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2009-10-18T07:50:00+02:00

Critique ou pas critique, that is the question

Publié par Folfaerie

logo-Folfaerie.jpgQuand on aime lire, qu'on est chroniqueur de livres, occasionnel et bénévole, et qu'en plus on s'est lancé dans la grande aventure du blog littéraire, on est tous, et toutes, confrontés à un moment ou à un autre à ces questions existentielles : qu'est-ce qu'un écrivain ? Qu'est-ce qu'un bon livre ? Doit-on tout critiquer ?

Je suis tombée il y a quelques jours sur ce billet assassin : Respectons un peu l’écrivain, bon sang de Pierre Jourde.

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  A la première lecture, ce texte m'a fait rire je l'avoue. Car moi non plus je n'aime ni ne lis cette littérature qu'il égratigne. J'ai lu le tiers d'un bouquin de Levy que l'on m'avait prêté, et en suis restée fort perplexe, pas lu Musso, me demande depuis des années pourquoi on considère Nothomb comme un phénomène, pas aimé Gavalda que je trouve mièvre, aimé les fourmis de Weber et ai pourtant été déçue par l'absence de qualité du roman suivant.

Pour ne pas taper que sur les Français, j'ajouterai que la même perplexité m'a saisie après la lecture du journal de Bridget Jones (mais le film est chouette), et que je concède que le Da Vinci Code est mal écrit. Mais pour ce dernier, je l'ai lu en anglais, donc c'est toujours un plaisir de lire en V.O. et puis le suspense est tel que le bouquin m'a divertie et tenue en haleine, ce qui n'est absolument pas le cas des auteurs cités plus hauts. Donc j'ai fermé les yeux sur les défauts du Dan Brown.

Aurai-je ri autant si Jourde avait égratigné avec autant de jubilation, je ne sais pas, Jim Harrison par exemple (cas hautement improbable évidemment) ? Non. Je tombe donc dans le même travers que les lecteurs qu'il se plait à brocarder.

Pourtant, la critique est nécessaire, elle est saine et indispensable quand l’auteur démonte l’œuvre, le plus objectivement possible, et qu’il ne se borne pas à des attaques personnelles.


Mais tous ces auteurs éreintés par les critiques et parfois par les lecteurs sur leurs blogs se vendent bien. Très bien. Que doit-on en conclure ? Que le bon peuple aime les livres simples, qui ne demandent que peu, voire pas du tout, de réflexion. Mais ce n’est pas un scoop ; Qu’une minorité de lecteurs plus exigeants s’attachent à promouvoir la « vraie » littérature en critiquant bons et mauvais livres. Encore que dans cette catégorie de lecteurs, les choses ne sont pas si évidentes.

Il y a quelques semaines, les blogs sont entrés en ébullition après avoir eu connaissance du top 100 anglo-saxon des livres. Et chacun de refaire son top. Il m’a semblé qu’un vent de panique avait soufflé en raison d’une présence exagérée de classiques. Apparemment, la majorité des lecteurs ne se reconnaissaient pas dans ce portrait du lecteur idéal en somme.

Que faut-il en conclure ? Qu’une minorité de grands lecteurs lit des classiques ? lire et aimer des classiques, c’est courir le risque de se faire épingler : celui-là est un pédant, celle-ci aime faire son intéressante en citant tous ces auteurs…Les lecteurs d’aujourd’hui sont le reflet de notre société.


Mais je m’écarte du sujet. Revenons à la critique. Donc une première lecture de ce billet m’a fait rire. Une seconde lecture m’a en revanche obligée à envisager les choses sous un autre angle. Certes il est sain de critiquer, et notamment les mauvais livres pour guider un tant soit peu le lecteur occasionnel dans ses choix. Mais doit-on toujours critiquer les mêmes auteurs ? Je ne sais pas si Jourde a fait de Lévy sa tête de turc, mais d’autres avant lui s’en sont déjà pris à cet écrivain, ou à Musso, Werber, etc. Du coup, je ne vois pas trop l’intérêt de disséquer chaque roman de l’un de ces « mauvais » auteurs.

Et puis les goûts et les couleurs n’est-ce pas…


Alors la liberté de critiquer, d'accord. Mais j'aimerai que les critiques littéraires professionnels perdent un peu moins de temps à taper  sur des auteurs populaires qui ne sont pas des écrivains, pour se concentrer sur certains romans qui passent inaperçus du grand public. Des romans populaires, de qualité, comme la série Flashman par exemple ; L'éditeur  a renoncé après deux volumes (et ça me reste en travers de la gorge...), faute de public... et de critiques ou articles dans les revues spécialisées.

 




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commentaires

mazel 15/11/2009 15:27


rire !!! un truc bien pratique pour lire tous tes liens (moi, vers les blogs littéraires) sans bloquer ton probre blog...et ta boite à mails n'est plus envahie par les newsletrers...
bises


mazel 14/11/2009 21:41


maintenant je peux suivre tes écrits par l'intermédiaire de google-reader... bon courage avec le tome 2 du parlement des fées,
bonne nuit, bises


Folfaerie 15/11/2009 15:22


Ah la la, suis  vraiment en retard sur tout. Google reader, quelle est donc cette chose que je ne connais point et dont j'entends parler ici et là ?


Céline 27/10/2009 22:21


Je suis d'accord avec Pierre Jourde, sur un bon nombre de points. Et en particulier, je pense qu'on a le droit d'aimer ou de ne pas aimer, voire de juger bon ou mauvais un ouvrage, sans pour autant
se faire tirer dessus à boulets rouges. En tout cas, ce n'est pas le succès populaire d'un livre qui en fait une oeuvre littéraire intéressante, riche ou quoique ce soit. Ca n'en fait qu'un succès
populaire.
En revanche, je suis tout à fait d'accord avec tes propos. Qu'on parle de ces auteurs pour en dire du bien ou du mal, on en parle toujours. Ces auteurs seront toujours en tête de gondole dans les
supermarchés, ce seront donc ceux là qui seront achetés, donc lus et pas les petites pépites qui errent dans l'obscurité. Mais ... Il faut croire qu'il est plus facile pour ces critiques également
d'acheter et de lire Musso, Lévy et les autres, pour être certains de les défoncer dans leurs critiques, que de passer un temps certain à chercher des auteurs nouveaux, des oeuvres originales et
talentueuses, au milieu d'un champ de médiocrité.
Bref, j'appuie complètement ton coup de gueule !


Folfaerie 31/10/2009 18:52


Et bien merci :-))


Acr0 21/10/2009 21:50


Ah je ne parlais pas du courant littéraire, mais de tel ou tel livre, noyés parmi les gros best sellers des autres courants ;)

J'ai vu les films oui :) Mais je me suis promise quand même (un jour) de lire la trilogie !


Acr0 21/10/2009 10:53


A vrai dire, je n'ai jamais réellement répondu moi-même à cette question, car mes lectures sont complètement "out". Je ne lis, pour ainsi dire que de la fantasy/du fantastique, donc des livres qui
ne sont pas aujourd'hui, sur le haut de la vague. De plus, les livres que je lis me plaisent généralement (bons conseils ou bon choix, un peu des deux) et du coup, je "critique" en détaillant un
peu plus ce que j'ai aimé dans les personnages, l'histoire, les thèmes abordés etc.
Du coup, le top 100 français ou anglophone, je ne les consulte pas car je suis "à part". Je crois qu'il y a le seigneur des anneaux (fantasy/fantastique) que... je n'ai même pas lu, alors tu vois
;)


Folfaerie 21/10/2009 19:32


je ne trouve  pas que la fantasy soit dans le creux de la vague. Même s'il y a peu de critiques de la part de "grands" médias, j'ai l'impression qu'on trouve pas mal de revues et blogs
spécialisés, genre Elbakin. Enfin il me semble. Quant au Seigneur des Anneaux, il faut réparer cet oubli et le lire absolument :-)
Tu as vu les films ?


valérie 18/10/2009 18:15


je suis assez d'accord avec toi. Il y a des auteurs dont on n'aimera jamais les romans, à moins d'un miracle. Est ce une raison pour toujours "tirer" sur les mêmes écrivains? Inventer une histoire
est en soit une activité difficile. Je n'aime pas les romans de Lévy (j'en ai lu deux) mais j'ai déjà été emportée par des romans de Musso et de Gavalda à cause de leur histoire. Et même si je les
oublie assez vite, je n'aime pas tirer à boulets rouges. Un critique doit être constructive et dénuée de méchanceté. On peut être déçue par un roman parce qu'on en attendait beaucoup.Personne ne
nous force ensuite à relire le même auteur, ou alors, il faut être un peu maso et dans ce cas, on ne s'en prend qu'à soi-même!


Folfaerie 18/10/2009 18:32


maso, non. Mais c'est tellement plus amusant et jubilatoire de montrer qu'on a de l'esprit ou du goût en démontant un bouquin ou son auteur (moi-même n'ai pas échappé à ce travers, hum...). Et puis
les critiques savent qu'à partir du moment leur papier mentionne le nom de l'un des auteurs, ils seront davantage lus.


Nathalie 18/10/2009 15:09


Merci de nous faire découvrir cet article. Je trouve que le critique a assez raison, ce n'est pas parce qu'un auteur est populaire qu'on ne peut pas le critiquer - même s'il n'envisage même pas la
possibilité d'un certain "effet anti-mode" auprès des critiques, dont certains s'acharnent parfois un peu au nom de leur supériorité de goût. Mais je suis aussi d'accord avec ta remarque: pourquoi
s'attarder autant sur les gros vendeurs, au lieu de faire découvrir d'autres horizons littéraires méconnus. Il faut croire qu'un bon roman (ou un roman qui plaise à ces critiques) est difficile à
trouver...


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