Littérature Amérindienne

Mercredi 30 septembre 2009
Depuis que j'ai découvert Alexie avec le remarquable Indian Killer, je suis sa carrière d'assez près. J'avoue que j'ai un peu de mal à apprécier ses nouvelles. Ce recueil m'a posé les mêmes difficultés que La vie aux trousses. Sur les 9 nouvelles, j'en ai vraiment aimé 5, plaisir mitigé pour la sixième (moteur de recherche) et pas apprécié Sais-tu où je suis et Qu'est-ce qui est arrivé à Franck Snake Church.
Chez Alexie, la plupart de ses protagonistes sont des Indiens, Spokanes en majorité, ou des métis. Des hommes et des femmes en proie aux mêmes problèmes existentiels que les américains blancs, trouver un boulot, aimer, être heureux, trouver sa place dans la société... A quelques détails près, comme l'auteur nous le rappelle dans l'excellente nouvelle "Partie de juriste", où un jeune politicien Spokane fait l'amère exéprience du racisme au cours d'une partie de basket.
"La vie et l'oeuvre d'Estelle Walks Above" m'a rappelé un peu l'univers de John Irving, c'est un beau personnage de femme, tandis que "Ce que tu mets en gage, je le rachèterai" est doute celle qui se rapproche le plus d'un conte traditionnel. Enfin, une autre de mes préférées, Plans de vol, illustre de manière sarcastique combien les préjugés ont la peau dure.
Alexie a une manière bien à lui d'évoquer son peuple, avec ironie et beaucoup d'humour. S'il égratigne impitoyablement les blancs, les Amérindiens ne sont pas épargnés non plus, en tout cas ceux qui se lamentent sur leur sort et boivent comme des trous.
Il y a quelque chose qui me frappe dans l'oeuvre de Sherman Alexie : la nature est quasiment absente. Les Indiens d'Alexie sont de purs citadins. En cela, il est l'exact opposé de Louis Owens pour qui la nature était synonyme de rédemption. De plus, Sherman est bien ancré dans son époque, il ne semble guère aimer évoquer le passé, au contraire de James Welch par exemple. Sa manière à lui d'échapper aux clichés et préjugés sans doute. Je pense qu'il est l'un des auteurs majeurs de la littérature Amérindienne, mais je le préfère romancier plutôt qu'auteur de nouvelles.

Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 2 septembre 2009
Mon intérêt pour les peuples Amérindiens ne se limite pas à leur littérature. De même que je soutiens Survival International, j'aimerai donner un coup de pouce  au Comité de Soutien Français pour Fernando E. Caro dont vous trouverez toute l'histoire sur le blog : http://fernandocaro-groupedesoutien.over-blog.fr/ et sur Myspace : http://www.myspace.com/fernandocarocomitefrance.

Les tableaux de ce prisonnier Yaqui ont déjà été présentés  en 1992 dans le cadre de l'exposition "L'Art enchaîné" à San Francisco, et dans diverses galeries européennes.

Les toiles récupérées ont été restaurées (les toiles et les cadres étaient âbimés) par la fondatrice du Comité, avec les moyens du bord, de manière artisanale.

Parmi les tableaux proposés à la vente (les fonds récoltés seront directement reversés à la famille de Fernando, notamment pour les frais d'avocats) se trouvent ceux-ci :

link

Ceux qui sont intéressés par l'achat de tableaux peuvent contacter directement le Comité de Soutien en cliquant sur l'un des liens ci-dessus.

Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 23 juillet 2009


Une bonne idée de faire faire connaître les contes amérindiens en utilisant la BD comme support, surtout que chaque conte a son illustrateur ou illustratrice (autant de filles que de garçons). Le point commun c'est la profusion de couleurs. J'ai une petite préférence pour les dessins de Céline Riffard et Christelle Lardenois. La couverture est très joliment illustrée par Nicolas Delort, et je regrette qu'il n'ait pas eu sa place dans le contenu même du livre. Ces légendes racontent aussi bien les traits essentiels des cultures amérindiennes (apparition du maïs, fabrication du premier arc, l'amitié entre les hommes et les animaux...) que les histoires d'animaux (comment ours a perdu sa queue, pourquoi le lapin vit dans un terrier...). Beaucoup d'humour, et ces petites leçons de sagesse font la part belle au respect de la nature. Je ne dis pas que toutes les illustrations m'ont plu, et les légendes sont simplifiées au maximum (63 pages seulement pour 9 contes) mais le format est agréable et le but est de faire connaître ces mythes, alors...

Contes Amérindiens en bande dessinée par Oliv' (collectif) édité chez Petit à petit


Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 19 mars 2009
Sur la piste de Big Foot  : Jim Harrison, Guy Le Querrec

Une belle préface de Jim Harrison ouvre ce livre de photographies très sobres dont l’auteur a suivi le pèlerinage effectué en décembre 1990 par les descendants des Lakotas qui survécurent au massacre de Wounded Knee un siècle plus tôt. A cheval et par un froid de loup, les cavaliers des réserves de Standing Rock et Cheyenne River ont entrepris de remonter la piste jusqu’au lieu du massacre. Au cours de cette chevauchée, ils seront rejoints par des Lakotas des réserves voisines, mais aussi par des Chippewas, des Choctaws, car la tragédie qui s’est abattue sur le peuple Sioux concerne toutes les autres tribus.

Les photos en noir et blanc ont capturé le quotidien de ces cavaliers, leur imprimant une dimension tragique. Car ce pèlerinage évoque à la fois un passé douloureux et un avenir sans espoir. Tiraillés entre deux mondes et deux époques, les Amérindiens tentent de donner un sens à leur vie. Les véhicules sont garés à côté des chevaux et des tipis, les danseurs de pow-wow en costumes traditionnels côtoient les spectateurs en vestes et jeans, et dans les salles communales des centres culturels, le drapeau américain et le crucifix s’opposent aux crosses à plumes d’aigles et à la bannière de l’AIM…
Cette chevauchée avait pour but de rendre hommage à ceux qui sont tombés à Wounded Knee, mais, comme le souligne un participant, elle aura peut-être permis à certains de trouver un sens à leur vie. S’impliquer réellement afin de restaurer l’unité Indienne, continuer à transmettre le savoir ancestral aux plus jeunes, militer pour récupérer les Black Hills… Loin de s’achever sur un constat d’échec, ou de susciter l’amertume, cette chevauchée a redonné du courage à ceux qui ont remonté la piste, et tout le talent de Le Querrec est d'avoir su capter cette volonté au fil de ses clichés.

Le cercle de la vie : Joseph Marshall III

Joseph Marshall III a décidé de perpétuer la tradition Sioux. Transmettre les histoires de son peuple, certainement à ses lecteurs non indiens mais aussi aux jeunes générations Sioux qui n'ont pas eu la chance d'avoir des grands-parents susceptibles de leur transmettre ce précieux savoir.
La mythologie de ce peuple est très riche. L'auteur alterne un conte avec une anecdote ou une expérience personnelle. Lui a eu la chance d'être élevé par ses grands-parents qui lui ont appris la vie à travers ces légendes. C'est l'occasion d'évoquer les problèmes des Sioux aujourd'hui, et surtout d'établir les bases de cette culture. Les qualités les plus recherchées, l'honnêteté, la bravoure, la solidarité... ne sont plus très prisées dans les réserves, mais l'auteur sait et démontre que ce sont ces principes de vie qui ont permis à la culture sioux de survivre malgré toutes les tentatives du gouvernement américain pour étouffer l'identité indienne.
Outre un précieux document sur la mythologie amériendienne, ce livre est avant tout une très belle leçon d'optimisme. L'identité Sioux est toujours très forte la culture des Grandes Plaines n'est pas près de s'éteindre...

Nous le peuple : Serle Chapman

Si on veut comprendre un peu mieux les aspirations et les motivations des Amérindiens aujourd’hui, alors ce livre me parait indispensable. C’est un remarquable travail, une sorte de compilation de réflexions et de témoignages agrémentés de superbes photos qui nous livrent les portraits d’hommes et de femmes qui doivent lutter chaque jour pour préserver leur identité culturelle. Si l’ensemble des personnalités qui font l’objet de portraits sont connues ce n’est pas par calcul ou opportunisme mais il se trouve simplement que ces témoins oeuvrent, chacun à leur façon, pour préserver l’identité Amérindienne. Historiens, écrivains, chanteurs, acteurs et actrices, descendants d’illustres chefs, créateurs de centres culturels, représentants tribaux… tous ont à cœur de diffuser leur version, la véritable histoire de leur peuple qui souffre toujours de maintes distorsions, de raccourcis hasardeux, d’interprétations faussées dès qu’elle est évoquée par l’Amérique blanche.

Deux exemples parmi tant d’autres. C’est ce descendant d’un grand chef sioux qui ne comprend toujours pas que l’on accuse son ancêtre d’avoir trahi son peuple en signant un traité néfaste aux Indiens, parce que, pour lui, la version officielle ne correspond en rien aux faits qui se déroulés à cette époque, c’est l’actrice Tantoo Cardinal qui tente de corriger les erreurs, de gommer les clichés qui surgissent toujours inévitablement durant les tournages des films traitant "d’histoires indiennes" auxquels elle participe.

Au sein même du peuple Amérindien, les conflits et malentendus demeurent. Mépris et rancune au sujet du passé, envers les descendants de grands chefs que l’on a pu qualifier de traîtres, oppositions entre traditionalistes et progressistes dans les réserves, dissensions au sein de l’AIM (à ce sujet, lire le témoignage édifiant de Leonard Peltier)… Il y a encore bien des plaies à panser et cependant, c’est sur une note optimiste que le livre se referme. Certes, on est loin du militantisme des années 70 mais la culture Amérindienne résiste envers et contre tout, simplement parce que des hommes et des femmes refusent de capituler.

C'est enfin, et surtout, le travail de Chapman que je tiens à saluer. Essentiellement pour avoir donné la parole, sans restriction, sans modifier un mot, à toutes ces personnalités si différentes et qui n'ont pas l'habitude et l'occasion de pouvoir donner leur opinion sur le monde Amérindien. L'auteur le confesse lui-même dans son avant-propos, parmi tous ces intervenants, certains ne lui sont guère sympathiques, mais son souci d'impartialité et son désir de révéler toute la richesse des caractères, des opinions et des cultures l'ont emporté, si bien que son recueil constitue bien certainement un témoignage capital du XXIe siècle sur la lutte pour la survie de l'identité Amérindienne.

Même la vue la plus perçante : Louis Owens

Sans doute le roman d’Owens que j’aime le moins. J’avais adoré « le joueur des ténèbres » et « le chant du loup » mais j’ai eu un peu de mal à réellement apprécier celui-ci. On y retrouve pourtant une partie des personnages du « joueur » : la famille McCurtain, Hoey et ses deux fils, Attis l’aîné, est interné à l’hôpital depuis son retour du Viet-Nam, et Cole, le cadet, a filé se cacher chez l’oncle Luther, un Choctaw aux puissants pouvoirs, afin d’échapper à l’incorporation.
Un soir, le shériff Mundo Morales, qui est le meilleur ami d’Attis, a une vision. Il croit voir le corps d’Attis flotter sur la rivière ; Or justement Attis s’est évadé de l’hôpital et c’est Morales qui est chargé de le retrouver, bien qu’il soit persuadé de sa mort. Pendant ce temps, oncle Luther a affaire à un dévoreur d’âmes qui prend la forme d’une panthère, et qu’il doit donc garder à distance.
Morales lui, a de fréquentes conversations avec El Viejo, son grand-père décédé, qui apparaît toujours à point nommé et l’aide dans son enquête. A cette galerie de personnages, il faut ajouter le type du FBI, Lee Scott, ancien du Viet-Nam qui n’a pas toute sa tête, la famille Deni dont le meurtre de la fille aînée à été imputé à Attis, les mystérieuses sœurs Mondragon, vieilles dames étranges et liées au shériff Morales et enfin la crapule de service, Jessard, l’infâme propriétaire du bar où se rendent parfois les protagonistes de cette histoire.

Cette sombre histoire est donc quasiment résolue par des esprits et cela m’a rappelée l’atmosphère de « la rivière des âmes perdues » de James Doss à qui je reprochais justement cette accumulation de mystères.
Pour autant, l’analyse de Louis Owens est toujours intéressante, de même que la dénonciation de la destruction de la nature, et c’est l’engagement dont il fait preuve qui rend le roman intéressant, plus que l’intrigue pas toujours réussie, ou les comportements un peu stéréotypés des personnages.
Owens poursuivait certainement sa "thérapie" avec ce roman, car on y retrouve la notion de culpabilité et le fardeau de préserver sa propre culture et sa dimension spirituelle.
Enfin, la culture Amérindienne si vaste n'a pas fini de livrer tous ses secrets, car c'est la première fois je crois, que j'entends parler des dévoreurs d'âmes.


Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 13 mars 2009
J'aime beaucoup cet auteur, je l'ai connu avec Cheyenne 6112, co-écrit avec Christophe Grenier, un bon petit récit de SF. Après, j'ai acheté des titres au fur et à mesure (et je n'ai pas fini !) et je  regrette que la plupart soient épuisés, c'est un excellent auteur.

William Camus est né le 9 juillet 1923 au Canada, dans le Yukon. Fils d’un Iroquois et d’une Française, il est élevé à l’indienne jusqu’à l’adolescence. Vers l’âge de 12 ans, sa mère l’emmène en France alors qu'il ne maîtrise pas la langue, et connait donc quelques difficutés dans ses études. Néanmoins, il a poursuivi des études de psychologie appliquée, en Angleterre et aux Etats-Unis.
il devait avoir la bougeotte car il a fait plusieurs fois le tour du monde. Il a pratiqué toutes sortes de métier : pilote de stock-car, puis journaliste et défenseur de la cause indienne. Vers 1960, il se met à écrire pour les jeunes : histoire, humour, SF, plus de 25 récits d’une  grande diversité, reflétant celle de ses expériences et aventures. Je ne sais absolument pas ce qu'il est devenu...

Il avait réuni une série de courtes légendes et de contes à l'intention des enfants. Les héros en sont presque souvent des adolescents ou des enfants, et ces histoires sont puisées chez des tribus aussi différentes que les Pieds-noirs, les Sioux, les Crow, les Mohawk pour ne citer que les plus connues, sur le territoire des Etats-Unis et du Canada. A l'origine, ces contes permettaient aux enfants indiens de faire leur apprentissage, ici ils ont été réécrits et simplifiés pour un jeune public européen.
Néanmoins, ces jolis contes ont gardé toute leur fraîcheur. Certains sont assez dramatiques, d'autres se terminent sur une note plus heureuse. Le lecteur entrera aussi bien dans un monde merveilleux où les esprits sont très présents que dans le monde de la nature, les Amérindiens ne pouvant concevoir l'histoire d'une tribu sans le concours des animaux sauvages ou même des arbres. Le bison naturellement tient la place d'honneur.
En tout cas, une saine leçon de tolérance qui devrait ouvrir l'appétit des jeunes curieux désireux de se familiariser avec l'univers des Amérindiens.

Peaux-rouges une marche vers la liberté : Déniché chez un bouquiniste, ce roman retrace la longue marche des Nez-Percés, emmenés par leur chef Tonnerre-qui-roule-dans-la-montagne, appelé Chef Joseph par les blancs, qui voulaient gagner le Canada pour ne pas finir dans une réserve. Nous sommes en 1877 et l'histoire de la tribu est racontée par une jeune Brave, Celui-qui-revient, et le ton général du roman n'est pas sans rappeler celui de Little Big Man. Drôle et tragique à la fois.
La tribu de Chef Joseph fut littéralement décimée par l'armée et le général Miles ramena les survivants, soit 418 Indiens, au Kansas où ils furent parqués dans une réserve.
J'ai particulièrement aimé les descriptions de la vie quotidienne durant cette marche forcée, les rapports entre les différents membres de la communauté. Tout comme la prise de conscience de Chef Joseph qui réalise peu à peu que cette fuite n'est rien d'autre qu'un échec.
Un beau récit poignant sur cet épisode méconnu de l'histoire des Nez-Percés.


Un os au bout de l'autoroute : Celui-là est l'un de mes préférés. Un jeune Indien va quitter sa réserve en Arizona pour aller travailler dans une grande ville. Pendant ce temsp, sur la réserve, les Anciens se battent contre un projet d'autoroute. Lorsque Petit Cheval quitte sa maison pour aller à Tucson, trois jeunes se sont suicidés en l'espace de quelques mois. Petit Cheval ne croit pas aux vieilles coutumes ni aux visions des Anciens, pourtant un événement important pour la réserve (la découverte d'un cimetière Indien sur le tracé de l'autoroute) va le faire changer d'avis. Un roman très fort qui permet aux jeunes lecteurs français de faire connaissance avec de jeunes Indiens de notre époque. William Camus nous dépeint une jeunesse confrontée à l'alcoolisme, au désespoir (taux de suicide élevé chez les moins de 20 ans), au racisme des Blancs dans les grandes villes...  Un roman moins drôle que certains de ses autres livres mais qui donnera certainement envie d'aborder les grands auteurs de la littérature Amérindienne comme James Welch ou Louis Owens entre autres..


Il a écrit bien d'autres titres, dont Les Bleus et les Gris, qui dévoile les dessous de la guerre de Sécession grâce à son jeune héros Pete Breakfast... je ne peux pas tous les citer mais William Camus est sans conteste l'auteur idéal pour faire découvrir l'histoire des Indiens d'Amérique aux plus jeunes.
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 26 février 2009
Little big man de Thomas Berger

Dans un hospice où il fait régner la terreur, un vieillard plus que centenaire, bougon et teigneux, accepte enfin de raconter ses mémoires et de livrer sa propre version de l’Ouest mythique de la seconde moitié du XIXème siècle, époque charnière et d’une violence inouïe, à M. Snell, collectionneur d’objets indiens.
Ainsi commence le meilleur roman jamais écrit sur les relations blancs-Indiens. Loin de nous rappeler la vision romantique du « bon sauvage » de Danse avec les loups, Little Big Man nous raconte les 34 premières années d’un drôle de lascar : Jack Crabb.
Alors qu’il est âgé de dix ans et qu’il traverse les plaines en chariot avec sa famille, son père est abattu par une bande de Cheyennes totalement ivres. En guise de compensation, le jeune Jack est adopté par le chef Vieille-Cabane, et grandit, libre et heureux, au sein de la tribu où il ne tarde pas à gagner le respect de ses compagnons et son surnom de Little Big Man. Quelques années plus tard, il est récupéré par la cavalerie à l’occasion d’un raid, et est confié à un couple dont l’homme est pasteur. Jack va découvrir la notion de péché, la maladie, les compromis et les mensonges, toutes choses étrangères aux Cheyennes. Il se découvrira également des ambitions et le goût de l’argent. Sa vie va alors s’écouler entre ces deux mondes, en un perpétuel va et vient. Il gagne et perd fortune, se marie plusieurs fois mais perd femmes et enfants, participe à plusieurs batailles, dans le camp des Blancs ou celui des Cheyennes, au gré des circonstances, rencontre les légendes de l’Ouest telles que Wild Bill Hickock, Calamity Jane et Wyatt Earp (qu’il prend d’ailleurs plaisir à faire tomber de leur piédestal), et enfin, prend part à la célèbre bataille de Little Big Horn, dont il est le seul survivant blanc, bien qu’oublié par les historiens…

Ses observations sur ces mondes totalement opposés sont toujours réjouissantes et la plupart du temps hilarantes, mais sous l’humour décapant perce l’ironie amère et une analyse très juste des rapports blancs-indiens. Et Jack, malgré ses lâchetés, son égoïsme, ses hésitations, finira par choisir son camp et sa famille.

Bien des romans ont tenté d’expliquer le fossé qui séparait ces deux cultures, ont tenté de brosser un portrait de l’âme indienne, mais aucun n’a réussi à faire comprendre aussi bien au lecteur le mécanisme de la pensée indienne et le mode de vie des grandes tribus, vouées à disparaître. Car le sage Vieille-Cabane a fini par comprendre que les Crows ne sont pas ses vrais ennemis et qu’il vaux mieux lutter contre les Blancs, mais la perspective de changer de mode de vie, de faire la « guerre » pour de vrai, à la manière des blancs, n’a aucun sens. A quoi bon vivre sur une terre où on ne peut respecter ses ennemis et compter seulement « des coups » ?

C’est avant tout une formidable leçon de tolérance, et les réflexions désopilantes de Jack lors des ses fréquents passages dans la tribu valent les plus éloquents discours contre le racisme…
Malgré leurs défauts, et malgré quelquefois les a priori de notre anti-héros, jamais les Indiens ne sont apparentés à ces primitifs cruels et avides de sang, incapables de réfléchir. Au contraire, les travers les plus odieux, la perversité et la cruauté sont presque uniquement constatés chez les blancs, au grand désarroi de Jack Crabb qui ne sait plus vraiment à quel monde il appartient.
Arthur Penn en a tiré un très bon film avec Dustin Hoffmann, mais si bon soit-il, il ne vaut pas ce truculent roman, qui touche au coeur, et qui émeut sans jamais cesser de faire rire. Si vous ne devez lire qu’un seul roman sur les Amérindiens, alors choisissez celui-là...


Le cercle sacré - mémoires d'un homme médecine Sioux d'Archie Fire Lame Deer

Archie est né en 1935 sur la réserve de Rosebud, à la limite des Badlands. Suivant la tradition sioux, il est élevé par son grand-père, Henry Quick Bear, jusqu'à la mort de celui-ci. Son enfance fut donc très heureuse, malgré leur pauvreté. Envoyé chez son oncle à l'âge de onze ans, il doit fréquenter la pension catholique de Saint-François où les prêtres s'efforçaient de "tuer l'indien" chez les enfants par toutes sortes de procédés indignes. Inutile de dire que ces quelques années de pensionnat ont définitivement dégoûté Archie du christianisme.

Jeune homme, il se cherche un peu, fait plusieurs métiers, boit, se bagarre, passe du temps en prison, et par désoeuvrement, s'engage dans l'armée. La guerre de Corée le marque au point qu'il se refuse à en parler dans ce livre. Rendu à la vie civile, il devient cascadeur de cinéma pour une longue période où il renoue des relations avec son père, le célèbre Tahca Ushte, homme-médecine. Archie devient alors conseiller spirituel dans les prisons et finit son apprentissage d'homme-médecine, don qu'il a hérité de son père et de son grand-père.
Aux années d'errance succèdent les années de sagesse.

Dans la seconde moitié du livre, il traite mais de façon sommaire des rites et cérémonies sacrés (d'une richesse incroyable) pour les Sioux. La spiritualité lakota ne cesse de me fasciner, la communion de ce peuple avec la terre et les autres créatures n'étant pas le moindre de ses attraits.
Ses réflexions sur la spiritualité, sur les autres religions sont toujours intéressantes et témoignent d'une grande ouverture d'esprit et d'une grande tolérance. S'il n'a guère apprécié sa rencontre avec le pape, il s'est senti très proche au contraire du Dalaï-Lama. De même que les questions qu'il se pose sur le sens de nos vies, sont justes et cohérentes, Archie Fire Lame Deer a également le mérite de pointer du doigt le travers de nos civilisations occidentales ainsi que la perte de la spiritualité chez les peuples indigènes. A ce titre, pour Archie, seule la foi dans les vieilles croyances permettra aux peuples de retrouver leur identité.

Un récit très enrichissant, indispensable pour connaître un peu la dimension de la spiritualité sioux aujourd'hui, et surtout une bien belle rencontre avec un homme attachant.


Souvenirs d'un chef Sioux de Ours Debout

Ours debout, c’est à dire Luther Standing Bear (1868-1939), était un Indien progressiste. Fils du chef Standing Bear, Luther a connu, enfant, le mode de vie des Sioux à l’ancienne. Les grands rassemblements de saison, la vie dans les tippis, la chasse aux bisons. Bien vite, les dissensions apparaissent au sein de la grande tribu des Sioux, notamment lorsque quelques chefs, Spotted Tail entre autres, cèdent des territoires aux Blancs sans consulter leur peuple. Les hésitations à signer les traités, les départs pour les réserves indiennes, rythment la vie des derniers Indiens libres. Lorsque Standing Bear comprend que l’homme Blanc est sur le point de dominer définitivement la race indienne, il suggère à son fils de s’adapter pour survivre. C’est ainsi que le jeune garçon sera parmi les premiers écoliers indiens. C’est à l’école de Carlisle qu’il reçoit le prénom de Luther. Toute sa vie, Luther Standing Bear aura à cœur de démontrer qu’il peut être aussi intelligent, aussi travailleur qu’un Blanc. Même si son jugement sur les Blancs est lucide, il ne peut s’empêcher de les prendre un peu en modèle. En témoigne l’ambivalence de ses réflexions, son désir d’occuper certains postes, ses rapports aux Blancs… Lorsqu’il participe à la tournée européenne du Wild West Show de Bill Cody, il a même cette étrange réflexion : Luther est notamment chargé de veiller à ce que ses compagnons ne boivent pas. Un jour qu’il les surprend en état d’ébriété, il dit "nous eûmes quelques ennuis avec les Indiens" !!! Phrase assez révélatrice de son état d’esprit d’alors.

Il est content de sa grande maison, de sa batterie de cuisine, de ses beaux vêtements de blancs… et aime occuper des postes à responsabilité. Par ailleurs, l’éducation reçue à l’école ne lui permettra de passer le reste de sa vie sur les réserves de Rosebud ou Pine Ridge. Il s’exilera à Washington, puis en Californie, où il travaillera pour le cinéma…
Etait-il un traître à sa race ? Non, il souhaitait sincèrement le bonheur de son peuple, il aurait aimé en finir avec le racisme et le chômage sur les réserves, prouver que l’homme rouge valait bien le blanc, et cela était forcément tout à son honneur. Mais ce qui m’a gênée, c’est que cet homme s’éloignait peu à peu des valeurs de son peuple. Un rien, quelques réflexions, Luther s’excuse de la crédulité ou de la ferveur de ses compatriotes (par exemple, il condamne implicitement la fameuse danse des esprits qui devait annoncer le renouveau de l’identité indienne. Il ne participa d’ailleurs pas à ces cérémonies). En quelques lignes seulement il évoque le massacre de Wounded Knee, alors qu’il passe des pages à relater sa carrière au sien de différents postes, notamment dans un grand magasin.

Il annonçait déjà ces Indiens progressistes qui s’opposèrent aux traditionalistes au cours des années 1960 et 70 dans les réserves, provoquant des conflits sanglants, vendant leurs terres et leurs âmes pour une poignée de dollars. La seule différence est que Luther était réellement de bonne foi. Mais il ne se rendait absolument pas compte de ce que cela impliquait, vivre sur un pied d’égalité avec les Blancs. C’était renoncer, à plus ou moins court terme, à la culture et l’identité indienne. Luther Standing Bear, dernier grand chef des Sioux Oglala, a certainement produit un témoignage capital aussi bien sur le plan historique que sur le plan ethnologique, qui permet de mieux comprendre comment certains Indiens ont pu en arriver à composer, voire à se laisser assimiler par la culture des Blancs, dans l’espoir de vivre une vie meilleure.
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 6 février 2009
Fabio Troncarelli : Guillem Lombardo le rebelle

Un sujet rarement exploité et très bien traité par un spécialiste italien de paléographie latine et codicologie : l'inquisition au Mexique au XVIIe siècle. Cette époque n'est pas analysée sur toute sa durée mais à travers un personnage ayant vécu une période charnière, Guillen Lombardo (1615-1659), qui a donné naissance à la légende de Zorro, et qui a inspiré Kipling pour "l'homme qui voulut être roi".

C'était un Irlandais qui, de son vrai nom, s'appelait William Lamport et qui se mit au service d'Olivares, éminence grise du roi d'Espagne Philippe IV. Pour un aventurier jeune et idéaliste, et loin d'être inculte, le Nouveau Monde représentait une réelle opportunité. Le Mexique était alors une vice-royauté, gouvernée par un vice-roi cupide et incompétent, qui pillait sans vergogne dans les caisses de l'Etat. La mission de Lombardo était donc d'espionner les agissements du vice-roi et d'en faire un rapport qui compromettrait le personnage et provoquerait sa destitution. L'homme le plus influent du moment était l'évêque Palafox, dont les réformes et suggestions étaient fort impopulaires parmi la haute société de Mexico. Les injustices étaient pourtant monnaie courante. Il existait un système de castes divisées en 25 catégories, dont la dernière se composait des Indiens et Noirs de sang pur. La corruption régnait à tous les niveaux, les moeurs étaient très relâchées y compris au sein des ordres religieux, et surtout, le tribunal de l'inquisition était tout-puissant.

Alors que vient faire Lombardo dans cette histoire ? Il avait tout simplement monté un projet audacieux mais bien pensé : soulever les populations indigènes, avec l'appui de Palafox, afin de faire cesser les injustices et leur donner un roi digne de ce nom. Il y avait tout de même 3 500 000 indiens pour 200 000 blancs. Parallèlement à son travail d'espion, Lombardo, suivant en cela les traces de Las Casas, n'hésitait pas à prendre la défense des Indiens et à remettre en cause la souveraineté de l'Espagne sur le Nouveau Monde. Il avait par ailleurs soutenu Palafox que l'Inquisition commençait à regarder de travers. C'était un jeu dangereux et l'Inquisition ne tarda pas à s'intéresser à lui. Arrêté et emprisonné avant d'avoir pu mener à bien son projet, Lombardo servit de bouc émissaire. Comme toujours en politique, les alliances faites et défaites, les vrais-faux amis, les trahisons, les revirements ponctuèrent son séjour dans les geôles insalubres de Mexico où il subit de mauvais traitements et même des tentatives d'assassinat. Il fut l'un de ces rois de l'hiver, comme les appelaient les espagnols, un roi éphémère, incarné par ces mannequins de paille que l'on brûlait au terme de la saison.

Ce livre passionnant donne une vision très juste des pratiques de l'Inquisition et a le mérite de rappeler que malgré les prises de positions de grands humanistes, et de Las Casas en particulier, les indiens eurent encore à souffrir pendant une longue période des agissements des colonisateurs (meurtres, tortures, acculturation...). Les rites païens célébrés par les populations indigènes étaient assimilés à la sorcellerie, pratique qui conduisait généralement au bûcher. L'Eglise catholique a fait bien des ravages...

Cette histoire n'a pas manqué de me faire penser à l'une de mes récentes lectures, Spartacus, et ces deux destinées ont bien des points communs, et j'ai également pensé à quelques passages du très beau film de Roland Joffé : "Mission". A la fin de son livre, Troncarelli ajoute : "Après tant de siècles, à travers tant de métamorphoses, de morts et de résurrections, l'homme qui voulait devenir roi est encore vivant dans le souvenir des hommes. Dans la sentence de mort de l'Irlandais il était écrit que celui-ci devait être brûlé "afin que (...) nul n'en garde le souvenir". Le temps qui est juste, a prononcé depuis longtemps son verdict sur cette sentence".

Pour finir, il suffit de savoir que les révoltes indiennes, soutenues par le souvenir de Lombardo, éclatèrent bien des années après sa mort. C'est sa légende qui permit ce changement et alimenta cette force grandissante. Quelques auteurs du XIXe s'emparèrent de son histoire, jusqu'à ce que Johnston McCulley le transforme en justicier solitaire, ce Zorro qui fait partie de la mémoire collective. Une belle revanche.

Susan power : Danseur d'herbe

Un de mes derniers coups de coeur en matière de littérature amérindienne.
Premier roman de cette Sioux, originaire de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, ce "Danseur d'herbe" n'a pas été sans me rappeler l'univers de Jim Harrison.
Cette vaste fresque qui se déroule donc dans la réserve citée plus haut, nous fait pénétrer dans l'intimité de plusieurs familles sur plusieurs générations, et dont les vies s'entremêlent.
Durant un grand pow-wow, nous faisons connaissance avec les protagonistes de cette histoire : Les Wind Soldier, Lydia et son fils Harley - dont on suit l'histoire et qui passe sa jeunesse à faire le deuil d'un père et d'un frère qu'il n'a pas eu le temps de connaître - un excellent danseur qui s'apprête à subir son initiation, les Thunder, la jeune Charlène et sa redoutable grand-mère, Mercury, une sorcière en quelque sorte, toujours entourée d'hommes et dont les mauvais sorts sont responsables de certains malheurs sur la réserve, et puis il y a aussi Franck Pipe et son grand-père, Herod Small War et la seule femme blanche de cette histoire, Jeannette McVay, mais dont le rôle sera déterminant.
Quelques aller-retours dans le passé nous permettent également de suivre Red Dress, l'ancêtre de la famille Wind Soldier, qui vécut au XIXe siècle, gardienne de la tradition orale, et qui va influer sur la vie de sa famille. Le magique et le merveilleux sont omniprésents dans ce beau roman, tout comme ils le sont dans la vie quotidienne des Amérindiens.
Il est question d'apprentissage, de spiritualité, de l'opposition au christianisme, des liens familiaux complexes, des amours morts-nés... Les femmes y ont une place d'honneur et le ton général du roman, bien que n'occultant pas les problèmes actuels que connaissent les Amérindiens, est plutôt optimiste. J'ajouterai à cela une belle écriture et un excellent style, alors à quand le prochain livre traduit en français ?


Jean-Claude Carrière : la controverse de Valladolid

Valladolid 1550.
Dans une salle d'un collège dominicain, deux hommes se font face. Le philosophe Sepulveda et le prêtre Bartolomé de Las Casas. Entre eux, le cardinal Roncieri, légat du pape, va arbitrer la célèbre dispute et décider du destin de tout un peuple : les indigènes du Nouveau-Monde ont-ils une âme ? Sont-ils les égaux des chrétiens ? La réponse qui sera donnée entraînera maints bouleversements, et les deux adversaires savent que de leur argumentation dépendra le sort de l'Espagne, des colonies et de l'Europe toute entière. Sepulveda, partisan des colonies et de l'esclavage s'oppose à Las Casas, figure incontournable de son époque et ardent défenseur des Indiens.
Carrière a transformé cette controverse en récit à suspense, avec un diabolique ressort dramatique, qui se rapproche énormément du théâtre. D'ailleurs, ce récit a été adapté et la pièce fut montée à Paris, il n'y a pas très longtemps. Les dialogues sont brillants, la reconstitution minutieuse et la chute, incroyable, laisse la porte ouverte à d'autres réflexions, d'autres interrogations toutes aussi cruciales. Même si Carrière a pris quelques libertés quant à la forme, le fonds lui est plus que respecté. On découvre ainsi tout ce que la colonisation du continent américain doit au catholicisme, et pourquoi certains actes furent commis au nom de Dieu. Et puis évidemment, on ne peut qu'admirer Las Casas, passionné, humble, engagé, tirant la leçon de ses erreurs passées pour servir sa cause. Un grand homme qui a marqué son époque.


Edward Curtis : les Indiens d'Amérique du Nord

On peut encore trouver chez les bouquinistes  les portfolios complets d'Edward Curtis, le photographe des tribus indiennes ! Une excellente idée de la part des éditions Taschen, et en français qui plus est.
Edward Curtis, à partir de 1895 et pratiquement jusqu'à sa mort, en 1952, eut à coeur de photographier les tribus indiennes d'Amérique, dans le seul espoir de sauvegarder une trace de ces civilisations. Au début de sa tâche, véritable idée folle, il partageait certains préjugés des blancs envers les Indiens, et plus particulièrement au sujet de leur spiritualité, mais ses contacts quotidiens, ses voyages et ses visites transformèrent Curtis au point de lui valoir le respect des autochtones. Deux principes importants guidaient le travail de Curtis : utiliser toutes les meilleures techniques de l'époque pour réaliser de beaux portraits, et faire en sorte que les Indiens n'apparaissent pas comme des sauvages, et surtout, gommer toute trace de civilisation. Lorsque Curtis fit ses premières photos, la plupart des tribus étaient parquées dans des réserves et perdaient peu à peu leurs caractéristiques et traditions, un vrai crève-coeur pour le photographe. Les Indiens approuvèrent d'autant plus le projet qu'ils sentaient bien que leur civilisation ne serait bientôt plus. Curtis dût même demander à certaines tribus de danser à nouveau pour fixer ces rites presque disparus. C'est une curieuse impression de contempler tous ces visages disparus, à la fois beaux et graves, et même un peu tristes. Que pensaient-ils au moment de la photo ?
Au final, un ouvrage remarquable, qui n'a jamais été égalé, et unique en son genre, à la fois ethnologique, historique et artistique. Merveilleux et indispensable pour tous ceux qui s'intéressent aux Amérindiens.

 
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 14 janvier 2009
Une sorte d'anti-best of en fait.
Voici ce que j'ai reçu (merci Sandra). Une liste d'ouvrages sur les sujets de la spiritualité ou médecine Amérindienne que les Traditionnalistes considèrent comme de la camelotte, bref du pipi de chat... En résumé, beaucoup de faux-Indiens vendent des livres, des cassettes vidéo ou DVD, et même des cérémonies organisées aux gogos (entendre par là les Blancs - touristes et amoureux de la culture Amérindienne, adeptes du "shamanisme" et autres...) contre espèces sonnantes et trébuchantes. Mais les Vrais Indiens ne bradent pas leur culture de cette façon. Ils partagent leur Histoire et une partie de leur culture au travers de rencontres, témoignages ou ouvrages.
Fort heureusement dans la liste ci-dessous, aucun ne m'est connu excepté Carlos Castaneda. Je suppose que ces ouvrages ne sont pas traduits en français, en tout cas les éditions du Rocher ou Albin Michel (pour sa collection Terre Indienne) ne s'y risqueraient pas. Cependant, on ne sait jamais, une maison d'édition peu scrupuleuse ou tout simplement une envie de s'acheter un de ces livres en anglais pourraient conduire certains passionnés de la culture Amérindienne à commettre une faute de goût.
A noter que le mot "shaman" est vivement contesté...


BEFORE YOU BUY THAT BOOK ON AMERICAN INDIAN MYSTICISM, SHAMANISM, CEREMONY, ETC, OR PURCHASE THAT 'GENUINE AMERICAN INDIAN' ITEM, STOP & CONSIDER THE FOLLOWING, PLEASE!
You either HAVE BEEN, or are perhaps ABOUT TO BE scammed into becoming what the TRUE Native American People call "Wannabes", "Twinkies", or "Plastic Indians".
You also have POSSIBLY been duped by an unscrupulous seller of Native Culture!
To those of you who are offended please try to understand that ANYONE WHO COMBINES TEACHINGS OF MORE THAN ONE NATIVE CULTURE (for example, Lakota & Cherokee), WHO INCORPORATES UFOs,CELTIC OR OTHER EUROPEAN, ASIAN, OR NON-AMERICAN INDIAN "RELIGION" INTO THEIR TEACHINGS OR WRITINGS CANNOT BE EXPECTED TO BE ACCEPTABLE TO ANY NATIVE TRIBE! IT JUST IS NOT DONE! GO ASK THE TRIBES THEMSELVES, PLEASE!


FYI, "shamans" are found in ASIA, Tibet, & maybe a few in the old Russian states. Native people DO NOT use the label "shaman" ! "Shaman" is NOT, I repeat, NOT now, nor has it EVER been, a word found in ANY AUTHENTIC NATIVE AMERICAN LANGUAGE ! It has been imported & assigned to American Indian Tribal beliefs by FRAUDS, FAKES, NEW AGE GURUS, & the like, i.e. NON_Indians! If it has "Shaman" in the title, it's FAKE! Trust me on this! Check out actual TRIBAL websites by typing in 'Plastic Shamans' in any search engine.
The warnings are numerous! They also NAME NAMES!
BEFORE YOU BUY:
~~1st & perhaps foremost:
REAL Native Traditionalists, actual REAL INDIANS, believe the ONLY acceptable way to transmit traditional teachings is orally and face-to-face over a very, very long period of time & by APPROVED Tribal method. Any so-called "traditional teachings" found in ANY book or in any "class", off-reservation "sacred lodge" or "learning center", on ANY websites, etc, are NOT entirely, or in some cases, NOT AT ALL authentic, be assured. PLEASE, just ask at your LOCAL RESERVATION about any "teachings" going on in your area.
The only way to STOP the FAKES is to REPORT THEM TO THE RECOGNIZED TRIBES!

PLEASE NOTICE I SAID 'RECOGNIZED' Tribes! There are entire FAKE tribes started by & "guided" by FAKE Indians, some with HUGE followings! It is very easy to know which is a RECOGNIZED TRIBE & which is NOT...go to the FEDERAL GOVERNMENT'S WEBSITE & download the PDF file there of ALL Federally RECOGNIZED Tribes.

~~2nd, & VERY IMPORTANT,
ANY real Native traditions, stories, ceremonies, songs, etc, usually take a LIFETIME to learn,understand & get perfectly right, and must be done with great respect, patience, & honor of the TRUE sacredness involved. Any offer to teach you all you need to know in a BOOK, "seminar" , or in a "private ceremony",a video or audio tape, or website, etc, is malarkey at best, & FRAUD at worst.

NO ONE can "LEARN TO BE AN INDIAN"!

~~3rd, Ask any archaeologist if there is ANY record of ANY dig producing even ONE "medicine card" .
The answer will be NO ! NO real Indian ever sat around playing with decks of cards to get answers to life questions, or to get direction!

The following is a list, tho' an abbreviated one, that is taken from NUMEROUS websites of REAL INDIAN activist groups, tribes,etc. These listed are KNOWN fakes, frauds, sellers of FALSE Indian doctrine, belief, ceremony, & so-called wisdom, in either books, web writings, brochures, etc. This list is from websites that strive to STOP the Cultural GENOCIDE, the THEFT of Native American Spirituality, Customs, Ceremony, & Beliefs. These people have been EXPOSED, contacted by Tribal leaders in almost ALL instances, & asked to CEASE & DESIST in their FALSE TEACHINGS, yet they each continue to pump out those books, newsletters, offers on their websites, etc.
PLEASE, do NOT be guilty of aiding & abetting these authors! Refuse to buy!

PARTIAL LIST
~ Wolf Moondance
~ Morgan Eaglebear , or Morgan Eaglebear Maez
(There is a letter written by the APACHE NATION which definitely REFUTES Morgan's claim to be related to Geronimo, OR to being a member of that NATION! Look for it on American Indian Movement websites, especially the Virginia chapter!)
~ Brooke Medicine Eagle
~ EARTH THUNDER
~ JAMIE SAMS
~ Hyemeyohsts Storm, Wolf Storm
~ Swan Storm
~ Mary Summer Rain
~ White Crystal Feather
~ Ghostwolf, aka Robert Ghostwolf Franzone
~ Lynn V.
Andrews
~ Manny Two Feathers
~ Michael Harner
~ David Carson
~ Randy Tate, aka Randy Two Bears Standing Tate, aka Chief Two Bears Standing Tate,
ShaunaSay Tate, aka ShaunaSay Whitefeather Tate, aka leader of Red Nation of the Cherokee.

~ Neeshanha, aka Kat Lonergan
~ Dhyani Ywahoo, born Diane Fisher
~ Rainbow Eagle, real name Roland Willston
~ Roy Steevensz, aka Roy Little Sun
~ Mary Elizabeth Thunder, aka Mary Thunder, real name Mary Grimes
~ Standing Bear , Aka Standing Bear Moore, aka Manataka, real name Randy Lee Moore
~ Don Miguel, aka Don Miguel Ruiz, aka Sixth Sun
~ Carlos Castenada
~ Marlo Morgan
~ Christine Olinger, aka White Raven
~ Soaring Paw N Hooves Cawley, aka Selma Palmer
~ Dreamwalker, aka Thunderwarriors, aka Tony Dreamwalker, aka Tony Press
~ Bernyce Barlow
~ Don Two Eagles Waterhawk, aka Don Waterhawk, real name Donald R.
Cakerice
~ Tom Netz, aka Chief Soft Shell Turtle, aka Ahkootya
~ Carmen Sunrising Pope
~ Katherine Cheshire, aka Dep See Mana
~ Buck Ghost Horse
~ Vicki Ghost Horse
~ Paul Ghost Horse
~ Carole Eagleheart
~ Roy Wilson, Medicine Wheel Tribe
~ Wind Wolf Woman, aka Sunbeam, aka Mahinto
~ Lynda Yraceburu
~ Maria Yraceburu, aka Naylin
~ Dorothy Deagle, aka Dorothy Daigle, aka Red Hat
~ Red Elk, real name Gerald Osbourne
~ Londuv, aka Melanie Hofsteters, aka Melanie Kennedy
~ Many Knives, Bo or Boe Glasschild
~ Duncan Sings Alone, aka C W Duncan
~ Ed McGaa, aka Eagle Man
*Lakota Oyate, NOT US, has him on their not recommended list.
Contact the NATION! WE DID!*
~ Jeanne Marie Troge



Source : Remove Wounded Knee Medals
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 7 janvier 2009
Allez, pour bien commencer l'année, voici les titres (tous genres confondus) qu'il faut absolument lire et posséder dans sa bibliothèque. Choix totalement subjectif bien sûr, mais je crois que cette liste devrait contenter les plus exigeants...

Dee Brown : Enterre mon coeur à Wounded Knee chez 10x18. Le classique des classiques. Celui qui a lu ce bouquin portera nécessairement un autre regard sur l'Histoire des USA, et peut-être sur lui-même. Pas une tribu qui n'ait eu à souffrir de la domination des Européens. Elle est belle la conquête de l'Ouest ! Ponctuée d'atrocités, abreuvée du sang des Amérindiens, semée de trahisons et de serments brisés. Livre puisant à plusieurs sources, témoignages, documents officiels, rapports... et non dénué d'une certaine beauté malgré sa noirceur.

Helen Hunt Jackson : un siècle de déhonneur paru chez 10x18. Ce livre est un réquisitoire adressé à tous les membres du Congrès américain par une journaliste, en 1881. Ce livre retrace l'histoire des principales tribus entrecoupée de longs extraits de rapports. Il pourra sembler un peu rébarbatif à lire, c'est pourtant un document historique exceptionnel, et loin d'être gai. C'est une longue litanie d'horreurs et d'outrages que Helen Hunt Jackson compulse. Mais comment pourrait-elle faire autrement ? Elle se contente de rapporter les faits dans toute leur hideuse monotonie.

S'il ne fallait choisir qu'un seul roman de Sherman Alexie, ce serait Indian Killer, qui m'a considérablement marquée. Voici que j'avais écrit pour Zazieweb :
Le chef d'oeuvre de la littérature amérindienne contemporaine, on le doit à ce jeune auteur Spokane qui, contrairement à ses aînés, a choisi de tremper sa plume dans le vitriol et de nous montrer le visage hideux de cette Amérique blanche qui continue de vomir la race des Peaux-rouges. (James Welch, dans "l'avocat indien" tentait déjà d'aborder le problème de la discrimination raciale sans atteindre la terrible lucidité d'Alexie).

Un serial killer rôde dans la ville de Seattle. Il scalpe et mutile ses victimes, puis dépose auprès des corps deux plumes de hibou. La police et la presse sont persuadés qu'il s'agit d'un Indien.
Serait-ce John Smith (l'ironie d'un tel nom !), cet ouvrier de 27 ans, fils adoptif d'un couple de blancs, bourgeois aisés plein de bonnes intentions mais qui ne peuvent aider leur fils à sortir du gouffre où il s'enfonce. John enfin, qui ne sait pas qui il est et dont les voix qui chuchotent dans sa tête ne lui laissent aucun répit,
ou bien la belle activiste Spokane du campus, Marie Polatkin, qui ne supporte pas l'arrogance des blancs et de son prof de littérature amérindienne en particulier, Clarence Mather, homme condescendant qui aimerait devenir Indien, ou encore son cousin, Reggie, un type intelligent et agressif, marqué par son enfance sordide, qui voudrait en découdre avec tout le monde, blancs et indiens mêlés.

Alexie nous offre une plongée glauque dans cette cité rongée par la haine et la discrimination raciale, où les clochards indiens sont passés à tabac à coups de battes de base-ball, où un animateur de radio mégalo, symbole de la toute puissance des médias, attise les foyers de haine en appuyant sur la dimension "primitive" des Indiens et en refusant le poids de cette faute collective, à savoir la mort et l'acculturation des Indiens, où certains hommes blancs rêvent d'avoir la peau rouge (pour mieux exorciser leurs remords ?) tandis que les peaux-rouges ne pensent qu'à se fondre dans le monde des blancs...

Le problème de l'identité raciale et religieuse est posé à travers le personnage de John Smith, ce pauvre diable élevé par des catholiques blancs mais qui comprend enfin qu'il ne sera jamais accepté comme tel, également incapable de trouver sa place au sein de la communauté indienne, et dont la douloureuse quête de vérité le conduit aux portes de la folie.

Leonard Peltier : Ecrits de prison (chez Albin Michel) : Peltier, activiste pour l'AIM, croupit en prison depuis les "incidents" de Pine Ridge en 1973. Procès inique, bouclé à la va-vite, emprisonnement depuis cette date sans que ses demandes de révision ou de libération ne soient entendues, l'affaire Peltier est le symbole de l'injustice envers les "Peaux-Rouges" et la démonstration vivante que les USA ne sont pas une véritable démocratie...
Ce récit poignant nous fait partager tous les moments difficiles auxquels Leonard a du faire face durant ces décennies. Les mauvais traitements physiques infligés par les gardiens, la tentative d'assassinat à l'intérieur de la prison, le refus de consultations par des médecins alors même que son état de santé réclamait des soins urgent, tout a été tenté pour pousser Léonard au pire. Mais il n'a jamais cédé et il tente de survivre envers et contre tout, car il sait très bien qu'à travers lui c'est tout un peuple que l'on essaye d'humilier et d'anéantir. A quand une grâce présidentielle pour lui ?
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 27 octobre 2008
Bad news today... Tony Hillerman, l'un des maîtres incontestés du polar américain et père des policiers navajos Joe Leaphorn et Jim Chee, est mort dimanche 26 octobre 2008 dans un hôpital d'Albuquerque (Nouveau-Mexique) d'une défaillance pulmonaire. Il était âgé de 83 ans.

J'aimais beaucoup l'univers de ses romans, il n'était pas Amérindien mais savait restituer avec talent, et sans trahir, toutes les subtilités de la culture Navajo à travers ses polars.
Je n'ai pas lu toute son oeuvre, mes achats se font au compte-gouttes, mais parmi mes préférés, je peux citer Porteurs de peaux, le vent sombre, la voie de l'ennemi... entre autres.
Par Folfaerie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

A propos de moi

Recherche

Le journal de la Comté

"It's a dangerous business, Frodo, going out of your door," he used to say. "You step into the Road, and if you don't keep your feet, there is no telling where you might be swept off to."





Je découvre quelques beaux portraits de lectrices ou liseuses, en voici un qui me plaît bien. J'en changerai régulièrement.
Il s'agit d'un portrait de Jean-François de Troy.




Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés