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2010-02-15T08:19:00+01:00

L'enlèvement de l'obélisque (Pierre Boulle)

Publié par Folfaerie

http://www.images-chapitre.com/ima1/newbig/460/18474460_1421945.jpgPierre Boulle est l'écrivain à qui l'on doit, entre autres, Le pont de la rivière Kwaï et la planète des singes. J'ai toujours beaucoup aimé cet auteur, j'ai donc acheté et lu d'autres oeuvres comme la baleine des Malouines, les contes de l'absurde, A nous deux Satan, essentiellement de la SF mais pas seulement.
Ces nouvelles datent probablement de l'année précédant Le pont de la rivière Kwaï et Pierre Boulle reconnaissait dans une lettre, que ce sont "les balbutiements d'un futur écrivain qui  cherchait sa voie...".

La fin de la dernière nouvelle explique certainement les intentions de l'auteur. Je me trompe peut-être mais je crois que l'écrivain avait envie de se moquer. De qui ? De ces grands détectives qui savent résoudre une enquête en un battement de cil, qui sont supérieurs au commun des mortels, à tel point que c'en est agaçant, brillent par leur érudition, leurs facultés d'analyse et parviennent à mettre la main sur le coupable parfois sans même sortir de chez eux.
Le héros de ces nouvelles est un criminologue très énervant, nommé Merlec, supérieurement intelligent, et qui ne manque pas de le faire savoir, toujours vêtu d'une robe de chambre immaculée, et qui résout les enquêtes sans pratiquement bouger de sa chambre, mais en buvant beaucoup de pastis. Il est affublé d'un assistant, Bitard (quel nom !!), qui passe son temps à exécuter les caprices du grand maître et à béer d'admiration... Il y a un peu (beaucoup ?) de Holmes et Watson dans ce duo.
J'ai également pensé au double assassinat de la rue Morgue d'Edgar Poe, et certains Agatha Christie, sans oublier Arsène Lupin.
A la lecture des quotidiens, Merlec se pique donc de résoudre les énigmes les plus invraisemblables. Des intrigues complètement farfelues comme celle qui donne son nom au recueil, ou bien celle de la jeune artiste qui meurt poignardée, pendue, empoisonnée, suicidée (le gaz) et blessée par balles, tout ça en même temps... Cependant, les explications de Merlec sont encore plus dénuées de sens que les crimes eux-mêmes, le bouquet final étant cette croisière qui est l'objet de la dernière nouvelle.
Il ne faut donc pas chercher dans ce recueil des petites nouvelles policières dignes de ce nom, mais bien un pastiche des plus célèbres enquêteurs. Pierre Boulle a tourné en dérision les héros de la littérature policière, et nul doute qu'il s'est beaucoup amusé à élaborer ces intrigues (très) tordues.
Enfin, même si j'ai trouvé intéressant de pouvoir lire les écrits de jeunesse de l'un de nos plus grands auteurs de SF, je dois reconnaître que même pour les amateurs de Pierre Boulle, ce petit recueil qui se lit très vite n'est peut-être pas des plus indispensables...

Extrait :
« Vous savez, Bitard, que j’aime toujours vous entendre formuler votre avis avant d’émettre des conclusions. D’abord, cela me divertit toujours beaucoup ; ensuite, il n’est pas impossible que parmi le fatras d’idées fausses qui en général obscurcit votre entendement ne se glisse un jour un élément sur lequel je puisse bâtir une piste sérieuse. En l’occurrence, je n’en ai pas besoin, car le cas me paraît limpide et un enfant intelligent aurait déjà trouvé la solution ». Mais pas Bitard…

PS:  à noter que les éditions Pocket ont imprimé ce livre avec du papier issu de forêts gérées durablement. Cela méritait d'être précisé...

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commentaires

grande pirogue 16/02/2010 23:13


les deux cités dans ton article je les ai lu, et peut être que je vais me laisser tenter par celui ci


Folfaerie 17/02/2010 21:00


Je t'avoue que j'ai nettement préféré les Contes de l'absurde.


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