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2011-08-20T15:50:00+02:00

Le jeu de l'ange (Carlos Ruiz Zafon)

Publié par Folfaerie

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv74691166.jpgEt voilà, j'ai enfin terminé ce roman que j'avais bien envie de lire car il constituait une sorte de prequel à L'ombre du vent que j'avais adoré. Je dis enfin car cette lecture fut un peu laborieuse. Je suis un poil déçue, et pourtant j'ai bien aimé ce roman, malgré ses longueurs et redondances.

 

Il faut y voir avant tout un hommage à la littérature populaire, celle du XIXème siècle en particulier. Des Grandes espérances de DIckens, en passant par Faust de Goethe ou le Fantôme de l'opéra de Leroux, Le jeu de l'ange combine une ambiance fantastique, très sombre, des personnages grand-guignolesques qui s'empoisonnent, se suicident, sont impitoyablement détruits, une histoire d'amour à la Zafon, évidemment tragique, et une Barcelone omniprésente, noire, oppressante, sordide, enfumée... où un touriste n'aurait guère envie de s'attarder.

 

Zafon a placé son histoire sous le rouge et le noir : le sang, le feu, la pluie, le charbon, le coeur des hommes... bref, rien de bien gai.

Je serai bien incapable de résumer cette histoire tortueuse, aussi je laisse la parole à l'éditeur :

 

Barcelone, années 1920. David Martin, dix-sept ans, travaille au journal La Voz de la Industria. Son existence bascule un soir de crise au journal : il faut trouver de toute urgence un remplaçant au feuilletoniste dominical. Sur les conseils de Pedro Vidal, chroniqueur à ses heures, David est choisi. Son feuilleton rencontre un immense succès et, pour la première fois, David est payé pour ce qu'il aime le plus au monde : écrire.
En plein succès, David accepte l’offre de deux éditeurs peu scrupuleux : produire à un rythme effréné des feuilletons sous pseudonyme. Mais après quelques années, à bout de force, David va renoncer. Ses éditeurs lui accordent alors neuf mois pour écrire son propre roman. Celui-ci, boudé par la critique et sabordé par les éditeurs, est un échec. David est d'autant plus désespéré que la jeune fille dont il est amoureux depuis toujours - et à laquelle le livre est secrètement dédié - va épouser Pedro Vidal.
Son ami libraire, Sempere, choisit ce moment pour l’emmener au Cimetière des livres oubliés, où David dépose le sien. Puis arrive une offre extraordinaire : un éditeur parisien, Corelli, lui propose, moyennant cent mille francs, une fortune, de créer une texte fondateur, sorte de nouvelle Bible, « une histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués, d’offrir leur âme ».
Du jour où il accepte ce contrat, une étrange mécanique du meurtre se met en place autour de David. En vendant sa liberté d’écrivain, aurait-il vendu son âme au diable ? Épouvanté et fasciné, David se lance dans une enquête sur ce curieux éditeur, dont les pouvoirs semblent transcender le temps et l’espace.

 

C'est une histoire foisonnante, à la fois conte fantastique (qui est Andreas Corelli, un ange ou un démon ?) où les malédictions abondent,  histoire d'amour tragique, et enquête policière (il pleut des cadavres à volonté) où se succèdent révélations, coups de théâtres et illusions.

Carlos Ruiz Zafon utilise un peu les mêmes ficelles que dans ses deux autres romans, après on aime ou on n'aime pas de type de récit et cet univers si particulier. Ce n'est pas tant le sujet qui m'a rebutée (et puis j'ai aimé retrouver les sympathiques figures de Sempere père et fils, le Cimetière des livres oubliés) que les longueurs (dans les descriptions notamment, je pense en particulier à la maison) et les répétitions supposées recréer l'atmosphère : la maison, froide ou humide, l'odeur putride qui émane de tout un tas de choses (la chambre du fond, la vieille femme, etc.), la pluie maintes fois comparée à des larmes noires et j'en passe.

 

Je me serai contentée d'un roman de 400 pages plutôt que d'un peu plus de 600 pour tout dire. Cependant, il y a certaines choses qui m'ont séduite : même si le personnage de David parait souvent bien égoïste et faible, j'ai aimé l'évocation de son enfance et ses relations avec ses parents expliquent le halo de solitude qui l'entoure, ses rapports avec Vidal puis avec Isabella - la jeune fille est le personnage féminin le plus intéressant du roman. Enfin, cette réflexion autour de la foi et de la religion m'a semblé intéressante bien que parfois déconnectée du reste du récit. C'est sans doute parce que l'auteur a voulu traiter trop de sujets que Le jeu de l'ange semble parfois confus et brouillon. En témoignent les dernières lignes, qui m'ont laissée perplexe.

 

Alors certes le plaisir à la lecture fut mitigé, mais une fois de plus, j'ai préféré fermer les yeux sur les défauts du roman pour me laisser couler dans l'histoire, même si ce ne fut pas sans quelques petites secousses. J'ose espérer tout de même que Zafon ne vas pas passer le reste de sa vie d'écrivain à proposer des variantes de la même histoire qu'il nous conte depuis ses débuts...

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commentaires

**Fleur** 21/08/2011 20:54


J'ai adoré comme beaucoup l'ombre du vent. Mais celui-ci ne m'a pas vraiment plu.


Folfaerie 22/08/2011 11:02



Cela ne m'étonne pas ça sent un peu le réchauffé, mais c'est une bonne lecture d'été quand même.



Walpurgis 21/08/2011 11:41


On m'a prêté ce livre et je m'y lancerai une fois mes livres mepruntés terminés. J'avais adoré l'Ombre du Vent et je pense aimer celui-ci car malgré tes réserves, tu sembles séduite !


Folfaerie 22/08/2011 11:09



Excellente idée, moi j'ai quelques réserves mais j'ai lu ici et là des billets beaucoup plus enthousiastes que le mien, à toi de te faire ton opinion



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