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2012-05-28T21:30:00+02:00

Trois hommes dans un bateau (J.K. JEROME)

Publié par Folfaerie

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/6/3/9782080705365.jpgJ'accumule un retard considérable dans la parution de mes billets, c'est affreux... Voici donc mon avis sur un classique qui figurait en bonne place sur ma wish-list depuis des années. Il aura fallu la lecture de "Sans parler du chien" de Connie Willis, et la traduction d'un extrait proposé par ma prof d'anglais pour que je me décide enfin à l'acheter et le lire.

 

J'ai passé un excellent moment avec ce roman, et j'ai beaucoup ri. Ce qui prouve que je me contente de peu apparemment, si j'en juge les critiques de l'époque ! Voilà un livre qui fut traité de récit vulgaire, destiné au bon peuple, pouah, quelle horreur pour l'élite anglaise ! 

 

Combien de nos semblables s'embarquent pour ce périple - le long fleuve de la vie - en chargeant tellement leur bateau qu'ils risquent à tout moment de sombrer sous le poids de toutes ces choses stupides qui leur semblent essentielles au plaisir et au confort du voyage mais ne constituent en fait qu'un bric-à-brac inutile.


Le narrateur, Jerome, le chien Montmorency, George et Harris décident un beau jour d'organiser un voyage en canot sur la Tamise. Rien de plus banal et de plus simple a priori. Mais rien ne peut se passer aisément quand on forme une équipe aussi farfelue. Jerome pensait qu'une promenade au fil de l'eau pouvait se révéler extrêmement délassante, surtout quand on est accablé par le travail (enfin, c'est qu'il voudrait nous faire croire...) et les soucis. Hélas, notre improbable équipe s'organise fort mal. Il est vrai que lorsqu'on rame à contre-courant, qu'on oublie la moitié des choses indispensables, qu'on se querelle continuellement pour savoir qui va en faire le moins possible, sans compter le mauvais temps qui se met de la partie, cela ne peut guère engendrer un paisible voyage. Au contraire, nos compères vont accumuler toutes sortes d'incidents et de péripéties qui vont faire la joie du lecteur.

 

Tous ces moments burlesques sont entrecoupés de descriptions, parfois poétiques lorsqu'il s'agit du fleuve et de la nature, Jerome devait certainement éprouver une réelle affection pour ces lieux. Et sous le ton léger de ce roman, perce une satire féroce des us et coutumes de son époque. Le carcan de la société, si lourd à porter, révèle l'existence de cette classe moyenne, ces commerçants et employés de bureau, qui tentent de se faire une place, malgré la réprobation des intellectuels et des nantis. Finalement, c'est une bonne chose que d'avoir un autre éclairage de la période victorienne...

 

 

 

"J'annonçais mon intention de prendre personnellement en charge la préparation des bagages. Je me flatte en effet de n'avoir pas mon pareil pour boucler une valise. Je dirais même que préparer les bagages fait partie des nombreuses activités dans lesquelles mon savoir-faire dépasse de très loin celui de mes contemporains. (Ces activités sont d'ailleurs si diverses qu'il m'arrive parfois d'en être moi-même surpris.) Ayant insisté auprès de George et de Harris sur ce talent particulier, je leur affirmai qu'ils avaient tout avantage à me confier entièrement cette tâche. L'empressement avec lequel ils approuvèrent ma proposition avait, à dire vrai, quelque chose d'équivoque. George alluma aussitôt une pipe et s'affala dans le fauteuil ; quant à Harris, il posa les pieds sur la table et entreprit de fumer un cigare.

Ce n'était pas ainsi que j'avais imaginé les choses. Mon intention était plutôt de prendre la direction des opérations et de leur indiquer ce qu'ils avaient à faire ; bien entendu, ils auraient manifesté une certaine maladresse et j'aurais dû sans cesse intervenir pour corriger leurs erreurs en leur lançant, de-ci de-là, des : "Ah, toi, vraiment! Quel maladroit! Allons, laisse-moi faire ça, ça ira plus vite! Regarde, ce n'est quand même pas si difficile!" Je les aurais fait bénéficier de mon savoir, pour tout dire. Aussi leur réaction m'irrita-t-elle passablement. Rien ne m'irrite davantage que de voir des gens assis à ne rien faire pendant que moi, je travaille".

 

 

Traduction : Déodat Serval/André Topia

 

coup-de-coeur

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commentaires

Theoma 15/06/2012 15:03

chouette ! il m'attend !

Folfaerie 20/06/2012 22:23



Tu m'en diras des nouvelles !



Karine:) 02/06/2012 05:01

J'ai très très envie de le lire celui-ci. On y fait référence tellement souvent.

Folfaerie 02/06/2012 09:37



Je n'arrive même pas à comprendre pourquoi j'ai attendu autant d'années !



Loo 30/05/2012 22:16

J'espère alors le trouver à la bibliothèque alors.

Folfaerie 02/06/2012 09:36



Il doit être dispo partout normalement...



Loo 30/05/2012 21:06

Je me prendrai bien cette lecture pour les vacances tiens.

Folfaerie 30/05/2012 22:07



Et bien c'est le livre idéal pour cette période, et pour peu qu'il fasse chaud, tu t'offriras le luxe d'une brise rafraichissante en provenance de la Tamise



Lystig 28/05/2012 22:57

j'ai en mémoire une citation sur le travail issu de ce livre !

Folfaerie 29/05/2012 12:19



Tout à fait, je l'adore celle-là, je vais d'ailleurs la rajouter



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