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2010-07-10T06:30:00+02:00

Examen critique de la pétrification (Thorne Smith)

Publié par Folfaerie

Merci aux éditions de L'Oeil d'or qui m'ont gentiment permis de chroniquer ce roman. Un mot sur l'auteur, dont le nom m'était jusqu'alors inconnu. Thorne Smith (1892-1934) est un écrivain américain surtout connu chez nous pour Ma femme est une sorcière, roman qui fut adapté au cinéma par René Clair et qui inspira la fameuse série télévisée Ma sorcière bien-aimée mais également pour Topper (ceux qui aiment les classiques hollywoodiens se souviendront peut-être du film), l'histoire d'un banquier qui cohabite avec un couple de fantômes. On notera donc l'originalité des sujets... 

 

Ce roman-ci (dont le titre original est The night life of the gods)  est complètement loufoque et nous conte les aventures d'un inventeur, Hunter Hawk, qui a trouvé le moyen de pétrifier toute créature vivante et de lui rendre ensuite son apaprence normale. Une trouvaille qui va naturellement bouleverser sa vie et provoquer bon nombre d'événements extraordinaires. On ne pétrifie pas sans causer quelques dommages... D'ailleurs, son premier essai sera réalisé sur une partie de sa propre famille, sa soeur, son beau-frère, son neveu et le grand-père, tous insupportables. Seule la nièce, Daffy, suscite la sympathie de Hunter qui ne semble vraiment aimer que son chien (et pourtant, le personnage de Daffy n'est pas vraiment indispensable dans le déroulement de l'histoire...).

Un soir où Hunter est plus guilleret que de coutume et décide de faire une promenade nocturne il rencontre un être qui va considérablement influer sur sa vie : un des rares représentants du Petit Peuple, exilé d'Irlande. Après une nuit de beuverie, Hunter rencontre la fille du petit homme, une fée de 400 ans, Megaera qui s'amourache aussitôt de l'inventeur.  Ce couple d'excentriques va semer la zizanie partout où il va passer. Il faut dire que Hawk a formé un projet plutôt fou : dépétrifier les dieux de l'Olympe figés pour l'éternité dans un musée new-yorkais...

 

"Pendant ce temps-là, les dieux cherchaient à s'habiller. M. Hawk menant une phalange compacte de corps nus fonça dans le magasin et sauta sur le premier individu réceptif, qui s'avéra être le directeur. Les Olympiens dévêtus se groupèrent derrière M. Hawk, parcourant le magasin d'yeux alertes.

- Je vous achète tout, soupira M. Hawk

- Il va bien falloir, répondit le directeur en contemplant ses futurs clients avec une admiration amusée."

 

La traduction d'Anne-Sophie Homassel (qui avait déjà traduit Zuleika Dobson) me parait excellente. J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur, le vocabulaire choisi. Les situations sont burlesques, l'histoire vraiment peu banale. Hawk est un personnage à la fois excentrique et plein de manies, mais soucieux malgré tout des conventions, timide et cependant aventureux. Du jour où il découvre le secret de la pétrification, sa vie jusqu'ici ordinaire et monotone change du tout au tout (une façon pour Smith de se venger du carcan de son époque et de son milieu ?). L'auteur insiste particulièrement sur la liberté et le conformisme :Le constat de Hawk face aux réactions bien légitimes des dieux (qui symbolisent une joyeuse société que rien ne gêne, ni la nudité ni le plaisir de bien boire et bien manger...) le poussera d'ailleurs à prendre une décision inattendue à la fin du roman, et non dénuée d'une certaine poésie...

 

Il y a beaucoup de scènes fort drôles mais hélas, beaucoup de longueurs aussi. Je dois avouer que certains passages m'ont paru interminables : la soirée chez les Brightly, l'installation à l'hôtel avec les Dieux. Cela aurait pu, et dû, rester véritablement drôle, féroce et percutant si le texte avait été raccourci.

Autre chose, c'est également un roman sur la beuverie. Tout le monde boit, à toute heure du jour et de la nuit. Au début, cette manie explique certaines choses, provoque certaines situations, puis ça devient lassant. Certes, le roman est une critique de la société bien-pensante, et ces beuveries continuelles sont un défi au puritanisme ambiant mais fallait-il s'éterniser pour autant ? 

Ce sont les deux seuls reproches que je ferai à cette oeuvre qui mérite bien d'être découverte et qui m'a fait sourire à plusieurs reprises.

 

Enfin, dernier point et non des moindres à mes yeux : cet ouvrage a été imprimé sur du papier FSC, c'est à dire  provenant de forêts gérées durablement. Une excellente initiative écologiste à souligner et encourager.

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commentaires

Véro. 26/07/2010 21:36


Pas vraiment tentée à cause des longueurs et de la beuverie...


Folfaerie 27/07/2010 10:50



Ah ça, c'est le fil conducteur du récit : tous les protagonistes boivent, du soir au matin et vice-versa... sans être la mère la Morale, cela a fini par me lasser complètement... C'est dommage
car le roman est original.



Virginie Normand 10/07/2010 09:23


Ca donne envie de le lire. Hop, ajouté à ma liste de livres à lire. Merci pour la découverte.


Folfaerie 10/07/2010 17:55



Mis à part quelques longueurs, c'est plutôt drôle, une bonne lecture d'été en plus



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