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2010-04-22T06:53:00+02:00

César Birotteau (Honoré de Balzac)

Publié par Folfaerie

http://www.folio-lesite.fr/couv_mini/01001402852.gif?12712584403590.04203457652526632C'est dans le cadre d'une reprise d'études universitaires que j'ai été amenée à lire ce roman. Cela faisait longtemps que je n'avais pas ouvert un Balzac et ma foi, ce fut une bien plaisante lecture.


Avec son Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, Honoré de Balzac entreprend de dénoncer le système des faillites en vigueur sous la Restauration, l’intrigue se déroulant dans les années 1820. Honoré de Balzac a lui-même connu de nombreux tracas avec ses créanciers. L’ascension puis la chute  d’un commerçant ordinaire lui donne également l’occasion de brosser le portrait de la petite bourgeoisie parisienne

L’intrigue peut paraître assez simple, l’auteur nous contant l’histoire d’un bourgeois parisien, parfumeur, qui se retrouve acculé à la faillite après avoir connu la prospérité. Cette faillite est provoquée, voulue par un ancien employé du parfumeur, du Tillet. Ce dernier a commis une indélicatesse que Monsieur Birotteau n’a pas voulu dévoiler sur la place publique. Du Tillet perçoit la mansuétude de son patron comme un affront et décide de se venger. Dans le monde du commerce et de la finance, la vengeance la plus complète est la « mort commerciale » c’est à dire la faillite.

Si l’intrigue repose  d’abord sur la vengeance exercée par du Tillet, d’autres éléments participent à cette chute. La banqueroute du notaire Roguin, organisée en partie par du Tillet n’est que le premier écueil sur lequel Birotteau se heurtera. La rancune de Molineux, blessé dans son amour-propre par le parfumeur, la jalousie de plusieurs concurrents du bourgeois sont utilisées pour achever de terrasser César Birotteau. L’intervention de du Tillet auprès des banquiers afin que ces derniers refusent tout crédit au bourgeois constitue le point d’orgue de ces sordides manoeuvres. Ce sont finalement plusieurs personnes qui oeuvrent pour le même but.

Même si César Birotteau a bâti sa fortune grâce à son sens des affaires et à une certaine sagesse, il n’en demeure pas moins que c’est son désir de s’enrichir qui précipite sa chute.  Mais malgré tout, on éprouve vite sympathie et pitié pour le commerçant. Fort heureusement, l’histoire d’amour entre la fille de Birotteau et le commis Popinot vient un peu adoucir cette cruelle histoire.


Le roman a indubitablement une portée économique et sociale. Ce portrait d’un homme ordinaire, simple boutiquier mais commerçant aisé, préfigure cette nouvelle classe sociale régie par la puissance de l’argent. C’est l’avènement des  banquiers sans lesquels il n’est pas d’initiative commerciale possible. Le meilleur exemple est sans doute l’essor des spéculations immobilières. Ce qui m’a frappée, c’est que le roman conserve une incroyable actualité…

Enfin, Balzac excellait dans la description de personnages, comme des intérieurs à tel point que l'on visualise sans peine quartiers de Paris et grandes demeures; observateur scrupuleux des hommes, Balzac sait brosser le portrait de chacun de ses personnages à travers le physique, la tenue vestimentaire, les petites manies, les postures, bref un régal. De plus, le roman ne manque de scènes humoristiques, ce pauvre Birotteau étant involontairement drôle... Pour résumer, un bon classique qui malgré son sujet n'est point du tout ennuyeux, bien au contraire.

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commentaires

clothilde 14/02/2011 13:12


Des livres de Balzac, j'en ai lus, mais pas celui-là. les minutieuses descriptions de lieux, de vêtements, etc... j'aime bien tout en reconnaissant que par moment, ça peut lasser. C'est comme si on
y était oui. Les petites manies,etc... un régal, oui je le pense.Par contre, je suis un petit peu réfractaire aux lettres de change, banques, là franchement ce n'est pas mon fort.Dans Eugénie dont
vous parlez plus haut, l'argent est le thème avec l'avarice du père Grandet, mais c'est quand même assez simple. Dans César Birotteau il doit y en avoir des histoires de banqueroute, crédit... Il y
a tant de livres que j'aimerais lire. Bonne semaine.


Folfaerie 17/02/2011 18:31



César Birotteau était une lecture imposée donc pas un Balzac que j'ai spontanément décidé de lire (je crois bienque je l'évitais jusque là). Néanmoins la surprise fut excellente, et même moi,
allergique à tout ce qui relève du chiffre et de la finance, je n'ai pas été gênée par les parties relatives aux banqueroutes. Le génie de l'écrivain sans doute...


Bonne soirée et bonne lecture.



l'irlandaise 25/04/2010 08:16


marrant, je ne suis pas une ' anti balzac', mais ses description me saoulent et j'ai surtout le mauvais souvenir du père goriot - un prof de français m'a confirmé que ça s'étudiait encore, les
boooules) MAIS l'oeuvre de Balzac est racheté - selon moi - par la peau de chagrin. Je trouve que c'est un chef d'oeuvre de la littérature fantastique et - osons - le pendant français du ' portrait
de dorian gray'. ( j'ai souvent vu un parallèle entre les 2 ) bon, je n'ai pas lu Birotteau, je ne dirais pas que ton article m'a convaincu de m'y mettre, mais cela m'a permis de réfléchir sur
balzac un dimanche matin ( tiens, j'ai visité sa maison à paris, av ec la statue de rodin ) joli endroit. J'aime bcp les maisons d'écrivains; à bientôt et ...bonnes lectures !
PS : j'ai remporté un 'petit' prix du roman policier en Bretagne ( le goeland masqué à penmar'ch ), alors ce n'est pas le goncourt ( ouh lala non ) mais ça fait toujours plaisir !


Folfaerie 25/04/2010 11:11



Félicitations alors Ton roman est au sommet de ma liste de livres à acheter, dès que mon budget me le permettra, je
file chez le libraire !


Pour en revenir à Balzac, il y a parfois eu des romans qui m'ont ennuyée aussi : le lys dans la vallée, je n'ai pas terminé les Chouans à cause des longues descriptions, mais j'ai lu Balzac il y
a fort longtemps (il y a bien 15 ou 20 ans !!), je crois que je devrai me replonger dans son oeuvre aujourd'hui, mon regard serait forcément différent. En revanche j'adore Eugénie Grandet, et la
plupart de ses petits récits comme la vendetta, la maison du chat qui pelote, etc. Et alors impossible de me souvenir de la Peau de chagrin que j'ai pourtant lu... Quand bien même je tomberai en
panne de nouveautés ou que mon budget ne me permettrait pas d'acheter des livres durant un bon moment, je pourrai toujours m'occuper à relire non seulement Balzac, mais aussi Zola, Maupassant,
Stendhal ou Flaubert et même, suprême sacrifice, me lancer (pour une nouvelle tentative en fait) dans le cycle de Proust




Thomas Grascoeur 23/04/2010 01:26


Effectivement, ça donne envie de le redécouvrir ! Merci pour le mot de bienvenue


Véro. 22/04/2010 12:35


J'ai eu une période où je dévorais Balzac mais je ne connaissais pas ce titre jusqu'à ton billet !


Folfaerie 28/04/2010 21:21



C'est pas un des plus connus c'est certain. Quand on lit le résumé, ça n'a pas l'air palpitant, mais en fait c'est une lecture bien plaisante.



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