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2010-05-27T07:19:00+02:00

Indian Creek (Pete Fromm)

Publié par Folfaerie

Avant toute chose, un grand merci aux éditions Gallmeister et à In cold Blog pour l'organisation de ce petit concours qui m'a permis de remporter une édition poche de ce roman qui me faisait envie depuis quelques temps.

N'oublions pas que je suis une fan du Nature Writing.

 

Pete Fromm est l'une des nouvelles plumes de L'Ouest américain. Indian Creek est le premier livre traduit en français, mais il est l'auteur d'autres romans et nouvelles.

 

Il a une vingtaine d'années quand, sur une brusque impulsion, il accepte une offre d'emploi originale : surveiller des oeufs de saumons implantés dans un bras de rivière, durant sept mois, quelque part dans les Montagnes Rocheuses, dans le parc naturel de la Selway-Bitterroot.  Ce qui implique de vivre dans la nature, seul, et à la dure.

Ne connaissant rien à rien, Pete accepte avec enthousiasme, heureux à l'idée de passer quelques mois dans le wilderness qui fait tant rêver les jeunes américains. Et les lecteurs aussi.

Moi en tout cas, j'étais partante pour cette immersion dans une littérature que j'affectionne particulièrement, depuis la découverte de Thoreau. Mon enthousiasme s'est cependant émoussé au fil des pages, je dois bien le reconnaître.

Passons sur le fait qu'en quelques semaines (jours ?), le jeune homme apprend tout un tas de trucs inconnus jusqu'alors comme couper du bois, faire la cuisine, tanner des peaux de bêtes, conserver de la viande, etc. Grâce aux livres qu'il a emportés et dont il suit scrupuleusement les conseils, il devient même trappeur.

Notre Daniel Boone des temps modernes, qui n'avait jamais touché un fusil, devient non seulement un bon tireur, mais aussi un bon trappeur. Il capture des animaux sauvages qu'il tue pour les manger. Je précise pour que ce soit bien clair.


Le hic, outre le fait que je ne goûte guère les scènes de chasse et de mise à mort, c'est que Pete n'est pas seul au monde, perdu dans la jungle, mais seulement à une soixantaine de km de Missoula (Montana) qu'il dispose d'un camion, qu'il reçoit de temps en temps la visite des gardes du parc et surtout des chasseurs du coin. Disons que ce n'est pas une solitude complète. L'auteur nous ressort l'éternel cliché du type qui mesure sa virilité et sa capacité à survivre dans la nature à l'aune du nombre d'animaux trucidés et consommés. Et ça, c'est quelque chose qui m'agace particulièrement en littérature.

Heureusement, parfois il lui arrive des choses cocasses (en raison de son inexpérience), souvent il s'extasie sur les paysages (et du coup moi aussi) et enfin, le fait qu'il ait avec lui une petite chienne adoptée juste avant son départ, est le prétexte de scènes à la Jack London, de jolis moments d'amitié entre l'homme et le chien.


Pour le reste, son séjour dans les Rocheuses ressemble par moments à certains passages de Rambo (c'est qu'il est fortiche le gars, il se tire de toutes les situations, frôle la mort, évite les accidents, réchappe de peu à une intoxication, etc.) et au journal intime d'un jeune blanc-bec à qui ses copains et les fêtes  manquent un peu quand même.

Je n'ai pas ressenti d'émotion particulière durant cette lecture, je n'ai pas décelé cette passion immodérée pour le monde sauvage ou tout simplement ce respect pour la nature que j'ai déjà rencontrés chez Ed Abbey, John Muir, Rick Bass, Norman McLean ou d'autres auteurs que j'aime. Ces sentiments nesont pas absents, mais c'est plus discret chez Pete Fromm, probablement parce que le récit est surtout centré autour de sa petite personne.


Je m'en veux un peu de terminer sur une note négative, aussi dois-je ajouter que l'écriture m'a plu, et que, globalement, j'ai apprécié ce récit (essentiellement si je fais abstraction des scènes de chasse) même s'il ne figurera pas dans mes préférés.

 

PS : Je me demande si, d'une certain façon, mon avis sur ce livre n'a pas été influencé par une lecture précédente, celle d'Into the Wild... Ceci expliquerait mon léger désappointement au sujet d'Indian Creek. 

 

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commentaires

claudialucia 13/09/2011 11:48


Je mets un lien vers ton billet. Comme j'ai aimé ce livre, cette descente en flèche fera le contre poids à mon billet positif!! Du coup, je me dis qu'il va falloir que j'aille lire les auteurs que
tu aimes et que je ne connais pas (je suis vraiment novice dans ce genre de littérature). D'ailleurs, je continue à aimer Jack London et les histoires à la Jack London.


Folfaerie 13/09/2011 18:27



C'est vrai que ça finit par être incroyable cette avanlance de billets positifs. Je suis donc la seule à ne pas avoir été emballée !! Et bien tant pis, j'assume


J'espère que tu aimeras quelques uns de mes auteurs favoris, j'ai comme l'impression d'être en décalage avec plein d'autres lectrices sur le Nature Writing...



Jeneen 05/06/2011 06:03


oui !!! Et depuis j'ai lu "Caribou island" ici("désolations", en français )de david Vann aussi, tu crois que tu te lanceras ? (faut pas rester sur une déception...hehe)
A plus tard


Folfaerie 07/06/2011 22:49



Oui, je tenterai quand même David Vann, mais je ne sais pas encore pour lequel de ces deux titres.



Jeneen 03/06/2011 23:00


PS : au fait, je viens de relire mon commentaire et cela ne ressort pas mais bien évidemment, j'ai beaucoup aimé "into the wild" qui reste un des meilleurs livres engagés du genre je pense...(ce
qu'effectivement n'est pas du tout "indian creek", je dois le reconnaitre)Allez, on se retrouvera bien sur un auteur (ou un titre), je guetterai tes suggestions...!


Folfaerie 04/06/2011 20:50



Ah ben voilà, je lis ton message après mon précédent commentaire, bon et bien nous sommes d'accord finalement



Jeneen 03/06/2011 22:54


coucou,
je découvre ton blog, et il est très intéressant. Bon, moi par contre, j'ai adoré "indian creek" : je pense que le côté écologique n'est en effet pas le but du roman mais bien qu'opposée à la
chasse, je n'ai pas été dégoutée par les scènes de chasse, elles ne spont pas relatées comme une apologie de cette pratique, au contraire, mais simplement comme un moyen de subsistance et quand on
sait qu'il est devenu ranger, on se doute qu'il aime la nature. Je ne pense d'ailleurs pas que le livre tourne "autour de sa petite personne" (contriarement à into the wild) d'autant qu'il est très
humble, corrige et apprend de ses erreurs.
C'est très rafraichissant, il sait rire de lui-même...et c'est rare. Peut être n'était-ce pas pour toi le bon livre au bon moment... En tout cas, je lirai avec plaisir tes billets sur la
littérature "nature writing" que je connais peu et que je découvre grâce à Scor13...


Folfaerie 04/06/2011 20:48



Oui je reconnais que je suis passée à côté. Comme tu dis ce n'était peut-être aps le bon moment, j'ai prévu de le relire un jour ou l'autre, je verrai bien si je change d'avis. Ou alors c'est que
je suis devenue bien difficile... Si j'ai bien compris ta remarque sur Into the wild, alors nous sommes en désaccord là aussi ! Ton blog a l'air bien intéressant, j'espère qu'on pourra confronter
nos avis sur d'autres lectures



Lystig 20/01/2011 23:04


Demain matin mon billet sur ce livre, mon premier du challenge "Nature Writing"


Marie L. 27/05/2010 18:42


Bon, je laisserai de côté ce roman...
Ca fait longtemps que je ne suis pas venue chez toi (coupure internet due à mon déménagement), ça a changé? Autres couleurs, autre design, non?
J'aime beaucoup cette nouvelle apparence.


Folfaerie 28/05/2010 17:10



Voui, nettoyage de printemps je dirai  Si tu tiens à lire du Nature Writing, il y a en effet d'autres titres
bien plus captivants.


J'ai vu que ton blog fonctionnait au ralenti, mais je passe de temps à autre voir les nouveaux billets. Ah, les coupures internet, ça me connait



In Cold Blog 27/05/2010 13:51


ohhh :( Je suis déçu : j'aurais aimé qu'il te plaise. Il ne me reste plus qu'à me faire mon opinion en le lisant un de ces jours...


Folfaerie 27/05/2010 17:23



Ah mais ce n'est pas de ta faute. J'ai lu ici et là de bonnes critiques sur ce livre, sur d'autres blogs, je dois être l'exception. Il est certain que c'est un peu difficile pour moi d'apprécier
la prose de Fromm, après les autres auteurs que je cite dans le billet...  Pour être honnête, j'ai même trouvé certains passages de "Julius Winsome" plus beaux, alors que c'est un roman noir
et pas du Nature writing. C'est un de mes travers. J'aime sentir que l'auteur se laisse gagner par l'émotion face à un paysage, dénonce les idioties de ses contemporains, fasse prendre
conscience au lecteur de la fragilité de la nature et ne traite pas les animaux sauvages comme de simples produits de la chasse.  Enfin, pas de chance pour Pete, je venais de relire,
pour refaire un billet sur mon blog, la consolation des grands espaces de Gretel Ehrlich. C'est fou comme on change de perspective quand c'est une femme qui se retrouve dans la nature
  Ce n'est pas bien grave, je suis contente de l'avoir lu et il y a vraiment de beaux passages. Quand même.



Véro. 27/05/2010 13:12


Ca ne peut pas marcher à tous les coups ! Dommage.


Folfaerie 27/05/2010 17:25



En effet. et je me console en me disant qu'il y a d'autres livres plus à mon goût dans cette catégorie, et que les éditions Gallmeister auront bien d'autres publications à proposer dans le futur.



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