Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

2010-09-25T06:49:00+02:00

Salut aux coureurs d'aventures (John Buchan)

Publié par Folfaerie

Dans ce challenge des classiques, je crois que j'ai  présenté beaucoup d'anglo-saxons...
Voici un auteur écossais injustement méconnu (ou en tout cas trop vite oublié), qui écrivit toutes sortes d'oeuvres (et la plus célèbre : les 39 marches), en plus d'une carrière politique bien remplie, dont des romans d'aventures destinés à la jeunesse anglaise. Des classiques donc, car ce genre littéraire n'a jamais été méprisé outre-manche, bien au contraire.

Ce roman, écrit en 1915, débute, comme il se doit, en Ecosse, patrie de notre héros, Andrew Garvald, pour s'achever en Virginie où le jeune écossais finit par fonder un foyer et trouver sa place en ce bas-monde. Durant ce long périple, Andrew va croiser la route des coureurs des bois et des indiens dont il va devenir un proche, se lier d'amitié avec un pirate, rencontrer l'amour, et il va même trouver le temps de sauver la colonie de Virginie d'un prédicateur fou.

Fort bien écrit, ce roman a le mérite de brosser un tableau nuancé de la vie de ces immigrants, et plus particulièrement de dénoncer l'attitude des planteurs de tabac face aux simples commerçants, venus coloniser l'Amérique. On assiste aux débuts de la grande transformation, celle qui verra nombre d'immigrants se transformer en chefs d'entreprise, avec la création des comptoirs. Après, on peut regretter ou non, cette irrémédiable transformation de la vie en Amérique, les comptoirs symbolisant une ère nouvelle fondée sur le commerce. Les sentiments du jeune Garvald sont cependant ambigus. Fuyant l'oppression et la pauvreté de son Ecosse natale, il semble trouver juste et légitime de tenter sa chance dans un pays neuf où il pourra enfin être libre, à l'instar de centaines d'autres immigrants qui arrivaient régulièrement par bateaux. Et cependant, les colonies fondées dans ce Nouveau Monde reproduisaient les mêmes erreurs : société divisée en classes sociales, injustices... sans compter un nouvel ennemi commun à abattre  : l'Indien.  Face aux natifs, les colons retrouvaient enfin leur unité et un semblant de solidarité.

 

"Je reçus de ce spectacle une impression réconfortante. Pourquoi ? Je ne saurai le dire ; peut-être à cause de l'aspect riant et hospitalier de cette contrée.  Ce n'était certes pas là un désert sauvage , mais un poys élu de Dieu pour que s'y élevassentde claires demurent humaines. Quelques jours, dans ces prairies, les vergers et els jardins fleuriraient, les épis dorés onduleraient sous le vent et la fumée des foyers monterait dans le ciel pur."

 


Fort heureusement, c'est également un hymne à la beauté de cette nature sauvage et grandiose, encore intacte, dont les paysages fabuleux devaient éblouir tous ceux qui fuyaient l'Europe. Plus proche de Fenimore Cooper que de Stevenson, Buchan nous offre néanmoins un beau voyage initiatique loin du monde civilisé.
Merci en tout cas aux éditions Phébus d'avoir réédité ce roman.

 

A noter : si vous voulez en savoir plus sur les écrivains écossais, classiques ou contemporains, c'est par ici.



defi_classique.jpg

Voir les commentaires

commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog