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2011-12-07T20:37:00+01:00

Bidoche (Fabrice Nicolino)

Publié par Folfaerie

La lecture de cet ouvrage m'intéressait à plusieurs titres : liens avec le réchauffement climatique, maltraitance animale, perte des écosystèmes entre autres . Certains d’entre vous ne liront pas ce livre, d’autres refuseront d’y croire peut-être ou ne changeront rien à leurs habitudes alimentaires d’autant que le lobby de la viande en France ne cesse de mener campagne pour redorer son blason. Tant pis pour ceux-là. Je souhaite que tous les autres commencent à réfléchir sur les conséquences dramatiques d’un acte a priori si anodin : manger de la viande.

Après avoir refermé l'ouvrage de Fabrice Nicolino, je me suis félicitée d'être végétarienne depuis une vingtaine d'années ! Je ne cacherai pas que cette lecture, bien que nécessaire et indispensable, est éprouvante. Parce qu'au-delà des problèmes liés à l'industrialisation de la production de viande (pollution de notre environnement, risques sanitaires, déforestation...) il s'agit aussi de parler d'êtres vivants transformés en machines, en produits, des animaux pour lesquels personne n'a de considération, de leur naissance à leur mort. Des misérables vies, des créatures condamnées à un univers carcéral pour finir par être... bouffées.

 

« Un Français mange en moyenne 92 kg de viande, 250 œufs et une centaine de kg de produits laitiers par an ».

 

Il serait vain de vouloir résumer ce livre foisonnant et très bien documenté, je me contenterai donc de retracer brièvement quelques faits parmi les plus édifiants : L’auteur nous fait découvrir comment nous sommes passés des fermes à cette industrialisation des élevages, les standards imposés, les innovations copiées sur le modèle américain. Dans les années 1970, l’INRA expérimente les vaches à hublot ( !!) pour mieux comprendre le mécanisme de digestion et décider ensuite que les bovins ne devaient plus manger d’herbe et de fourrage mais plutôt des céréales. C’est l’ère du productivisme, des élevages hors-sol (surtout porcs, poulets). On teste, on sélectionne, bref on torture pour accroître les rendements et les animaux doivent grossir de plus en plus vite.

 

Dans cet univers concentrationnaire où les risques de maladies sont démultipliés pour les animaux, on comprend vite l’utilité des antibiotiques. Une manne financière pour l’industrie pharmaceutique et la nutrition animale. Car tandis qu’on « soigne » (imaginez, 30 000 volailles parquées à 25 par mètre carré…) on en profite aussi pour « améliorer » : injections d’hormones, élaboration de nouvelles nourritures, le soja transgénique, etc. On retrouve sans surprise quelques grands noms : Rhône-Poulenc, Adisseo. Que dire aussi de Nucleus ? le leader français de la génétique porcine. Les chercheurs en blouse blanche, à l’abri d’unités top secrètes, nous concoctent pour l’avenir de la viande issue d’animaux génétiquement manipulés et clonés. 

 

Pensez-vous que tout risque sanitaire soit écarté pour autant ? Absolument pas. Même sans lire le livre de Fabrice Nicolino, il suffit de remonter dans les archives de la presse pour se remémorer tous les scandales : la vache folle, les veaux aux hormones, le poulet à la dioxine, la grippe aviaire, la grippe porcine… Ces maladies sont liées aux conditions d’exploitation des animaux mais aussi à la nourriture qui leur est donnée. Le pire n’est pas d’avoir remplacé l’herbe par des céréales mais d’avoir pensé aux fameuses farines animales, celles qui contiennent aussi les résidus de nos fosses septiques. Bon appétit !

 

Ces élevages industriels polluent aussi notre environnement, ce qu’on appelle la Nature, sols et eaux ne sont pas épargnés. Un seul exemple pour vous convaincre : la Bretagne. La production de viande est également responsable de la déforestation en Amérique du sud (pâturages et culture du soja), laquelle joue un rôle dans le réchauffement climatique. Sans compter que le besoin effréné de viande des pays occidentaux condamne à la famine les pays du Tiers-Monde…

 

 

Je ne parle même pas de la biodiversité des animaux de ferme, la plupart des races rustiques ont disparu.

 

Un dernier extrait : en 2007 : 6 millions et 73 300 agneaux, brebis, béliers et chèvres ont été tués dans les abattoirs, ainsi que 17 800 chevaux, 25 millions de porcs, 917 millions de volaille (poulets, canards, pintades, oies, dindes)… bref un milliard et 562 800 animaux tués dans des abattoirs contrôlés.

 

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commentaires

Geoffrey 14/12/2011 09:13

Disons que le basculement vers un nom de domaine a occasionné quelques ratés mais ça devrait rentrer dans l'ordre d'ici la fin de semaine. Désolé pour le désagrément. J'adore les commentaires et ça
me manque ;-) !

Folfaerie 15/12/2011 18:49



ça me rassure, je penssais que c'était encore un coup de mon vieil ordi ! (les mises à jours Firefox sont aléatoires...)



Geoffrey 13/12/2011 12:01

N'étant pas végétarien, je n'en suis pas moins sensible au traitement des animaux. Ton avis est en tout cas sans concession alors chapeau bas pour cette prise de position qui est à tout à ton
honneur ! Je pense que les raisons pour lesquelles tant de personne continuent de manger de la viande sont très complexes et tiennent énormément des habitudes alimentaires et du manque de diversité
de leurs repas... Une paresse donc et un manque de curiosité gastronomique qui n'excusent pas pour autant la situation actuelle...

Folfaerie 13/12/2011 18:59



Disons que je préfère affirmer mes convictions plutôt que de vouloir ménager la chèvre et le chou Je suis toujours
un peu estomaquée de voir comme certains lecteurs fuient ce genre de bouquins sous prétexte qu'ils détestent les donneurs de leçon. Je crois, hélas, que nous n'en sommes plus au stade de donner
des leçons ou pas. La crise écologique est bien réelle, il est urgent de se réveiller...


 


Rien à voir mais je n'arrive plus à laisser des commentaires sous tes chroniques de films, c'est normal ?



urgonthe 11/12/2011 19:11

Le sujet m'intéresse aussi. Au-delà du scandale de l'industrie agro-alimentaire, il y a l'attitude irresponsable des médecins qui continuent à seriner que pour être en bonne santé, il faut une
viande et un produit laitier par repas. Je ne suis pas végétarienne mais je fais des efforts pour réduire ma consommation de viande et j'ai arrêté les plats préparés industriels. Dur dur de changer
des habitudes inculquées par la génération de nos parents, qui ne se sont posé aucune question !

Folfaerie 11/12/2011 20:04



Ah je suis tout à fait d'accord avec toi. Les médecins sont en partie responsables tout comme l'Etat car il suffit de voir le matraquage publicitaire sur les produits laitiers et les campagnes
des Minsitères. J'ai travaillé comme animatrice dans les écoles maternelles et primaires, on distribue du lait aux enfants le matin, dans certaines classes, sans chercher à savoir si un enfant
peut être intolérant au lait par exemple.


Moi aussi j'ai mangé des plats industriels, fréquenté des fast-food. Et puis peu à peu, au gré de mes lectures et de rencontres, j'ai compris qu'il me fallait changer ma façon de m'alimenter. Je
regrette juste d'avoir dû attendre l'âge adulte pour découvrir tout ça, mais bon. J'ai également redécouvert le plaisir de cuisiner, et ça c'est drôlement chouette



keisha 10/12/2011 09:10

Euh oui, l'animal élevé en quasi liberté, nourri normalement, comment le tuer? Brrrr! Kingsolver s'y est décidée...

Aifelle 08/12/2011 13:18

Et quand je pense qu'ils veulent nous ramener les farines animales !!!

Folfaerie 09/12/2011 18:57



Avec le bouquin de Nicolino, j'ai appris que les vaches des gros élevages ne mangent plus d'herbe !! Que des céréales et bientôt, hum, des farines animales. A nouveau. C'est effarant



keisha 08/12/2011 11:34

J'avais repéré le nom de l'auteur suite à une lecture sur les écolos.
Tu as vu le reportage (choc) sur les élevages de poulets pour Mc Do? (c'est récent, ça a fait scandale)
Justement je parle de Un jardin dans les Appalaches
http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-un-jardin-dans-les-appalaches-88298424.html
où l'auteur n'est pas végétarienne, mais ne mange pas de viande d'animaux maltraités. Bon, tu peux discuter son point de vue, mais au moins ses animaux ont une belle vie, non?

Folfaerie 09/12/2011 18:56



On peut être végétarien pour plusieurs raisons, ce que démontre Nicolino : parce que c'est meilleur pour la santé, parce que produire de la viande implique un certain nombre de désastres
écologiques (déforestation, gaspillage d'eau, etc.) et aussi pour des raisons éthiques. Moi, je le suis devenue après avoir regardé un documentaire sur les abattoirs français (incluant les modes
de transport des animaux dits de boucherie, une horreur) et puis il y avait le mode d'élevage aussi, que je ne supportais pas. En gros, je me suis posée les questions suivantes : est-ce moral de
manger une bestiole qui a connu l'enfer avant d'être tuée ? est-ce que j'ai le courage de tuer une bête élevée en liberté, bien nourrie, etc. pour la manger (genre élever mes poules, mes lapins,
mon cochon...) ? Heu, la réponse fut non, aux deux. J'aimerai bien lire le point de vue américain maintenant (le
bouquin de Safran Foer). Ceci dit, quand je rencontre des gens qui font l'effort de manger des bêtes élevées en liberté et bio, je ne peux que les féliciter. C'est déjà un grand pas.



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