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2011-09-14T20:14:00+02:00

Comme un ours en Alaska (Fabrice Delecluse)

Publié par Folfaerie

commeunours.jpgJe poursuis mon exploration du Nature Writing version Frenchie : après Yves Berger et Armand Farrachi (qui parlait d'ours lui aussi), voici un jeune touche à tout, naturaliste, peintre, qui est parti voir les ours en Alaska il y a une dizaine d'années pour en rapporter ce livre.

 

Avis aux amateurs d'air pur et de paysages grandioses, de randonnées sauvages en forêts et de créatures aussi délicieusement dangereuses que les ours.

Fabrice à 26 ans, il est chômeur et pense que c'est le moment idéal dans sa vie pour aller photographier les ours en Amérique du nord. En lisant ses motivations au début du livre, je ne pouvais pas être plus en accord avec lui. A qui rêve d'une nature vraiment sauvage, il faut quitter la France, et surtout si vous avez envie d'ours. Ce n'est pas notre malheureuse population d'ursidés, recroquevillés dans les quelques lambeaux de terres  encore sauvages des Pyrénées, qui peut contenter le naturaliste épris des plantigrades.

 

Avec peu de moyens financiers mais un grand sens de la débrouillardise, voilà notre jeune Français  fraîchement débarqué en Alaska; Il y fera de chouettes rencontres avec les autochtones, goûtera aux joies de la randonnée en solitaire et connaîtra aussi quelques mésaventures et déconvenues. Mais Fabrice Delécluse ne s'attarde guère sur ces derniers points, préférant conter ses émotions face aux premiers animaux croisés. Curieusement, ce ne sont pas les plus gros les plus visibles, à tel point qu'il surnomme, par exemple, l'ours noir "le fantôme de l'Alaska" ! En plus des mouches noires et des moustiques (ceux-là, on ne peut guère les éviter), Fabrice peut tout de même admirer nombre d'oiseaux et de petits mammifères.

 

Mais c'est évidemment avec les seigneurs de la forêt -ours, loup, élan - que les scènes seront parmi les plus belles.

 

Le petit passage ci-dessous se situe après une rencontre avec un aigle qui daigne se laisser observer de très près :

"Cela voudrait dire qu'il s'est instauré une confiance fragile entre l'homme et l'animal sauvage. Une confiance qui briserait pour quelques instants les barrières entre notre confortable société de consommation, notre fausse idée du bonheur, et l'état sauvage, la liberté à laquelle nous aspirons tous, consciemment ou inconsciemment, à un degré plus ou moins fort. Nous avons besoin d'une telle confiance. Pouvoir côtoyer un animal sans le faire fuir est tellement réconfortant, on se sent accepté. J'aimerais tant obtenir une telle confiance de l'ours. Mais l'ours est un animal si solitaire et nous l'avons tellement persécuté. L'ours n'est pas bête. Il a de la mémoire. J'espère seulement qu'il n'est pas trop rancunier."


C'est un récit écrit fort simplement dans lequel observations et réflexions se mêlent. Le jeune auteur a su évité l'écueil classique, à savoir ne parler que de lui, de sa vie, ses expériences etc. pour mettre en avant les différences de ces mondes opposés. Car la conception de la nature que l'on peut avoir en France diffère radicalement de celle d'Amérique du nord, même si le constat est parfois amer là-bas aussi. Son discours franc et direct sur la bêtise humaine et la gestion de la biodiversité à la française m'avaient beaucoup plu. Et puis contrairement au récit de Pete Fromm (Indian Creek), vous ne trouverez dans ce récit qu'un témoignage respectueux et admiratif sur la vie sauvage. Point d'exploits à la Daniel Boone, ni de scènes de chasse... Bref, un livre que j'ai beaucoup aimé. Je dois cependant vous avertir qu'il est épuisé.. Je sais, ce n'est pas sympa, mais on peut le trouver d'occasion ou en biblio, avis aux amateurs.

 

Aquarelle de Fabrice Delécluse. 

 

 

 

 

 

aquarelle-ours-delecluse.jpg

 

 

logonaturewriting1

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commentaires

Marchand Erwan 22/02/2015 09:47

Merci pour vos commentaires sur ce magnifique livre "Comme un ours..." Je vous invite juste à venir sur mon site "sons voyages" pour connaître l'origine de ce livre et découvrir le talent de musicien que possédait aussi Fabrice....
Merci à vous.

L'irlandaise 05/10/2011 08:34


encore un livre que je ne connais pas mais dont je note les références !


Folfaerie 06/10/2011 21:29



Bon, ce n'est pas de la grande littérature, mais le souffle et la passion sont là !



keisha 16/09/2011 09:33


Au canada et USA, leurs parcs sont grands comme une bonne partie de la France, il y a de l'espace! En France les gens occupent quasiment tout le territoire.
Tiens, j'ai vu vendredi un petit film sur l'aventure d'un pisciculteur dont des loutres sauvages boulotaient les poissons, tout s'est bien terminé pour eux, et j'ai appris à ce moment que dans ma
région les loutres reviennent timidement, on ne les voit pas (elles sont devenues nocturnes, les pauvres, par obligation)mais on a les traces de leurs habitations.
Sinon, par chez moi, on peut s'attendre (mais heureusement pas souvent, car il peut y avoir des accidents) à voir des sangliers et chevreuils sauvages quand on est sur la route!


Folfaerie 18/09/2011 22:16



Je ne pense pas que la loutre soit revenur dans mon département mais il me semble qu'elle recolonise timidement les rivières voisines de l'Allier. Chez moi, c'est le castor qui réussit à
maintenir ses effectifs, ça c'est chouette.


Pour ce qui est d'occuper le territoire, c'est une spécificité bien française encore plus flagrante en zone rurale. Les lotissements et maisons individuelles poussent comme des champignons dans
les coins un peu préservés, les prés deviennent des terrains constructibles et je ne parle pas des multiples demandes des moyennes et grandes surfaces pour s'agrandir, construire un parking
supplémentaire, s'implanter ici et là, l'horreur !!



Grand-Sachem-la-Brocante 16/09/2011 07:24


je suis d"accord avec toi les animaux sauvages et même les prédateurs ont leur place dans de grandes zones de notre pays. Ces animaux peuvent et se sont adaptés aux écosystèmes tels que nos
ancêtres les ont modelés.
Il faut même eviter le système qui mets sous cloche quelques parcelles du territoire dans des PARCS NATIONAUX et qui permet qu"on détruise inéxorablement les écosystèmes du reste du territoire. La
vie doit exister partout!


Folfaerie 18/09/2011 22:10



Je suis partagée sur les parcs nationaux. Quand je suis d'humeur optimiste, je tiens le même raissonnement que toi. Dans mes moments plus noirs (et plus fréquents) je me dis que ces espaces
auraient été saccagés depuis longtemps sans la réglementation des parcs. Je ne vois pas trop de solution idéale... A part l'éradication de l'espèce humaine par un groupe d'extra-terrestres
particulièrement belliqueux...



Lystig 15/09/2011 21:07


"boucle d'or", "petit ours brun", etc.
(je suis collectionneuse d'ours !)


Folfaerie 18/09/2011 22:12



C'est marrant, je suis un peu collectionneuse aussi, plutôt les livres et les objets déco avec motifs d'ours, mais pas des peluches par exemple. J'ai raté il y a quelques temps un heurtoir de
porte en forme d'ours qui aurait idéal sur la porte de la grange... tant pis.



keisha 15/09/2011 10:54


Cet été j'ai eu la chance de voir des ours sauvages dans les parcs canadiens (en tout cas on fait tout pour qu'ils restent sauvages, contact avec l"homme interdit!), donc on verra pour ce bouquin.
Hier j'étais à Emmaus et rayon bouquins il y a plein de récits de ce genre, je vais voir!
Sinon, c'est jeudi, billet NW chez moi
http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-petit-traite-de-philosophie-naturelle-72481437.html


Folfaerie 15/09/2011 20:54



Veinarde (pour les ours) ! Pas de Emmaus près de chez moi, je manque d'approvisionnement en bouquins d'occasion sur ce thème...



Grand-Sachem-la-Brocante 15/09/2011 07:20


Bonne journée!
ça a l"air bien dépaysant comme récit; Juste un petit bémol, il n"y a plus de terre sauvage dans les pyrénées au sens que tous les paysages, tous les milieux ont été impactés par l"activité humaine
depuis au moins le néolithique! Même les pics les plus hauts sont maintenant très fréquentes par le tourisme sportif. Certe je te l"accorde ce n"est pas le bord du périf mais il faut tenir compte
de lhistoire des hommes quand on aborde la nature pyrénéeenne. As tu déjà entendu parlé de la "guerre des demoiselles"?
par ailleurs, j"ai fait un petit article (sans trop me fouler) sur le livre de Linda Hogan : http://grand-sachem-la-brocante.over-blog.com/article-linda-hogan-le-sang-noir-de-la-terre-81245626.html


Folfaerie 15/09/2011 21:05



J'en ai entendu parler de cette guerre, il y aurait bien des choses à dire dessus Là où je ne suis pas d'accord avec
ton analyse c'est sur le caractère sauvage des Pyrénées. Bien sûr que l'homme a transformé la nature, c'est valable pour le pays entier. Il n'en reste pas moins que de nombreuses zones, dont les
montagnes pyrénéennes, sont encore empreintes de ce caractère sauvage. L'ours y mérite sa place, en dépit de ce que peuvent penser une minorité allergique à la nature, tout comme dans mon
département rural, le renard, le cerf, la martre, le blaireau, la buse et même le loup ont autant le droit de vivre tranquilles dans les forêts et les coins encore un peu sauvages... A ce train
là, on ne devrait donc tolérer que les animaux domestiques dans nos campagnes ? Les Français ont une vision très étriquée de la nature, je regrette de devoir le dire. On est les champions du
développement durable (c'est à dire du développement tout court, vaguement coloré d'une touche verdâtre) mais pour le reste, au secours ! C'est pathétique. En tout cas, je suis allergique à la
biodiversité à visage humain 


Bon, je file lire ton billet sur Linda Hogan.



Lystig 14/09/2011 21:42


si en plus on parle d'ours dans le livre, je ne peux que le lire !


Folfaerie 15/09/2011 21:05



Tu as lu d'autres bouquins qui parlent d'ours ?



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