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2010-03-29T07:27:00+02:00

A la pointe de l'épée (Ellen Kushner)

Publié par Folfaerie

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv9498978.jpgMerci à Blog O Book et aux éditions Folio pour cette lecture dans le cadre d'un partenariat. Il y a quelques temps déjà que j'avais envie de lire Thomas le Rimeur du même écrivain (mais ma bibliothèque municipale ne l'a pas en rayon...) aussi ai-je été intéressée à l'annonce de ce partenariat pour un titre différent. D'abord pour faire connaissance avec l'auteur, ensuite car la couverture est très belle (bravo Alain Brion - c'est l'illustrateur), et puis à cause de cette petite phrase de présentation "À la pointe de l’épée rend un hommage savoureux au roman d’aventures mâtiné de mélodrame, aux grands récits de cape et d’épée tels le Prisonnier de Zenda d’Anthony Hope et ceux d’Alexandre Dumas. C’est aussi une œuvre forte, profondément dérangeante, sur la nature de la réalité et la moralité de la violence." O ciel, Dumas et Hope en guise de référence, quel bonheur, et en plus dans un roman de cape et d'épée fantasy. Hélas, je flottais très haut, portée par mon enthousiasme, la chute fut d'autant plus rude...

D'abord, pourquoi avoir classé ce roman en catégorie SF/fantasy ? Il n'en possède aucun ingrédient, la seule astuce est d'avoir situé l'intrigue dans un pays imaginaire et à une époque indéterminée. Cela aurait pu être le Londres crapuleux du XVIIème siècle par exemple...
Evidemment c'est un cape et d'épée puisque la plupart des protagonistes portent des épées en guise de décoration (la noblesse), tandis que d'autres embrochent à tout va (la plèbe, les bretteurs quoi...). Certains portent des capes, c'est vrai. Et à part ça ? Je dirai que c'est le seul point commun avec les oeuvres de Dumas ou Hope.
Les personnages sont très caricaturaux : les nobles, caractérisés par cette morgue nonchalante, sont retors, lascifs et langoureux, richement habillés, toujours à comploter et intriguer. Ils habitent là-haut sur la colline. Les autres, la plèbe, les bretteurs, les voleurs et prostituées habitent en bas (logique) aux Bords d'Eau. Les uns ont besoin des autres, un certain équilibre règne entre ces deux classes. On y circule à pied ou en carrosse selon sa condition.

Vient ensuite la présentation du protagoniste principal, le plus redouté des bretteurs, Richard Saint-Vière, qui, entre  exercices d'assouplissement et duels sur commande, vit une histoire d'amour tordue avec son jeune amant, Alec. Ce dernier est aussi caricatural dans son genre : l'étudiant fauché aux cheveux longs (dont on subodore très vite que bien qu'il vive dans les bas-fonds, il est d'illustre naissance) tourmenté, suicidaire, capricieux... un rebelle quoi. Saint-Vière loue ses talents aux nobles désireux de vider leurs querelles ou de compromettre un de leurs pairs.
Autour du couple infernal, une galerie de personnages à peine esquissés, les habituels portraits de prostituées et pickpockets.
Retour à la noblesse, celle qui intrigue à qui mieux mieux. Ah la belle duchesse Tremontaine, le perfide Lord Ferris, le sage Lord Halliday, l'écervelé et galant Godwin, et le sot mais sensuel Horn... Aucun pour rattraper l'autre ! Ils sont là pour jouer leur rôle, mais ne possèdent aucune réelle profondeur.
Oui, oui, il y a bien des intrigues à la fois amoureuses et politiques, la vieille rengaine du sexe et du pouvoir, mais le tout est assez confus et l'intrigue principale est tout de même très mince. Tout repose sur Saint-Vière qui doit décider s'il doit donner suite ou non à certaines missions bien rétribuées mais un peu délicates, sans compter une vengeance personnelle.
Les dialogues en particulier m'ont parus très plats. 
Mais le texte est soigné même si de petites maladresses (vocabulaire et tournures de phrases) m'ont parfois gênée (dues à la traduction peut-être ?).

Alors que dire ?  Le roman laisse un sentiment d'inachevé, un peu comme si l'auteur avait voulu se faire la main avec son premier cape et d'épée. La lecture n'en est pas ennuyeuse à ce point (quoique...) mais j'ai suivi les quelques péripéties avec indifférence (d'autant plus qu'aucun des personnages ne m'a été sympathique). Je dis "quelques" car le roman met très longtemps à atteindre sa vitesse de croisière; En fait, j'ai commencé à apprécier réellement ma lecture à la page 309 !!! Je suis certaine que ce livre va plaire au plus grand nombre, mais avec moi, la magie n'a pas opéré, tant pis. En fait ça manque totalement de panache !
Je reconnais bien volontiers que je suis très exigeante avec certains genres littéraires, le cape et d'épée entre autres. A ceux qui veulent s'y frotter, sans passer par les grands classiques, je conseille d'aller lire le très bon Maître d'escrime d'Arturo Perez-Reverte ou mieux, la série des Alatriste.

 

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Mais El JC a un avis beaucoup plus positif...

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commentaires

El JC 25/04/2010 22:26


Je l'ai terminé ce soir. Alerté par ta chronique et celle de Salvek sur Fantasy au petit-déjeuner je m'était préparé a me plonger dans un roman bien plus proche des liaisons dangereuses que d'un
bon vieux roman de Cape et d'épée. C'est sans doute cette distenciation d'avec la 4e de couverture qui m'a fait apprécié ce roman. J'avoue que si l'on s'y jette tête baissée en pensant y trouver la
matière d'un Dumas ou d'un Perez Reverte, la chute doit être extrêmement douloureuse.


silvi 09/04/2010 08:08


j'ai reçu ce livre dans le cadre du même partenariat, et bien pas envoûtée du tout.... je n'ai pas persévéré jusqu'au bout tellement je n'arriverais pas à me mettre dans le livre.


Folfaerie 10/04/2010 13:40



Et bien je l'ai terminé par politesse, parce que c'était un partenariat. Mais j'avoue que si on me l'avait prêté, je ne l'aurai pas terminé non plus...



Orkan Von Deck 05/04/2010 09:32


J'éspère que j'aurais un jour le temps de le lire


gwenaelle 02/04/2010 22:45


Je l'ai déjà publié : voici le lien http://www.skriban.eu/?p=359


gwenaelle 02/04/2010 13:15


J'ai reçu ce livre dans le cadre du même partenariat et je partage ton avis. Un coup d'épée dans l'eau...


Folfaerie 02/04/2010 17:43



Décidément, serait-ce l'unanimité ? Préviens-moi quand tu auras publié ton billet.



Véro 30/03/2010 17:30


Je trouve que c'est longuet et surtout qu'il n'y a pas trop d'histoire ... mais je n'ai pas du aller plus loin que les 40 premières pages.


Folfaerie 30/03/2010 21:45



Et bien pour moi c'est tout le contraire Du coup A la pointe de l'épée te plairait peut-être...



Véro 29/03/2010 22:00


C'est marrant parce que j'aime Perez-Reverde mais le Maître d'escrime est celui que j'ai le moins aimé. Quand au Capitaine Alatriste, il dort dans ma bibliothèque depuis presque 10 ans : commencé 3
ou 4 fois et chaque fois abandonné ! Il faut vraiment que je me force la prochaine fois !


Folfaerie 30/03/2010 11:57


Ah, et qu'est-ce qui cloche exactement ?


Nadège 29/03/2010 17:45


Sûr! si je le trouve "par hasard", j'essairais de le lire pour en rajouter une louche


Folfaerie 30/03/2010 11:56


C'est plus prudent d'emprunter, en effet...


Brunissende 29/03/2010 11:11


Oulà :(. Ce titre est sur ma wish-list et je me faisais une joie de le découvrir prochainement et le moins que je puisse dire, c'est que tu douches mon enthousiasme !. Bon, il va falloir que je me
fasse ma propre idée mais ce sera en emprunt en biblio... Sinon, j'étais étonnée aussi de le voir étiqueté en "Fantasy", donc finalement il ne fait pas partie du genre.


Folfaerie 29/03/2010 12:19


 Ce genre d'astuces pour un écrivain, permet d'échapper à une certaine rigueur historique qui peut parfois être handicapante, ce que je peux comprendre, mais  pour le coup, je trouve que
ce critère "ville imaginaire et époque indéterminée" est trop mince pour classer un roman en SF/Fantasy. Il ne faut pas exagérer...


jerome 29/03/2010 10:59


Je suis en train de lire dans le cadre du partenariat. Péniblement arrivé à la page 110, je lutte pour qu'il ne me tombe pas des mains. C'est surtout au niveau des dialogues que ça pêche. Les
échanges sans aucun intérêt de la noblesse me sont insupportables. Je vais quand même aller au bout, mais je suis 100% d'accord avec ton billet.


Folfaerie 29/03/2010 12:16



Je suis contente de voir que je ne suis pas la seule Et j'ai retrouvé cette remarque sur un autre blog, un lecteur qui
disait n'avoir commencé à apprécier qu'après la page 300 et quelques. Il me semble avoir lu dans une interview de l'auteur, qu'elle a essuyé un grand nombre de refus avec ce livre, avant d'être
finalement publiée. Même si le goût des éditeurs n'est pas toujours un critère, c'est un petit indice quand même... J'attends ton billet pour en rediscuter.



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