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2011-05-25T06:39:00+02:00

Mes années grizzlis (Doug Peacock)

Publié par Folfaerie

"Doug Peacock a écrit sur ses grizzlis avec passion et conviction. Son livre est une histoire d'amour, celle d'un homme qui a retrouvé son âme au contact du plus grand prédateur de la planète". Voilà, c'est l'avis de Jim HARRISON, que je reprends à mon compte (mais il le dit tellement mieux que moi).

 

Alors ça, si c'est pas du Nature Writing, franchement...

 

Ce magnifique récit a été également préfacé par William Kittredge, que les amateurs de littérature américaine doivent déjà connaître.
Doug Peacock est un ardent défenseur des grizzlis et un naturaliste depuis plus de 25 ans. Aux USA et ailleurs, c'est une légende, un mythe, et ce livre constitue une référence pour tous ceux que passionnent les grizzlis. Mais c'est bien plus que cela encore.
Ancien vétéran du Viet-Nam, Peacock a failli sombrer dans la folie en rentrant aux Etats-Unis. Devenu inadapté à la vie civilisée, paranoïaque et meurtri par une guerre qu'il ne comprenait pas, Peacock fut sauvé par une rencontre fortuite, avec un grizzly, alors qu'il campait dans les rocheuses. En guise de reconnaissance, l'homme va se consacrer à leur protection. Au fil des pages, Peacock se détend, s'apprivoise, exorcise ses démons. Il cesse peu à peu de parler du Viet-nam, se fait des amis (le légendaire Edward Abbey à qui l'on doit "Désert solitaire" et qui prendra Peacock comme modèle pour le protagoniste principal de son superbe roman "Le gang de la clé à molette", l'écrivain Rick Bass, des biologistes...), tombe amoureux... et se passionne pour la bonne cuisine (un point commun de plus avec Harrison). Son approche de l'écologie et de la protection animale est désintéressée, passionnée, logique et sensée. Il égratigne et dénonce au passage le mode de vie de ses compatriotes, le tourisme de masse, la bureaucratie qui étouffe l'administration des parcs nationaux, la lutte de pouvoir entre les organismes de protection de la vie sauvage.


A l'instar des grizzlis qu'il aime contempler, Doug Peacock ne se complait que dans la nature, loin des hommes. Les ours l'ont sauvé, l'écriture fut sa thérapie. En le lisant, je songeais à Norman McLean, à Rick Bass.
J'avoue que c'est un de mes livres favoris, et j'ai une réelle admiration pour ce grand bonhomme. A plusieurs reprises, il croise ours noirs et grizzlis mais ce sera toujours lui qui se montrera humble et qui préférera quitter les lieux. J'ai retrouvé ce respect de la nature dans ses réflexions relatives aux tribus indiennes.

 

"Le jeune grizzly s'est tourné et a descendu la pente sur trois mètres, puis il a pivoté tout en se dressant sur ses pattes de derrière. J'ai retenu ma respiration tandis qu'il essayait  de comprendre ce que je pouvais bien être.  J'ai recommencé à lui parler, plus fort cette fois, mais il ne semblait toujours pas m'entendre. (...) Chargeant de nouveau, il s'est encore une fois arrêté  en glissant et bondissant. .. J'ai continué à bredouiller, bien de face, tenant toujours le manche de cet imbécile de couteau. Au bout de cinq secondes j'ai tourné la tête vers le côté.  Il a regardé dans la direction opposée, puis, pivotant, il est parti en courant vers la ravine escarpée".  

 

logonaturewriting1

 

Un autre avis chez Petit Sachem. et chez Keisha

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commentaires

Le Bouquineur 07/03/2014 19:11

L’éditeur ne nous donne aucune explication sur la genèse de cet ouvrage et c’est bien dommage car elle pourrait excuser certaines de ses faiblesses. A priori, série de récits tirés du journal de l’écrivain se déroulant sur plusieurs années, on regrettera les répétitions et une construction mal élaborée laissant un sentiment d’éparpillement. Par conséquence le bouquin paraît un peu long parfois alors qu’il aurait tant gagné à être plus ramassé.

Folfaerie 10/03/2014 20:20

Je l'ai lu il y a un bout de temps mais je n'avais pas eu du tout cette impression d'éparpillement et il n'est pas trop long à mon goût. Bref, j'en ai gardé un très bon souvenir. Mais bon, je ne suis peut-être pas objective, les histoires d'ours me passionnent :-)

petitsachem 31/05/2011 09:33


ben, j'imagine que tu as déjà lu "Une guerre dans la tête"...sinon, en attendant, il y a la réédition des "Derniers grizzlys" de Rick Bass: il dresse un portrait psychologique de "l'animal Peacock"
très intéressant. C'est drôle comme ces 2 hommes à priori si différents peuvent s'apprécier!


Folfaerie 31/05/2011 21:41



Non, pas lu justement car le sujet m'intéresse moins. Mais je sais qu'il a écrit un autre ouvrage sur les ours, non traduit pour l'instant : In the presence of grizzlies : the ancient bond
between men and bears. Par contre, j'au lu le Rick Bass






petitsachem 29/05/2011 10:16


ah!... ce livre est dans ma PAL depuis un bon bout de temps. J'ai moi aussi une passion pour Peacock (je l'ai vu à Nantes la gorge serrée, je n'ai pas pu aligner 3 mots, me sentant toute petite...)
et mon homme a adoré lui aussi ce bouquin. Je crois que je vais l'exhumer de la pile pour cet été:))


Folfaerie 30/05/2011 20:32



Quelle chance de l'avoir croisé !! Je suis un peu déçue en revanche de ne pas trouver d'autres titres naturalistes de Peacock, en français...



mutuelle swiss life 26/05/2011 11:02


Intéressant :)


keisha 26/05/2011 08:52


Voilà les références, fraichement paru ce matin, pour le challenge
http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-l-or-des-fous-59990964.html
Que du bon, je te garantis.
Et je vais voir pour peacock, Une guerre dans la tête est disponible en librairie.


scor13 26/05/2011 06:20


je l'ai rajouté dans ma wish list troczone. Il ne me reste plus qu'à attendre qu'il soit disponible


Luna 25/05/2011 18:56


Ce livre m'a l'air sympathique !
Merci d'être passée :)


Folfaerie 25/05/2011 19:49



Il l'est, il l'est ! Il faut te le procurer d'urgence. Evidemment.



keisha 25/05/2011 16:23


*je te déteste*
Doug peacock, "LE" Doug Peacock.soupirs
ma vengeance sera terrible, j'ai déjà repéré un gallmeister écrit par lui.
Et demain, du nature writing haut de gamme chez moi.
mais je te déteste quand même ^_^


Folfaerie 25/05/2011 19:48



Heu, ce serait plutôt à moi de te détester ! Tu es en train de prendre une telle avance dans tes billets, c'est est écoeurant tiens ! J'attends ta vengeance de pied ferme, na !



zarline 25/05/2011 11:58


Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais j'ai très envie de réparer cet oubli. Décidément, il me reste beaucoup à découvrir dans le NW américain.


Folfaerie 25/05/2011 19:47



Il est vrai que j'ai tendance à piocher presque exclusivement chez les Américains, puis que le courant est né chez eux, cela me semble logique. Une fois que l'on découvr eles horizons américains,
et la pensée de ces écrivains, il semble que la France rétrécisse à vue d'oeil ! En tout cas c'est l'impression que je ressens toujours...



scor13 25/05/2011 08:03


encore une fois un très bel avis et une très belle histoire.


Folfaerie 25/05/2011 19:43



Merci ! Tu l'as mis sur ta LAL j'espère



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