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2010-01-10T08:51:00+01:00

Les émotions d'un perdreau rouge (Alphonse Daudet)

Publié par Folfaerie

C'est en faisant un énième tri dans mes cartons que je retrouve ce délicieux livre qui a enchanté mon enfance. Et qui m'a fait pleurer.
Un jour, il faudra que je m'attelle à un billet sur tous les livres d'animaux qui m'ont marquée durant l'enfance et l'adolescence, des Mémoires d'un âne à l'Appel de la forêt...
Donc disais-je, je retrouve cette touchante histoire, un album du père CAstor qui ne semble plus réédité par Flammarion. Je pense qu'on peut encore le trouver d'occasion, et peut-être même que certaines bibliothèques peuvent l'avoir conservé.
En dernier recours, on peut lire l'histoire sur l'excellent site In libroveritas.

Rouget est un perdreau qui appartient à une compagnie (c'est comme cela qu'on nomme une bande de perdreaux ou perdrix) et fait son apprentissage dans la nature avec un vieux coq sage et expérimenté.
Heureusement pour lui, car c'est le jour d'ouverture de la chasse et il faudra bien toute la ruse du vieux coq pour échapper aux chasseurs.L'histoire est très courte, l'album contient beaucoup de belles illustrations. J'avais suivi, très angoissée, les aventures de Rouget en priant pour qu'il ne soit pas tué.

Voici un extrait de ce petit livre qui révèle bien mieux qu'un beau discours les sentiments de Daudet sur la chasse. Et en ces temps curieux où les chasseurs font de la propagande dans les écoles pour sauvegarder leur loisir, il est bon de se rappeler que chasser c'est tuer, c'est supprimer des vies animales (et même humaines accessoirement). Oh je sais, aujourd'hui on ne dit pas tuer mais prélever et gérer. Les mots ont un étrange pouvoir ne trouvez-vous pas ?


Alors nous revînmes tout doucement vers la plaine, pour avoir des nouvelles de notre compagnie. En passant devant la petite maison du bois, je vis quelque chose d'épouvantable, Au rebord d'un fossé, les lièvres au poil roux, les petits lapins gris à queue blanche, gisaient à côté des uns des autres. C'étaient des petites pattes jointes par la mort, qui avaient l'air de demander grâce, des yeux voilés qui semblaient pleurer ; puis des perdrix rouges, des perdreaux gris, qui avaient le fer à cheval comme mon camarade, et des jeunes de cette année qui avaient encore comme moi du duvet sous leurs plumes. Savez-vous rien de plus triste qu'un oiseau mort ? C'est si vivant, des ailes !
De les voir repliées et froides, ça fait frémir... Un grand chevreuil superbe et calme paraissait endormi, sa petite langue rose dépassant la bouche comme pour lécher encore.
Et les chasseurs étaient là, penchés sur cette tuerie, comptant et tirant vers leurs carniers les pattes sanglantes, les ailes déchirées sans respect pour toutes ces blessures fraîches.

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commentaires

clothilde 16/02/2011 21:37


Tristounet ? Je ne sais pas, ce que je sais c'est qu'il était malade et qu'il le raconte dans le journal La Doulou.
Mon cousin a fait des recherches approfondies sur Daudet car nous portons le nom de sa mère Adeline,et nous sommes issus du même coin, mais il semblerait que non ce ne sont pas nous les descendants
d'Alphonse. Déception !! je plaisante, on n'est ni plus bêtes ni plus intelligents, mais il nous est restée une affection pour Daudet. Bonne fin de semaine.


Folfaerie 17/02/2011 18:34



Honte à moi, je connais très mal la biographie d'Alphonse Daudet. Je vais tâcher de réparer ça... Jolie anecdote sur l'auteur, et tant pis pour la filiation ! Avoir vécu dans les mêmes lieux que
lui est déjà une consolation.



clothilde 29/01/2011 13:20


A. Daudet, j'ai lu beaucoup de ses livres et le Perdreau Rouge aussi, mais je crois que ne n'en ai lu qu'un seul extrait. Oui, les Contes du Lundi, le Petit Chose. Facile à lire, beaucoup de
nature, d'animaux dans l'oeuvre, mais le Petit Chose je crois que je n'ai pas lu en entier car (je ne veux pas écrire de bêtises et confondre avec un autre livre) certains passages étaient censurés
dans mon édition . J'aime lire Alphonse Daudet, toute une époque dans le Midi et aussi ailleurs parfois. Bon dimanche.


Folfaerie 30/01/2011 15:35



Oh la la, Daudet ça date pour moi aussi... Si je me souviens surtout du Petit Chose c'est parce que cette lecture m'avait déprimée. Et quelques nouvelles ici et là qui m'ont marquée comme l'homme
à la cervelle d'or. Il n'était pas un peu tristounet Alphonse ?


Bon dimanche.



angeline 12/01/2010 22:01


La couverture donne à elle seule l'envie d'ouvrir ce livre d'autant plus qu'il sort de vieux cartons. Ca prend une autre dimension émotionnelle.


Folfaerie 14/01/2010 10:28


C'est exactement ça, surtout que dans ce même carton j'ai retrouvé mon viel exemplaire Bibliothèque Rose des 4 filles du docteur March, une édition abrégée chez Hatier de la caravane de
Hauff, avec une joile couverture... Je me félicite aujourd'hui de ne pas m'être débarrassée de tous ces vieux livres !


Marie L. 11/01/2010 19:36


C'est génial de fouiller dans les vieux cartons, on retombe toujours sur quelques merveilles...


Folfaerie 12/01/2010 11:08


Je confirme, surtout que j'ai trouvé un autre ouvrage, une bio de Camus par un collectif d'auteurs, un livre assez ancien, je ne savais même pas que je l'avais, et ça, en pleine année Camus
! Incroyable...


Véro. 10/01/2010 17:34


J'aime beaucoup la manière dont écrit Daudet. J'ai relu avec plaisir il y a peu Les lettres de mon moulin.


Folfaerie 11/01/2010 18:14


Oui, moi aussi. Les lettres de mon moulin c'est une lecture qui commence à dater. Et le livre de Daudet qui m'a le plus marquée c'est Le petit Chose. je ne l'ai jamais relu...


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