Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2012-05-07T20:26:00+02:00

Ma cousine Phillis (Elizabeth Gaskell)

Publié par Folfaerie

http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv8751416.jpgUn nouveau livre (enfin nouveau, façon de parler ...) d'Elizabeth Gaskell est toujours un événement dans ma vie de lectrice. Les éditions de l'Herne ont eu la bonne idée de publier ce court roman ou cette longue nouvelle, au choix, qui pourra peut-être surprendre, de prime abord.

 

Paul Manning a dix-neuf ans, et pour la première fois de sa vie, il est indépendant. Installé par son père dans un petit logis de la ville d'Eltham, Paul débute son existence d'employé aux écritures sous les ordres d'un ingénieur chargé de construire une petite ligne de chemin de fer. Une occupation professionnelle qui va se révéler enrichissante pour le jeune homme. Il se prend d'amitié pour son mentor, l'ingénieur, M. Holdsworth, et surtout, il fait la connaissance de cousins éloignés qui vivent à Hope Farm (j'aime ce nom !). Les Holman sont des gens paisibles, et le couple est très attaché à leur fille unique, Phillis, de deux ans plus jeune que Paul.

Celui-ci ne tarde pas à éprouver une tendre affection pour cette petite famille, et en particulier sa cousine, jolie jeune fille, cultivée et calme. Elle m'a plu notamment en raison d'une phrase en particulier, un léger reproche qu'elle adresse à son cousin Paul :


- Ah bon ? Tant mieux, j'en suis ravie ! J'avais peur que vous n'aimiez pas les animaux, comme vous n'aimez pas les livres."

 


Et puis un jour, il prend l'initiative de présenter Holdsworth aux Holman. Le jeune ingénieur est charmeur, cultivé et fait rapidement la conquête de la famille...

 

Sur ce sujet tout simple, Elizabeth Gaskell évoque un peu de société rurale qui vivait encore un peu à l'écart des turbulences du monde moderne qui s'étend implacablement jusque dans les coins les plus reculés.

Il y a question aussi, enfin je crois, du sort des jeunes filles élevées dans un cocon dont elles ont bien du mal à s'extirper. Le révérend et sa femme sont des gens simples, ayant bon coeur et aimant tendrement leur fille. Mais bien qu'elle ait atteint l'âge de dix-sept ans, ils la voient toujours comme une petite fille, ce dont Paul, le narrateur de ce récit, se rend compte presque immédiatement.

Phillis cherche à se cultiver sans cesse et ses efforts sont touchants. Elle a appris à lire le latin, s'efforce d'apprendre l'italien seule, et lit beaucoup.


Le contraste avec les hommes est saisissant. Paul, à dix-neuf, vient de trouver un emploi, il fait des choses qui le passionne, l'ingénieur Holdsworth semble également avoir une vie captivante. Certes, Phillis mène une vie paisible et préservée, mais que sait-elle en-dehors de ses livres ? Qui fréquente-t-elle sinon les ouvriers qui travaillent à la ferme et quelques voisins ?

 

L'arrivée d'un jeune séduisant et si différent va brusquement chambouler son univers et semer le désordre au sein du cercle familial.

L'auteur excelle dans le portrait de ces gens simples de la campagne et nous restitue leur existence avec finesse et une certaine mélancolie. J'ai beaucoup aimé ce court récit qui me conforte dans mon intention de me procurer tous les Gaskell qui me manquent !

 

Merci aux éditions de l'Herne pour cet envoi inattendu, une bien jolie surprise !

 

La traduction, toujours soignée, est de Béatrice Vierne.

 

Surtout, n’oubliez pas de dire au père de Phillis à quel point j’étais fâché de ne pas pouvoir lui dire au revoir, ni les remercier, lui et sa femme, de toutes leurs bontés. Quant à Phillis – si Dieu le veut, dans deux ans je serai de retour et je lui dirai moi-même tout ce que j’ai dans le coeur.
— Alors vous êtes amoureux de Phillis ? demandai-je.
— Amoureux ! Pour ça oui, je le suis. Qui ne le serait pas, s’il pouvait la voir comme je l’ai vue ? Avec cette âme aussi originale et aussi rare que sa beauté ! Dieu la bénisse ! Dieu la maintienne dans sa noble tranquillité, dans sa pure innocence. Deux ans ! C’est bien long… Mais elle vit dans un tel isolement,
presque comme la Belle au Bois Dormant.



Voir les commentaires

commentaires

Karine:) 02/06/2012 05:02

Je l,avais bien aimé aussi ce récit. Pas autant que d'autres oeuvres de l'auteur mais bien quand même!

Folfaerie 02/06/2012 09:38



Oui, je le classerai dans ses récits mineurs, néanmoins, on apprend tout de même des choses intéressantes sur l'éducation des jeunes filles à son époque..



keisha 09/05/2012 10:02

Non mais quand même, Jane Austen n'est absolument pas nunuche! Merci de l'avoir défendue!
Pour Gaskell, je te recommande ses romans, cranford est délicieux, j'ai évidemment aussi lu cette Cousin Phyllis (so sad, this story)et en VO, car à une époque il fallait le lire en VO, pas de
traduction disponible!

Folfaerie 15/05/2012 20:53



Cranford est tout en haut de ma liste


Pour en revenir à Jane, je me lancerai bien dans une relecture d'une de ses oeuvres rien que pour écrire un billet. Contrairement à ce que pensent encore beaucoup de lecteurs, ce ne sont pas de
simples histoires sentimentales, c'est bien plus que ça. Mais aurai-je le temps et le courage...



Lettresus 08/05/2012 21:32

Ha Gaskell, effectivement c'est super à lire ! Je préfère de loin cette dernière à Jane Austen qui est trop collet monté à mon goût et parfois bien "nunuche".

Il y a une série adaptée de Cranford de Gaskell qui est superbe, mais je ne crois qu'elle soit traduite en français.

Bonnes lectures !

Lettresus

Folfaerie 08/05/2012 22:01



Oh non, elle n'est pas nunuche Jane Austen. Elle excellait dans les portraits de ses contemporains (en tout cas la société qu'elle fréquentait et son milieu social) et mine de rien, au travers de
ses intrigues sentimentales, elle dit bien des choses sur la société de son époque.


Et puis elle a un petit plus que je retrouve pas chez Gaskell : l'humour. Je crois que la lecture de ces deux écrivains est complémentaire finalement...



Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog