrai. J'ai bien aimé les nouvelles d'Irving aussi.
Mais, même si ses autres romans sont certainement intéressants, comment atteindre le niveau de ceux-là ? C'est impossible !

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