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2011-03-24T10:15:00+01:00

Quinze cents kilomètres à pied à travers l’Amérique (John Muir)

Publié par Folfaerie

J'avais craqué pour la prose de John Muir avec un été dans la Sierra. C'est donc avec un enthousiasme démesuré que j'ai lu ce second ouvrage et qui ne m'a pas déçue.

Outre le fait d’être un botaniste éclairé, John Muir est aussi un grand écrivain, et pour preuve, ses descriptions de plantes et d’arbres ont le pouvoir de captiver le lecteur ignorant du monde végétal, tant elles sont empreintes de poésie et de lyrisme. Au fil de ses pérégrinations dans un pays qui panse encore ses plaies (la nation sort tout juste de la guerre fratricide qui a opposé le Nord au Sud), Muir nous permet de faire des rencontres, parfois singulières mais toujours riches d’enseignements, car il s’efforce le plus souvent possible de faire halte chez « l’habitant », et lorsque cela est impossible, un cimetière fait aussi bien l’affaire, surtout s’il se situe à Savannah...

 

Un naturaliste américain qui se mettrait en tête de refaire, aujourd’hui, le parcours de John Muir aurait certainement bien du mal à retrouver les lieux enchanteurs évoqués par l’auteur, tant les milieux naturels ont souffert de l’appétit insatiable de l’homme. Ne nous reste que la prose d’un passionné qui savait communiquer sa ferveur et son enthousiasme pour les beautés de la nature.

 

 

Quelques passages glanés au hasard et qui m’ont bien plu :

 

 

Page 92 : Massacrer les bêtes de Dieu pour le plaisir était à mon avis la plus « f__tue » besogne. « Elles ont été créés pour nous, disent ces prédicateurs suffisants, pour nous nourrir, nous divertir, ainsi que pour d’autres usages qu’on n’a pas encore découverts. » En se mettant à la place d’un ours qui conclut à son avantage un différend avec un chasseur malchanceux, on pourrait dire avec tout autant de justesse : « Les hommes et les autres bipèdes on été créés pour les ours, et grâce soit rendue à Dieu pour des griffes et des dents si longues ».

Si un chasseur chrétien va dans les forêts du Seigneur tuer les animaux dont IL prend soin ou des Indiens sauvages, tout est normal ; mais que parmi ces victimes ad hoc, prédestinées, un spécimen entreprenant aille dans les maisons ou par les champs et qu’il tue le plus méprisable de ces tueurs divins et verticaux, c’est un épouvantable sacrilège, et de la part d’Indiens un meurtre atroce ! Ma foi, je n’ai pas grande sympathie pour l’égoïsme distinctif de l’homme civilisé : si une guerre des races se déclarait entre les bêtes sauvages et Monseigneur l’Homme, j’aurais plutôt tendance à prendre parti pour les ours.


Page 133 : « Nous avons tendance à ne regarder le grand océan que comme une partie presque vide de notre globe - une espèce de désert, des eaux inutiles. Mais quoique nous soyons des animaux terrestres, la terre nous est à peu près aussi inconnue que la mer, car les regards troubles - et mercantiles, le plus souvent - que nous portons sur l’océan sont en comparaison dépourvus de valeur....


Page 135 : « Je me sentais complètement perdu au milieu de ces foules immenses, du vacarme des rues et de ces immeubles énormes. Je me disais souvent que cette ville, j’irais volontiers l’explorer si, comme une région de collines et de vallées sauvages, elle était vide d’habitants. »

 

Page 117 Les Cubains m’ont paru dans l’ensemble extrêmement polis, raffinés et d’une société agréable, mais ils traitent les animaux de façon cruelle. J’ai vu plus de franche brutalité envers les mules et les chevaux au cours des quelques semaines que j’ai passées là que durant tout le reste de ma vie... vu la manière dont ils traitent ordinairement toutes sortes d’animaux, ils semblent ne pas les considérer autrement que sous l’angle de l’intérêt le plus glacé et le plus égoïste.

 

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commentaires

Dominique 28/03/2011 10:18


il est dans ma bibliothèque mais pas encore lu, Muir est un plaisir de lecture


Folfaerie 28/03/2011 21:23



Chouette nouvelle, les éditions José Corti sortent un autre titre de Muir !



vilvirt 25/03/2011 15:21


Non jamais ! Mais tous les avis que je lis ici et là donne vraiment envie ! Donc, à noter tout en haut de la liste pour ma prochaine virée shopping !


Folfaerie 28/03/2011 21:24



Il est vrai que jusqu'à présent, je n'ai pas trouvé d'avis négatif sur Muir. Il me reste à chroniquer son Voyage en Alaska, lecture ancienne.



Allie 25/03/2011 15:02


Et ça marche! :)


Allie 25/03/2011 14:42


Je ne connaissais pas du tout et ça m'attire beaucoup! Je vais voir ce que je peux trouver de cet auteur. Ce genre de livre me plaît et tes extraits sont très beaux!


Folfaerie 25/03/2011 14:59



J'ai fait exprès de choisir les plus beaux pour tenter un maximum de lecteurs !



vilvirt 25/03/2011 14:07


Encore un livre que je note !


Folfaerie 25/03/2011 15:00



Tu n'as jamais lu un Muir jusqu'à présent ?



Sabbio 25/03/2011 05:12


Le premier passage, celui sur les ours et les Indiens... j'adhère complètement! Quel grand homme ce John Muir!


Folfaerie 25/03/2011 11:16



Ah oui, non seulement j'aime sa prose mais aussi toutes ses réflexions et les messages qu'il voulait faire passer !



Lystig 24/03/2011 22:14


un NW par excellence !


Folfaerie 25/03/2011 11:18



Effectivement, sa manière de raconter son périple et les réflexions nées de son voyage sont les caractéristiques bien reconnaissables du NW, contrairement à d'autres livres qui s'en réclament...



Aifelle 24/03/2011 13:56


Je le note, il faut absolument que je lise cet auteur.


Folfaerie 25/03/2011 11:19



Tu peux commencer aussi bien par Un été dans la Sierra que par celui-ci. Bonne lecture !!



keisha 24/03/2011 10:29


Tu devines ce que j'en pense, évidemment! je suis en pourparlers avec une autre blogueuse, pour un LV (je suis sans vergogne, je sais)


Folfaerie 25/03/2011 11:19



Voui, John Muir, un de nos amis communs



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