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2012-06-19T19:19:00+02:00

Miss Mackenzie (Anthony Trollope)

Publié par Folfaerie

http://www.livredepoche.com/sites/default/files/styles/cover_book_focus/public/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2010/9782253133285-T.jpg

Dans l'Angleterre victorienne, Margaret Mackenzie, vieille fille de 35 ans, reçoit subitement un héritage et les prétendants ne tardent pas à se presser. Elle hésite entre son cousin John Ball, veuf et père de famille nombreuse, Samuel Rubb, l'associé filou de son frère, et le révérend Maguire. La situation se complique lorsque l'héritage est remis en cause... Le style est à l’image de son héroïne : tout en retenue et en mesure, sans fards, avec un art de la litote qui sert au mieux la satire sociale. Le livre est farci d’humour et le dîner de Mrs Tom Mackenzie ou le Bazar des orphelins de soldats nègres en sont des morceaux choisis.

 

J'inaugure mon premier Trollope (mieux vaut tard que jamais, non ?) avec ce titre tout simplement parce qu'il était en format poche. J'avais bien repéré d'autres titres chez Keisha, mais j'ai préféré commencé... modestement.

 

Bien m'en a pris car si j'ai globalement aimé ce roman, il n'a pas été un coup de coeur, notamment en raison de sa longueur.

 

Miss Mackenzie avait tout pour me plaire et notamment un mauvais départ dans la vie : vieille fille de 35 ans, pas très jolie ni spécialement intelligente, ayant vécu presque en recluse au chevet d'un frère malade, une vie bien terne et triste. Mais un grand changement s'annonce le jour elle hérite d'une petite fortune. Déterminée malgré tout à profiter de l'existence, Miss Mackenzie quitte une ville où elle n'était pas heureuse, pour s'établir dans une nouvelle société à Littlebath. Généreuse malgré ses envies d'indépendance, notre héroïne embarque dans sa nouvelle vie une nièce à qui elle fait profiter de cette petite fortune, fort bienvenue. J'ai d'ailleurs apprécié les motifs qui la conduisent à profiter enfin un peu de la vie. Malgré son envie de se marier, Margaret reste lucide.

 

« Sa lettre était brève et censée, et il y plaidait sa cause aussi bien que les mots pouvaient la plaider à cette époque ; mais en vain. […] Si peu qu[e Margaret] connût le monde, elle n’était pas prête à sacrifier sa personne et sa nouvelle liberté, son pouvoir nouveau et sa fortune nouvelle pour Mr Harry Handcock. […] Elle avait regardé dans le miroir et s’était aperçue que les années l’avaient améliorée, alors que les années n’avaient pas amélioré Harry Handcock. »

 

Jusqu'ici, il n'y a rien de bien palpitant; Cependant, j'ai pris beaucoup de plaisir à assister à la lente transformation de cette jeune femme, plus ou moins ignorante des usages de la société, affamée d'affection, honteusement manipulée par ses proches qui se souviennent bruquement de son existence.

 

Plus réjouissante encore, cette rivalité entre trois prétendants, dont l'un seulement, malgré sa mollesse et sa tendance à s'apitoyer sur son sort, semble le plus digne de gagner l'amour de Miss Mackenzie.

 

« Il faut avouer qu’il était lâche, mais la plupart des hommes ne sont-ils pas lâches en pareil cas ? »

 

Trollope décrit la bonne société où, sous le vernis des bonnes manières et du strict respect des convenances, perce la mesquinerie, l'ennui et, il faut bien le dire, la médiocrité. Le tout avec ironie et humour. A lire tous ces passages où Miss Mackenzie doit subir les petites réunions de l'après-midi, les thés si ennuyeux, les propos guère généreux, la méchanceté de Lady Ball, la mère de son cousin John, j'ai songé que finalement, je n'aurai peut-être pas apprécié de vivre à l'ère Victorienne...

Notre héroïne triomphera des obstacles parce qu'elle est droite, généreuse et patiente. Souvent, l'écrivain utilise des métaphores et compare Miss Mackenzie, entre autres, à l'héroïne de Perrault dans La patience de Grisélidis. (Ce n'est vraiment pas le conte que je préfère !). 

 

 

En dépit de mon affection pour cette "vieille fille" qui, malgré ses maladresses, parvient à mener sa barque sans trop de dommages et à émouvoir le lecteur, j'ai peiné pour ne pas relâcher mon attention à plusieurs reprises. Le roman m'aurait davantage séduite s'il avait été peu... élagué. 

 

Je me lancerai probalement dans la lecture d'un autre Trollope, à un rythme raisonnable. Un par an, cela me semble bien, non ?


 

Traduction : Laurent Bury.

 

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commentaires

missycornish 10/07/2012 10:11

Ta réponse tombe à pic j'étais sur le point de décrocher complètement du roman et de choisir une nouvelle lecture. Je vais donc continuer à le lire. Je n'aime pas les répétitons d'explications
c'est lourd. Je comprends tout de même pourquoi ce n'est pas un classique.

Folfaerie 10/07/2012 19:20



Ah je te comprends, et bien on en reparle quand tu auras terminé, tu auras sans doute une meilleure opinion du roman



missycornish 08/07/2012 19:24

Bonjour! Je suis en train de lire ce roman et pour l'instant ton billet reflète bien mon sentiment. C'est lent et il ne se passe pas grand chose et je m'ennuie un peu. Enfin, je ne suis qu'au début
j'espère que cela va un petit peu décoller...

Folfaerie 09/07/2012 21:08



Oui, ça décolle au bout d'un moment si ça peut te rassurer, il faut juste avoir un peu de patience. Si j'avais décroché au moment où je m'ennuyais, je serai passée à côté d'un bon roman, c'est
certain.



Theoma 27/06/2012 08:43

en effet, c'est plus que raisonnable !

Folfaerie 01/07/2012 09:30



Tiens, justement, je viens de commander "Quelle époque". Il restera quelques mois sur mes étagères celui-là...



Karine:) 20/06/2012 04:08

J'ai vraiment senti le côté feuilleton chez Trollope (dans Quelle époque!) mais j'ai vraiment envie de la rencontrer, cette vieille fille!

Folfaerie 20/06/2012 22:29



Tant mieux, car malgré ces quelques longueurs, je suis néanmoins ravie d'avoir fait la connaissance de Miss Mackenzie qui, loin d'être sotte ou inintéressante demeure une femme de volonté, malgré
son peu d'expérience et son entourage quelque peu mesquin. Les femmes de cette trempe ne sont pas si légion dans la littérature victorienne.



keisha 19/06/2012 20:24

Pas lu celui ci... Trollope écrivait des feuilletons, cela explique le longueurs?
bref, des pavés en général, agréable, je ais, mais il faut alterner entre deux. Cependant, ne pas l'oublier, il le mérite!

Folfaerie 20/06/2012 22:26



Exact, j'avais oublié le côté feuilleton... Je sais bien qu'il le mérite mais quelquefois, on se sent moins enthousiaste que ce que l'on escomptait. Je me souviens avoir lu pas mal d'avis mitigés
sur babitt de Sinclair Lewis qui était un pavé mais que j'ai adoré de bout en bout. Tout en reconnaissant que cela pouvait rebuter certaines. C'est un peu ce qui s'est passé avec Miss Mackenzie,
mais pour moi cette fois . Cela n'empêche pas que je me procurerai un autre titre.



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