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2010-11-22T22:04:00+01:00

Fragment (Warren Fahy)

Publié par Folfaerie

Décidément, je n’ai pas de chance avec une certaine littérature américaine… après la grosse déception causée par Pirates de Crichton, la semi-déception due au secret du bayou de John Biguenet et le malaise ressenti à la lecture de Kornwolf (Tristan Egolf), me voici à nouveau un peu désappointée par ce roman de science-fiction. Je remercie néanmoins Blog O Book et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat. 

Fragment est ce genre de  roman calibré pour être adapté par Hollywood, ce qui sera le cas d’ailleurs comme il est indiqué sur le quatrième de couverture. L’intrigue s’en ressent et l’écriture aussi. Je ne compte plus le nombre de « waouh », « cool mon pote » et phrases succinctes se terminant invariablement par « ok » !

Pour faire court, le roman débute avec le tournage d’une émission de tv réalité, baptisée Sea Life et qui va se transformer en catastrophe, lorsque le navire transportant membres d’équipage, équipe tv, figurants et scientifiques va s’approcher d’une petite île perdue, baptisée Henders,  pas très loin de Pitcairn, là où s’étaient réfugiés les fameux mutinés de la Bounty.  

Sur cette île, séparée d’un ancien grand continent, créatures en tous genres et végétaux ont évolué différemment des autres créatures de notre planète, et représentent un danger  bien réel : des bestioles aux formes improbables dont l’unique but est de tuer et se multiplier, de manière accélérée. Un vrai cauchemar ! Entre les fourmis-disques, les spiders-tigres et rats de Henders, sans compter la myriade d’insectes prédateurs et les arbres… qui n’en sont pas ! tout un catalogue de joyeusetés  sont réunies sur l’île.  

L’auteur se servant à la fois des thèses de Charles Darwin et de Stephen Jay Gould, s’en est donné à cœur joie. N’ayant gardé qu’un souvenir fort vague de mes cours de bio, je dois avouer que tout ce jargon scientifique m’a quelque peu lassée car nombreuses sont les discussions entre scientifiques et les comptes rendus des conférences.

Les personnages sont assez nombreux, mais le lecteur suit essentiellement la productrice de l’émission, une caricature dans son genre, Cynthea, le cameraman Zero, la botaniste de charme, Nell, Andy le biologiste un peu stressé, le scientifique bardé de prix, Thatcher, le décontracté et rebelle Geoffrey, lui aussi biologiste, etc. qui, chacun à leur façon, vont contribuer à faire découvrir les étonnants habitants de cet écosystème unique.  

C’est évidemment le point fort du livre, présenter l’hypothèse d’un écosystème inviolé, où l’homme n’aurait eu aucune influence. De même que j’ai bien apprécié les thèses du professeur Thatcher qui voit en l’humanité un fléau pour les autres espèces. Dommage que l’auteur ne le transforme assez vite en un personnage caricatural et extrémiste. Il y a d'ailleurs plusieurs idées et constats intéressants dans ce roman : l'incapacité de l'homme à vivre en harmonie avec les autres espèces et son corollaire : sa grande capacité de nuisance, le pouvoir des medias, la peur de l'inconnu qui prévaut toujours et les solutions radicales qui en découlent. La fin du roman évoque cependant une possible remise en question plutôt rassurante.   

Pour le reste, on trouve les ingrédients communs à ce type d’histoire : l’obstination et l’aveuglement de l’’armée, la difficile décision du président des Etats-Unis chargé de sauver la planète à lui tout seul, la rivalité entre scientifiques…

L’imagination de l’auteur est fertile, les descriptions des créatures et organismes vivants de l’île de Henders sont fascinantes (même si pour certaines, j’ai eu un peu de mal à visualiser), de même que les thèses soulevées par Geoffrey (sur la brièveté de la vie humaine, que je vous laisse découvrir) et notamment sur les relations proies/prédateurs. Eclairante aussi, la décision du Président américain. Tous les ingrédients pour un film catastrophe à grand spectacle sont réunis, et le roman navigue  entre l’île du docteur Moreau, Rencontre du 3ème type  et Jurassic Park.  

Pour résumer, je dirai que les deux tiers du roman sont intéressants, puis la dernière partie est un peu bâclée et tourne rapidement à la caricature, de sorte que j’ai eu davantage l’impression de lire un scénario plutôt qu’un roman. Ce que je regrette.

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commentaires

Morgouille 08/12/2010 18:58


C'est vrai, mais il y a tellement d'autres livres qui m'ont l'air plus convaincants ! :)


Folfaerie 08/12/2010 19:26



Et bien ton commentaire me fait plaisir, ça veut dire que tu te fies à mon bon goût !



Morgouille 08/12/2010 12:01


Dommage que la fin soit bâclée, il a l'air intéressant, ce roman !


Folfaerie 08/12/2010 18:55



Ce n'est que mon avis après tout, tu devrais tout de même le lire pour te faire ton opinion.



Véro. 24/11/2010 21:01


Bon, eh bien nos LAL sont suffisamment riche pour ne pas les encombrer d'un titre pour lequel il n'y a pas un enthousiasme fulgurant !


Lelf 23/11/2010 19:28


Il n'a pas l'air spécialement original et intéressant ce roman, je n'ai pas vu de chronique assez convaincante jusque là. Ceci dit, s'ils en font un film, c'est le genre que je regarderai avec
plaisir (peut être pas au ciné... mais au moins à la télé :p)


Folfaerie 24/11/2010 19:00



C'est comme moi, hein, j'attendrai une diffusion sur petit écran... Ceci dit, le propos du roman est intéressant même s'il ne révolutionne pas le genre, mais les clichés sont un peu trop nombreux
à mon goût, et l'écriture, bah...



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