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2013-09-13T20:41:15+02:00

Le livre de Yaak (Rick Bass)

Publié par Folfaerie
Le livre de Yaak (Rick Bass)

Voilà un livre qui a un goût de nature writing, qui en a l'odeur, mais qui n'en est pas vraiment. Ce qui n'empêche pas que j'ai pris plaisir à le dévorer. De Rick Bass, je ne parviens pas à aimer les fictions, romans comme nouvelles. Je trouve qu'il n'est jamais meilleur que lorsqu'il écrit sur la nature qu'il aime et les lieux qui lui sont familiers. Winter, Sur la piste des derniers grizzlis, Colter... auxquels j'ajoute ce livre ci.

Sur la première page, Gallmeister a reproduit des extraits de critiques : la palme de la plus stupide est celle du Monde : "Raisonnable dans ses exigences comme dans ses colères, il célèbre avec talent et vitupère avec modération".

Quelle connerie ! oyez, braves gens, la nature peut bien partir en fumée, vous avez le droit de vous indigner, mais avec modération, en gens civilisés que vous êtes !!

C'est bien parce que Rick Bass prend soin de s'excuser sans cesse de défendre sa vallée que Le livre de yaak n'est pas réellement du NW. Pauvre Rick Bass, sans doute est-il fatigué par une décennie de réclamations et de protestations, peut-être craint-il d'ennuyer ses lecteurs, et on ne peut le lui reprocher tant notre société est devenu ce gros truc mou et consensuel. Certainement, les adeptes du développement durable, de l'agriculture raisonnée, de la croissance économique "verte", aimeront davantage le bouquin de Bass que moi. Et cependant, une lecture attentive permet de prendre toute la mesure du drame qui se joue dans ce petit coin d'Amérique. La déforestation menace un de ces sanctuaires sauvages qui subsiste envers et contre tout dans le Montana. Des gens y vivent, peu nombreux, menant une vie simple, éloignée de celle de la plupart de leurs contemporains (ben non, tous les américains ne se ressemblent pas...), et des animaux aussi, coyotes, grizzlis, cerfs, loups, préférant les lieux les plus reculés.

Rick Bass conte tout ceci avec une émotion non feinte. On comprend que la vallée et toutes les créatures qui y vivent lui tiennent à coeur. Il reprend sa chronique d'une vie ordinaire débutée dans Winter, mêlant des passages plein de poésie que j'ai beaucoup aimés (on se sent un peu poète face à une belle prairie, un sous-bois enchevêtré ou une rivière au clair de lune...) et des considérations écologiques sur le futur de la vallée. Et c'est là qu'on sent un déséquilibre dans le récit. J'aurai préféré, pour ma part, un gros coup de gueule contre ce système qui fait des compagnies forestières des machines à détruire la nature. Mais tant pis, je pardonne volontiers ces hésitations et atermoiements à l'écrivain parce que je le sais sincère dans sa lutte.

D'autres avis sur babelio, dont celui de Keisha, moins touchée que moi !

Traduction : Camille Fort-Cantoni

Est-il excessif de croire que le pouls de notre sang et de nos émotions s’accorde au rythme brut des jours ensoleillés, en cette vallée où de brefs étés aux longs jours sont suivis de longs hivers aux jours brefs ? Qu’il s’accorde aux variations de la lumière en ces étranges forêts, voire au son des ruisseaux, lumière et son qui existent de toujours et sont le reflet des rythmes et des sons de notre âme ? Non pas en se superposant à eux, mais comme une manière de prédisposition, si bien que notre installation fut moins une peine et un effort qu’un soulagement accompagné de plaisir et de paix.
Y a-t-il un lieu de cette espèce pour chacun d’entre nous ?

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commentaires

Mary 30/03/2014 14:48

Bonjour,

Je viens vous voir de la part de Lettres et Littérature américaine, dont je suis avidement le blog. Je viens de terminer "Le livre de Yaak" et j'en suis revenue bouleversée. Votre critique est très juste, je trouve. Rick Bass est sincère dans son combat et pourtant j'ai trouvé que ce qui ressortait le plus, c'était le coeur même de ce combat, l'amour qu'il portait à sa vallée. Cela m'a vraiment touchée, et m'a rappelé beaucoup de choses. Bref, un très beau moment de lecture, et je vais essayer d'aller fureter du côté de ses autres oeuvres.
Et plus je regarde votre blog, plus je pense que je vais y regarder d'encore plus près ! :)
Bon dimanche et à bientôt,
Mary

Folfaerie 31/03/2014 21:40

Bonjour, et merci d'être passée; J'ai vu en effet vos commentaires sur le blog de Lettres Américaines(ah, une référence ce blog...), vous y parlez de Sue Hubbell,je crois, c'est aussi l'un de mes livres préférés. Essayez aussi Mary Austin ou Aldo Leopold, si ce n'est déjà fait. Bien contente en tout cas de rencontrer une autre fan du NW !
A bientôt alors.

keisha 14/09/2013 18:24

J'ai prévu de lire ses Cinq saisons, quand même (je ne suis pas rancunière)

Folfaerie 15/09/2013 10:35

C'est bien, et j'espère que ta lettre ouverte ne l'aura pas vexé :-)) Bon, je n'étais même pas au courant pour les Cinq saisons, vais aller voir de quoi ça cause !

Eeguab 14/09/2013 18:21

Je ne sais pas trop ce qui relève de NW mais les livres deRick Bass m'ont conduit à lui faire une place dans ma galerie.

Folfaerie 15/09/2013 10:34

Ses non-fictions relèvent du NW, pour le reste de ses oeuvres, je le mets dans les écrivains de l'Ouest américain. Mais j'aime bien Rick Bass de toute façon :-) J'irai lire tes chroniques sur lui dans ce cas...

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