Mercredi 30 septembre 2009
Depuis que j'ai découvert Alexie avec le remarquable Indian Killer, je suis sa carrière d'assez près. J'avoue que j'ai un peu de mal à apprécier ses
nouvelles. Ce recueil m'a posé les mêmes difficultés que La vie aux trousses. Sur les 9 nouvelles, j'en ai vraiment aimé 5, plaisir mitigé pour la sixième (moteur de recherche) et pas apprécié
Sais-tu où je suis et Qu'est-ce qui est arrivé à Franck Snake Church.Chez Alexie, la plupart de ses protagonistes sont des Indiens, Spokanes en majorité, ou des métis. Des hommes et des femmes en proie aux mêmes problèmes existentiels que les américains blancs, trouver un boulot, aimer, être heureux, trouver sa place dans la société... A quelques détails près, comme l'auteur nous le rappelle dans l'excellente nouvelle "Partie de juriste", où un jeune politicien Spokane fait l'amère exéprience du racisme au cours d'une partie de basket.
"La vie et l'oeuvre d'Estelle Walks Above" m'a rappelé un peu l'univers de John Irving, c'est un beau personnage de femme, tandis que "Ce que tu mets en gage, je le rachèterai" est doute celle qui se rapproche le plus d'un conte traditionnel. Enfin, une autre de mes préférées, Plans de vol, illustre de manière sarcastique combien les préjugés ont la peau dure.
Alexie a une manière bien à lui d'évoquer son peuple, avec ironie et beaucoup d'humour. S'il égratigne impitoyablement les blancs, les Amérindiens ne sont pas épargnés non plus, en tout cas ceux qui se lamentent sur leur sort et boivent comme des trous.
Il y a quelque chose qui me frappe dans l'oeuvre de Sherman Alexie : la nature est quasiment absente. Les Indiens d'Alexie sont de purs citadins. En cela, il est l'exact opposé de Louis Owens pour qui la nature était synonyme de rédemption. De plus, Sherman est bien ancré dans son époque, il ne semble guère aimer évoquer le passé, au contraire de James Welch par exemple. Sa manière à lui d'échapper aux clichés et préjugés sans doute. Je pense qu'il est l'un des auteurs majeurs de la littérature Amérindienne, mais je le préfère romancier plutôt qu'auteur de nouvelles.
Mon intérêt pour les peuples Amérindiens ne se limite pas à leur littérature. De même que je soutiens Survival
Sur la piste de Big Foot :
Joseph Marshall III a décidé de perpétuer la tradition Sioux. Transmettre
les histoires de son peuple, certainement à ses lecteurs non indiens mais aussi aux jeunes générations Sioux qui n'ont pas eu la chance d'avoir des grands-parents susceptibles de leur transmettre
ce précieux savoir.
Si on veut comprendre un peu mieux les aspirations et les motivations des
Amérindiens aujourd’hui, alors ce livre me parait indispensable. C’est un remarquable travail, une sorte de compilation de réflexions et de témoignages agrémentés de superbes photos qui nous
livrent les portraits d’hommes et de femmes qui doivent lutter chaque jour pour préserver leur identité culturelle. Si l’ensemble des personnalités qui font l’objet de portraits sont connues ce
n’est pas par calcul ou opportunisme mais il se trouve simplement que ces témoins oeuvrent, chacun à leur façon, pour préserver l’identité Amérindienne. Historiens, écrivains, chanteurs, acteurs et
actrices, descendants d’illustres chefs, créateurs de centres culturels, représentants tribaux… tous ont à cœur de diffuser leur version, la véritable histoire de leur peuple qui souffre toujours
de maintes distorsions, de raccourcis hasardeux, d’interprétations faussées dès qu’elle est évoquée par l’Amérique blanche.
Sans doute le roman d’Owens que j’aime le moins. J’avais adoré « le joueur
des ténèbres » et « le chant du loup » mais j’ai eu un peu de mal à réellement apprécier celui-ci. On y retrouve pourtant une partie des personnages du « joueur » : la famille McCurtain, Hoey et
ses deux fils, Attis l’aîné, est interné à l’hôpital depuis son retour du Viet-Nam, et Cole, le cadet, a filé se cacher chez l’oncle Luther, un Choctaw aux puissants pouvoirs, afin d’échapper à
l’incorporation.
J'aime beaucoup cet auteur, je l'ai connu avec Cheyenne 6112, co-écrit avec Christophe Grenier, un bon petit récit de SF. Après, j'ai acheté des titres au fur et à mesure (et je n'ai pas fini
!) et je regrette que la plupart soient épuisés, c'est un excellent auteur.
Il avait réuni une série de courtes légendes et de contes à l'intention des enfants.
Les héros en sont presque souvent des adolescents ou des enfants, et ces histoires sont puisées chez des tribus aussi différentes que les Pieds-noirs, les Sioux, les Crow, les Mohawk pour ne citer
que les plus connues, sur le territoire des Etats-Unis et du Canada. A l'origine, ces contes permettaient aux enfants indiens de faire leur apprentissage, ici ils ont été réécrits et simplifiés
pour un jeune public européen.
Un os au bout de l'autoroute : Celui-là est l'un de mes préférés. Un jeune Indien va
quitter sa réserve en Arizona pour aller travailler dans une grande ville. Pendant ce temsp, sur la réserve, les Anciens se battent contre un projet d'autoroute. Lorsque Petit Cheval quitte sa
maison pour aller à Tucson, trois jeunes se sont suicidés en l'espace de quelques mois. Petit Cheval ne croit pas aux vieilles coutumes ni aux visions des Anciens, pourtant un événement important
pour la réserve (la découverte d'un cimetière Indien sur le tracé de l'autoroute) va le faire changer d'avis. Un roman très fort qui permet aux jeunes lecteurs français de faire connaissance avec
de jeunes Indiens de notre époque. William Camus nous dépeint une jeunesse confrontée à l'alcoolisme, au désespoir (taux de suicide élevé chez les moins de 20 ans), au racisme des Blancs dans les
grandes villes... Un roman moins drôle que certains de ses autres livres mais qui donnera certainement envie d'aborder les grands auteurs de la littérature Amérindienne comme James Welch ou
Louis Owens entre autres..
Bad news today... Tony Hillerman, l'un des maîtres incontestés du polar américain et père des policiers navajos Joe Leaphorn et Jim Chee, est mort dimanche 26 octobre 2008 dans un hôpital
d'Albuquerque (Nouveau-

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