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2011-12-11T12:35:00+01:00

La fille du roi des elfes (Lord Dunsany)

Publié par Folfaerie

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv11535491.jpgIl était une fois un conte merveilleux écrit par un aristocrate irlandais. Un conte qui parle de fées ou d'elfes - la distinction est imprécise - de trolls et de licornes, d'une sorcière qui forge une épée magique et de l'insatisfaction des hommes.

 

Au pays des Aulnes, le Parlement se désole car le peuple ne rêve que d'être gouverné par un prince enchanté. Qu'à cela ne tienne. Le roi envoie son fils, le prince Alvéric, au pays Enchanté pour y accomplir des prouesses. Au terme d'un long périple, le prince ramène une belle fiancée, la princesse Lirazel, et un peu de la magie de ce royaume fantastique. Le peuple est content; c'est là l'essentiel. Mais la belle histoire d'amour ne dure guère. Après la naissance de leur fils Orion, la princesse se languit de plus en plus de son royaume enchanté. Le jour où elle se décide enfin à retourner chez elle, Alvéric décide de la retrouver, longue et vaine quête qui prendra des années, tandis qu'Orion grandit plus ou moins seul.

 

C'est un récit, disais-je, où le Merveilleux domine. La plume de l'écrivain est poétique, le style parfois ampoulé, mais le tout se prête admirablement à cette histoire qui repose en grande partie sur le regret et la nostalgie.

 

J'ai aimé les descriptions de la nature, de la vie paisible de cette vallée et les beautés enchanteresses de la forêt magique (une excellente trouvaille) et des terres du Roi des Elfes. Les paysages qui nous sont si familiers, un bois, la campagne, peuvent être entrevus sous un angle si poétique, si merveilleux que cela console de bien des choses...

 

Le prince Alvéric est un homme fort contradictoire : attiré par le royaume enchanté, aimant la fille du roi des Elfes, il ne peut pourtant s'empêcher de demander à son épouse un comportement "normal". Mais la pauvre princesse est si loin de toutes ces futilités qu'elle oublie les prières au fur et à mesure qu'elle les apprend. Son père, que le chagrin accable, finit par jeter un sort si puissant que la princesse décide un beau jour de retourner en sa demeure. Et voilà notre Alvéric décidé à partir en quête de son épouse. A lui les années d'errance en compagnie de quelques compères farfelus car peu de personnes ont envie de l'aider. C'est bien la magie, mais de loin... Le peuple non plus ne sait pas ce qu'il veut...

 

Pendant ce temps, le prince Orion grandit dans au pays des Aulnes, loin des soucis et des tracas. En voilà un drôle d'héritier, qui ne s'intéresse absolument aux affaires de son petit royaume, mais ne songe qu'à la chasse. S'ensuivent des pages et des pages de descriptions de chasses aux cerfs et, ô sacrilège, de chasses aux licornes. Orion et sa meute de chiens étant obsédés par ces créatures si pures... Lord Dunsany était un chasseur enragé lui aussi, traquant son gibier sur presque tous les continents. Il a cru que d'autres que lui seraient intéressés... hélas, ce sont les passages qui m'ont rebutée ! D'autant plus que ces scènes ont un caractère répétitif qui nuit au rythme du roman, déjà un peu lent.

 

Alors que dire en résumé ? Que c'est un récit de fantasy où il ne se passe pas grand-chose, peu d'aventures ou d'épreuves, mais qui abonde en délicieuses descriptions de la nature qui nous entoure, et qui parle du regret de ne pouvoir accomplir ses rêves, de choses qui seront toujours inaccessibles, de la perte de la beauté et de la magie. Un peu de mélancolie flotte au-dessus de ces pages. La fille du roi des elfes est bien certainement un de ces classiques de la fantasy qu'il faut découvrir. Passés certains écueils, la lenteur du récit, on ne peut que se laisser toucher par la grâce de ce conte.

 

Et les montagnes bleues surplombèrent de nouveau la frontière comme si leurs cimes pâles et sereines n'avaient jamais bougé. Les licornes revinrent paître selons leur habitude aux confins du royaume, habitat naturel de toutes les créatures fabuleuses, où elles se remirent à grignoter les lys au pied des versants montagneux  et à se glisser parfois le soir, quand tout est tranquille, à travers la frontière crépusculaire pour aller goûter l'herbe terrestre. Il arrive aussi à notre renard familier de traverser la frontière en certaines saisons, et c'est de là-bas qu'il ramène ce relent de mystère. Il est, pour le Royaume Enchanté, un animal fabuleux tout comme la licorne l'est à nos yeux.

 

Traduction : Odile Pidoux


 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Luna 05/03/2013 09:01

Une lecture agréable, mais je ne pense pas qu'elle me marquera !

Ryuuchan 29/12/2011 20:28

C'est vrai que la scène de chasse m'a moi aussi gênée. Et surtout, j'ai eu du mal à comprendre son sens dans l'histoire (avec en plus l'histoire de pape...).

Non, je n'ai pas lu La Dernière licorne, mais c'est prévu ^-^

Ryuuchan 26/12/2011 20:07

Je voulais dire "une ode à l'imagination" (une légère précipitation m'a fait fourcher du clavier ^-^).

Ryuuchan 26/12/2011 20:05

Un bouquin que j'avais commencé bien des années auparavant et abandonné plusieurs fois. Je viens juste de renouer avec, et cette fois de le finir. Et je lis pas mal de critiques où les gens disent
avoir trouvé le temps long. Alors que personnellement, j'ai surtout vu une histoire prétexte à une contemplation des plaisirs de la vie, du temps qui passe et à une à l'imagination, au merveilleux.
L'auteur le dit lui-même (c'était au début de mon ouvrage, je ne sais pas s'il était dans ton édition) : il comptait parler de notre monde et du temps qui passe... bref, tout cela était en quelque
sorte annoncé depuis le début.

Je pense que l'écueil principal de ce bouquin, c'est que le lecteur veuille trouver une histoire. Alors que personnellement, une fois que j'ai eu pris du recul et accepté qu'il s'agissait presque
d'un prétexte pour cette contemplation, j'ai totalement adhéré au texte, que j'ai trouvé réellement magnifique.

Folfaerie 27/12/2011 18:17



Ce que tu dis est très juste, je crois qu'il faut effectivement aborder ce livre sous cet angle-là; Et s'il n'y avait pas eu ces scènes de chasse (qui me gênent dans la mesure où elles
introduisent une notion de violence, et perpétrée envers des créatures innocentes, ce qui ne me semble pas "coller" avec le ton général du roman.. ), j'aurai trouvé ce livre vraiment magnifique.
En revanche, dans mon édition, je n'ai pas cette préface de l'auteur. Mais je sius prête à le relire dans quelques temps pour vérifier si je suis toujours du même avis... Un peu dans ce registre
(en tout cas les thèmes abordés sont similaires), j'ai trouvé La dernière licorne de Beagle beaucoup plus réussi. Tu l'as lu ?



Geoffrey 14/12/2011 09:19

Ça n'a rien avec le livre mais c'est sympa de mettre le nom du traducteur, j'envisage de le faire aussi car dans le cas de livres traduits, la qualité de la plume de l'auteur dépend aussi du
traducteur. Je ne connaissais pas ce Lord Dunsany mais pourquoi pas...

Folfaerie 15/12/2011 18:51



Maintenant que j'ai interviewé deux traducteurs, je ne pourrai pas faire autrement Auteur et traducteur sont
intimement liés pour le lecteur, me semble-t-il.



Walpurgis 12/12/2011 11:12

J'ai ressenti la même chose : des paysages oniriques, une belle atmosphère de magie mais hélas un récit en demi-teinte avec des longueurs.

Folfaerie 13/12/2011 18:56



Et bien ça me console un peu. Je me disais que c'était moi qui n'avait plus la patience de lire ce genre de récit. Décidément, et malgré le statut de classique de la fille du roi des Elfes, je
persiste à penser que Tolkien est le seul Maître en Fantasy



urgonthe 11/12/2011 19:00

Un classique, mais qui a l'air un tantinet ennuyeux... Merci en tout cas pour cette belle évocation.

Folfaerie 11/12/2011 20:04



Non, pas ennuyeux, mais un peu longuet quoi...



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