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2010-12-14T07:53:00+01:00

Double faute (Lionel Shriver)

Publié par Folfaerie
Critiques et infos sur Babelio.com

Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour ce partenariat qui m'a permis de faire connaissance avec un nouvel auteur américain. A ce propos, comme son prénom ne l'indique pas, Lionel est une femme...

 

Si vous aimez le tennis et les romances qui se terminent mal et si vous êtes nostalgique de l'époque Connors, Mc Enroe (comme moi !), Double faute est la lecture idéale. En revanche, si l'on est un peu plus exigeant, ce roman peut se révéler un peu décevant.

 

L'auteur analyse plutôt finement les rapports d'un jeune couple uni par la même passion pour le tennis. Willie est une fonceuse, joueuse professionnelle, aspirant à monter rapidement dans le classement (un brin compliqué d'ailleurs) et Eric, un jeune homme brillant qui réussit tout ce qu'il entreprend, se révèle assez doué dans ce sport malgré son statut d'amateur.

 

Cela commence comme une histoire classique : la rencontre, l'amour qui nait très vite, l'admiration réciproque et cet intérêt commun pour le tennis. Pour Willie, le tennis est toute sa vie. Elle ne sait rien faire d'autre et n'envisage aucune autre activité. Eric au contraire est doué pour un tas de choses, et considère le tennis plutôt comme un hobby des plus plaisants. Jusque là tout va bien. Sauf que la joueuse professionnelle va se retrouver dépassée par l'enthousiasme puis le talent de son partenaire. L'ambition, la soif de réussir les dévorent tous les deux, la rivalité s'installe. Y a-t-il encore une place pour l'amour ? Qiu doit céder à l'autre, qui fera le sacrifice d'une carrière pour que le couple survive ?

 

C'est l'éternel débat qui est disséqué dans ce roman. Cela aurait pu être une rivalité professionnelle dans le monde de l'entreprise, mais l'auteur a préféré le domaine sportif, choix sans doute plus judicieux. On assiste, un peu comme dans un match, et va et vient des sentiments du couple. Au fil des années, les rapports deviennent de plus en plus conflictuels, leur vie de couple est entièrement régie par le tennis. Chacun est capable des pires bassesses, se montre expert dans l'art de commettre des petites trahisons. Les reproches, les constats amers, les jalousies empoisonnent le quotidien.

J'avoue pour ma part, avoir eu beaucoup de mal à trouver Willie sympathique. La jeune femme m'a considérablement agacée tout au long du roman, et je n'ai ressenti un peu de compassion qu'à de très rares occasions. Eric au contraire, m'a semblé bien plus digne d'intérêt malgré ses travers. sans doute parce que c'est lui aime le plus. Mal sans doute mais davantage. Et aussi parce que la coup fatal que lui porte Willie est si méprisable, que je ne pouvais m'empêcher de plaindre  l'époux trop parfait.

 

Bien que j'ai suivi avec un certain intérêt cette descente aux enfers, le propos du roman m'a paru tellement futile que cela a quelque peu gâché ma lecture. Il faut quand même admettre que cette dissection d'un couple sur fond de rivalité au tennis est assez mince. L'égoïsme forcenée de l'une, l'entêtement de l'autre, et leur incroyable incapacité à être heureux simplement pour une question de rivalité professionnelle est assez pathétique. Même les passages relatifs aux réunions familiales (et l'on découvre pourquoi Eric et Willie sont devenus ces personnages un peu creux), s'ils expliquent leur comportement, mettent davantage en relief leur mesquinerie et leurs faiblesses.

 

On passe 444 pages à les regarder se déchirer et s'empoisonner l'existence pour une petite balle jaune (et quelques honneurs et de l'argent, c'est vrai). De plus, les descriptions des tournois, des entraînements sont fort nombreuses, les termes techniques abondent et finissent par lasser. Certes, j'étais prévenue par le quatrième de couverture, cependant, je ne m'attendais pas à ce que le tennis soit aussi présent dans le roman. Fort heureusement, ce sont les grandes figures de ce sport, que je daignais regarder de temps à autre à la télévision, qui sont évoquées : John Mc Enroe, Stefan Edberg, Jimmy Connors... la grande époque.

 

Pour résumer, je dirai que le roman est un poil trop long, le personnage féminin est particulièrement détestable, leur vie de couple dénuée d'intérêt car leurs problèmes reposent sur un différend trop futile à mes yeux, d'autant que leur quotidien étant rythmé par les compétitions et les entraînements, le tout ayant un côté répétitif assez lassant. Et cependant, l'auteur est parvenue à m'emmener au bout de son récit, ce qui tout de même un exploit. Ce ne fut donc pas une lecture déplaisante,  mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable non plus. Une impression mitigée donc, car je n'ai pas aimé et pas détesté non plus.   

 

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commentaires

keisha 15/12/2010 10:13


Attends toi à un choc!


keisha 14/12/2010 09:52


Au fait, si tu n'as pas lu Il faut qu'on parle de kevin, du même auteur, jette toi dessus, oh oui!


Folfaerie 14/12/2010 18:35



Je pense que je l'emprunterai en biblio plutôt  j'espère en effet que ce roman sera moins "inconsistant" que Double
faute...



keisha 14/12/2010 09:52


Mon billet dans un ou deux jours surement, mais je pesne comme toi! Un léger ennui, même si on arrive vite au bout quand même


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