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2011-02-03T07:24:00+01:00

Voyage au Pérou et en Bolivie (1875-1877) Charles Wiener

Publié par Folfaerie

Merci à Babelio et aux éditions Gingko pour ce partenariat. Il est bien difficile d'écrire un billet sur un récit de voyage aussi touffu aussi me contenterai-je de décrire les faits qui m'ont le plus étonnée ou marquée.

 

Je m'intéresse depuis longtemps à l'Amérique  du sud mais dans des domaines restreints et bien précis : l'archéologie et tout ce qui se rapporte à l'époque précolombienne, la nature et les peuples autochtones d'aujourd'hui.

 

L'un des plus grands naturalistes et explorateurs, Alexander Von Humboldt, est un peu la cause de cet engouement. Je possède malheureusement très peu d'ouvrages complets sur chacune des anciennes civilisations. Ce récit de Charles Wiener (né en Autriche mais vivant en France), que je ne connaissais d'ailleurs pas, tombait donc à pic. Il parcourut les terres de l'ancien empire Inca, l'occasion pour moi d'arpenter à nouveau ces territoires.

 

Son témoignage est intéressant à plus d'un titre. D'abord, il parcourt des pays qui commencent à souffrir nettement du monde moderne et de la colonisation : un peu partout commencent à se développer de grandes plantations et des usines : sucre, caoutchouc et diverses matières premières. De riches propriétaires terriens ou des hommes d'affaires étrangers côtoient les populations les plus pauvres.

Ensuite, ses descriptions des vestiges d'habitations et d'édifices de l'époque précolombienne sont précieuses. Il en rapportera des croquis, des plans, des photos et des objets (près de 4000 !).

Enfin, ses observations sur les populations donnent une assez bonne idée des conditions de vie des différentes classes de la société et des usages  en vigueur à cette époque.

 

Au gré de ses pérégrinations et selon les tribus rencontrées, Wiener fait preuve de compassion et même de respect pour certains autochtones, ou bien d'un complet mépris pour d'autres, qualifié de menteurs, voleurs et fainéants (les métis notamment). En revanche, il a presque toujours un jugement positif chez tous les notables blancs qui lui offrent l'hospitalité, de même que pour les grands propriétaires terriens.

 

Les castes qui divisent la société au Pérou et en Bolivie sont nombreuses et complexes. J'avais déjà lu semblables constatations chez Fabio Troncarelli dans son ouvrage sur Guillen Lombardo.

La chose la plus incroyable que j'ai apprise est la présence en très grand nombre de "coolies" chinois, lesquels se trouvent à l'échelon le plus bas, étant encore moins considérés que les noirs et les métis. Ils étaient plus ou moins considérés comme des esclaves et majoritairement emplyés dans les grandes fermes et les mines; Wiener craint à de nombreuses reprises d'assister à une révolte. Je savais que les Chinois  avaient oeuvé par exemple à la construction des lignes de chemin de fer aux Etats-Unis, j'ignorais qu'ils avaient également joué un rôle dans l'essor économique des pays d'Amérique  du sud...

 

 

Charle Wiener a eu droit à son lot d'aventures : la faim, le froid, les attaques de brigands, les embûches de Dame Nature... Dame Nature justement n'était pas bien appréciée à sa juste valeur. Pour Wiener, un paysage vide de toute présence humaine était lugubre et lui filait le cafard... J'ai été assez choquée par la façon  dont il traitait ses mules. Il faisait preuve parfois de compassion envers ses animaux de bât mais ma foi, il fallait avancer coûte que coûte et tant pis pour les blessures et les surcharges.

 

Pour terminer, quelques mots sur les fouilles archéologiques et découvertes. Ses descriptions et observations sont naturellement fort intéressantes. J'ai noté qu'il se posait de nombreuses questions sur l'utilité de certains édifices et qu'il n'était pas toujours rigoureux dans ses fouilles, menant ses troupes parfois un peu au hasard. A tel point qu'il passa à côté d'un grand site... Peu importe, Charles Wiener a tout de même contribué à l'enrichissement des connaissances sur les civilisations précolombiennes.

 

Un récit dense et riche qui m'a fascinée et permis d'apprendre encore des choses sur la Bolivie et le Pérou du 18ème siècle.

 

 

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commentaires

Sibylline 22/07/2012 19:52

Tu vantes les dessins qu'il a rapportés, y en a-t-il dans le livre? Beaucoup?

Folfaerie 22/07/2012 20:33



Oui, il y a des reproductions de gravures et d'illustrations : vestiges trouvés, notamment vases, masques..., autochtones rencontrés, paysages. Mais au final il y a en a peu, priorité a été
donnée au texte.



Véro. 05/02/2011 22:55


Waouh, une lecture dense semble-t'il !


Folfaerie 06/02/2011 21:43



oui, et il y a beaucoup de descriptions de sites archéologiques (en même temps, c'était quand même le propos) donc l'ouvrage rebutera peut-être les lecteurs pas très intéressés par l'Amérique
précolombienne... Il ne s'agit pas uniquement d'un livre de voyage.



Vanou 04/02/2011 13:25


Je l'avais coché mais je suis passée à côté (bien que je n'y ai pas perdu au change). Il va falloir que je me le procure, ton billet te donne envie ! :-)


Folfaerie 04/02/2011 19:57



C'est vrai qu'il ya très peu de livres de ce genre proposés dans les partenariats. C'est pour ça que j'ai sauté sur l'occasion !



zarline 03/02/2011 15:37


Je l'avais également coché chez Babelio mais j'ai reçu un autre livre à la place. Ton billet me donne bien envie de découvrir quand même ce livre. Surtout que le Pérou m'attire de plus en plus...


Folfaerie 04/02/2011 19:56



Il m'a vriament intéressée, par contre j'ai mis un temps fou à le lire.



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